Le directeur général d’IDE Trois-Rivières, Mario De Tilly, avec en arrière-plan le bâtiment Germain et Frère.

IDE Trois-Rivières veut 15 bâtiments d’ici 2020

TROIS-RIVIÈRES — La stratégie immobilière d’Innovation et Développement économique (IDE) Trois-Rivières va connaître une nouvelle phase de croissance alors que le nombre de bâtiments dans son portfolio passera de 10 à 15 d’ici l’an prochain.

«Nous hébergeons actuellement 58 entreprises qui génèrent 361 emplois. Et depuis 2016, nos clients ont investi près de 70 millions de dollars en équipements», a fait savoir le directeur général d’IDE Trois-Rivières, Mario De Tilly.

Par ailleurs, les taxes foncières ainsi que les droits de mutation totaliseront 860 075 dollars en 2019 à la Ville de Trois-Rivières. «Les risques financiers sont faibles en raison du nombre de clients et de leur stabilité financière», explique-t-il.

Celui-ci a rappelé que dans une première phase, qui s’étendait de 2003 à 2015, il y avait eu la construction de quatre bâtiments totalisant 117 204 pieds carrés, pour un coût de 13,8 millions de dollars, ce qui aura permis, entre autres, l’arrivée du Technocentre, du Novocis et du Hangar Lindbergh. L’objectif, dit-il, était alors de stimuler l’investissement dans un contexte de déstructuration économique.

La seconde phase, de 2015 à 2018, aura été marquée par l’achat de sept friches industrielles et commerciales afin de récupérer ces espaces et diminuer l’empreinte carbone. Du même coup, cela permettait de rehausser la valeur au rôle d’évaluation de la Ville de ces immeubles et diminuer la pression sur les terrains disponibles, en plus d’offrir une prestation immobilière concurrentielle aux entreprises.

Les sept bâtiments d’une superficie de 251 207 pieds carrés, acquis et rénovés au coût de 16 millions de dollars, ont été transformés en quatre motels industriels, un accélérateur d’entreprise et deux centres d’affaires.

«Tous ces bâtiments furent sur le marché pour vente au cours d’une période variant de deux à douze ans, sans aucune offre d’achat acceptable du milieu privé», tient à préciser M. De Tilly.

Pourquoi une telle stratégie immobilière? En raison, dit-il, de la désindustrialisation de l’économie mauricienne amorcée dans les années 80 et qui s’est prolongée jusqu’au milieu des années 2010.

«Le secteur privé et spéculatif se concentre sur l’immobilier commercial et résidentiel, ce qui défavorise nettement l’immobilier industriel, qui est moins payant. Pourtant, le secteur industriel représente 13 % de la main-d’œuvre et 21 % du PIB local», fait-il remarquer.

Ce dernier évoque aussi cette dévaluation des bâtiments industriels des zones et parcs industriels, due au nombre de friches abandonnées ou délaissées, et cette modernisation de l’économie vers un modèle basé sur l’innovation et la créativité.

«En 2016, le centre-ville de Trois-Rivières comptait plus de 360 000 pieds carrés d’espaces bureaux locatifs vacants auxquels doivent s’ajouter 400 000 pieds carrés d’espaces industriels (Wabasso) et institutionnels libres (crémerie, Ursulines, etc.)», souligne M. De Tilly. «Et dans les parcs industriels, même situation alarmante en 2016 avec un million de pieds carrés (Transforce, Dayco, NSC Paper, Molson, Ganotec, Coop fédérée, etc.)», renchérit-il.

Selon lui, les investisseurs manufacturiers et technologiques ne veulent plus gérer les immeubles et capitaliser dans des actifs passifs. Et l’idée est d’offrir un avantage compétitif en regard de la compétition régionale et nationale.

Revitalisation urbaine, renouveau de certains quartiers, amélioration du bâti déjà existant, amélioration et modernisation des infrastructures, création d’espaces verts, arts et culture, embellissement et environnement: voilà ce qui compose la qualité du lieu tant recherchée par la stratégie immobilière d’IDE Trois-Rivières.

Outre la création d’un écosystème innovant, M. De Tilly parle de stabiliser le marché immobilier par la récupération des friches. «La richesse se retrouvera surtout dans des facteurs de développement immatériels», soutient-il.

Aucun déboursé financier et contribution marquée à la qualité du milieu de vie, ce qui augmente la capacité d’attraction et de rétention des talents: voilà quelques avantages de cette stratégie immobilière.

«La Ville n’a pas à capitaliser ni prévoir de sorties de fonds. L’aide se résume à un cautionnement des emprunts à 50 % maximum», indique celui qui avance le chiffre de 15 millions de dollars pour les deux premières phases.

Si le marché immobilier est en redressement et se traduira, dit-il, par une hausse de revenus fiscaux, la pression est à la forte baisse sur la demande en terrains industriels et sur les frais de prolongement de réseaux. Autre avantage, la densification des activités en zone urbaine.

«Lors de la décapitalisation d’IDE Trois-Rivières, le fruit de la vente des immeubles sera remis à la Ville», conclut celui qui estime ce montant à près de 75 millions de dollars dans 25 ans.