Loblaw

Hausse du salaire minimum: les résultats de Loblaw menacés

La plus grande chaîne d'épiceries et de pharmacies au Canada a indiqué mercredi que les augmentations du salaire minimum en Ontario et en Alberta menaçaient de nuire à ses profits et qu'elle pourrait devoir trouver des façons de réduire ses coûts.
Les Compagnies Loblaw, propriétaires des supermarchés Provigo et des pharmacies Pharmaprix au Québec, ont calculé que les augmentations du salaire minimum augmenteraient leurs dépenses de main-d'oeuvre d'environ 190 millions $ l'an prochain.
«Nous signalons un ensemble de vents contraires financiers et l'organisation mobilise toutes ses ressources pour voir si elle peut, ou non, combler cet écart», a expliqué le président et chef de la direction de Loblaw, Galen G. Weston, au cours d'une conférence téléphonique avec des analystes.
Selon la province, les hausses de salaire visent à augmenter le pouvoir d'achat des Ontariens et à stimuler l'économie. Mais un certain nombre de groupes d'affaires, incluant la Chambre de commerce de l'Ontario et la Fédération canadienne des épiciers indépendants, ont décrié la législation en affirmant qu'elle entraînerait des pertes d'emplois.
Le ministre ontarien du Travail, Kevin Flynn, a affirmé que Loblaw était «une vraie belle réussite canadienne», notant que ses bénéfices attribuables aux actionnaires avaient plus que doublé depuis l'an dernier et que son dividende avait aussi progressé.
Mais malgré la croissance, «les profits ne sont pas partagés par tous», a-t-il ajouté. «Plusieurs travailleurs ont l'impression de ne pas avoir été capables de progresser et certains ont de la difficulté à soutenir leur famille avec du travail à temps partiel, contractuel ou au salaire minimum. Compte tenu de cette incertitude, le gouvernement a la responsabilité de protéger les travailleurs et de créer des occasions pour que les gens se sentent confiants face à leur avenir», a affirmé M. Flynn dans une déclaration transmise par courriel.
M. Weston a estimé que les augmentations de salaire étaient «les plus significatives de l'histoire récente». Pour s'ajuster, la société a accéléré la mise en place de certaines mesures pour économiser de l'argent, notamment en augmentant le déploiement de caisses en libre service dans les pharmacies de Shoppers Drug Mart.
Loblaw a en outre indiqué que les changements apportés aux prix des médicaments génériques au Québec devraient aussi nuire à ses résultats. Le gouvernement du Québec a conclu la semaine dernière une entente de cinq ans avec l'Association canadienne du médicament générique. L'entente entraînera une baisse de prix pour les médicaments génériques à compter de cet automne, ce qui devrait permettre à la province d'économiser plus de 300 millions $ par année.