La situation exceptionnelle qui prévaut dans la région donne le goût à plusieurs de s'envoler vers le sud.

Hausse de la demande pour les voyages dans le sud

Pendant que plusieurs ont les deux pieds dans l'eau, sous un couvert nuageux qui s'accroche avec son lot de précipitations, d'autres préfèrent les avoir dans le sable, sous un ciel dégagé. Ce qui fait que dans les agences de voyages, la demande pour les destinations soleil augmente ces jours-ci au même rythme que la crue des rivières.
«Cela a un impact sur les habitudes d'achat des voyageurs. C'est sûr que cela a étiré notre saison sud, donc, on sent qu'il y a encore une demande. Habituellement, ça casse un petit peu plus tôt. Avec toute la grisaille, toute la pluie qu'on a eue, cela a étiré la saison sud et maintenu les prix de façon un petit peu plus élevée parce que la demande québécoise est forte présentement», explique le vice-président de Voyages Arc-en-Ciel, Justin Bordeleau.
Selon lui, cette effervescence inhabituelle survient au moment même où la «saison Europe» bat son plein. «Et ça tombe bien parce que l'un des fournisseurs majeurs, Vacances Air Transat, a lancé ses super réservez-tôt en même temps, ce qui fait en sorte que l'on vend un petit peu plus de sud qu'habituellement à cette période-ci. Donc, le réservez tôt a été hâtif et étant donné la grisaille, cela a étiré notre saison hiver», poursuit-il. 
À son avis, si les pluies diluviennes des derniers jours, «c'est le malheur de certains, dans notre cas, ça fait notre bonheur». «Je dis souvent que Dame Nature, c'est notre meilleure déléguée commerciale», ajoute M. Bordeleau.
Pour sa part, la vice-présidente de Club Voyages Super Soleil, Hélène Morissette, constate que «les gens ne réservent pas juste pour les semaines à venir, mais aussi pour un peu plus tard dans l'été», ne sachant à quoi ressemblera la saison estivale. «La température joue beaucoup sur nos états d'âme. Les gens sont tannés, ils veulent partir. Il y en a plein qui veulent partir à la dernière minute. Malheureusement, il ne reste pas grand-chose», avoue-t-elle.
Normalement, l'arrivée du mois de mai est davantage synonyme de destination européenne. «Oui, pour le sud, on en vend, mais c'est le cas aussi durant l'été. Au cours des dernières années, on en vend énormément pour les familles», observe-t-elle comme phénomène.
«On a toujours vendu du sud, mais cette année, on se rend compte que les gens veulent vraiment être sûrs d'avoir de la belle température durant leurs vacances. C'est sûr que mai, c'est toujours une petite période un peu plus calme. Mais là, cette année, le matin, au bureau, c'est calme, mais l'après-midi, c'est fou», renchérit cette spécialiste du voyage.
Par contre, pour ceux et celles qui veulent éviter la prochaine semaine de pluie prévue en région, les offres sont plus limitées. «Quand ils veulent partir à la dernière minute, les gens ne veulent pas mettre le prix qu'ils auraient mis en pleine saison hivernale. C'est sûr, ce qui reste, c'est souvent élevé. La demande est tellement forte que les tours opérateurs ne baissent pas beaucoup leurs prix, mais on réussit quand même à trouver quelque chose. Mais c'est beaucoup plus rare, l'offre étant moins grande», précise Mme Morissette.
Du côté de Voyage Charterama, on confirme également recevoir des appels pour des destinations soleil, sauf que les tarifs imposés par les tours opérateurs en découragent plus d'un. «On est quand même au mois de mai», fait-on remarquer à l'agente de réservation, Sylvie Gauthier.
Finalement, chez Voyages à rabais, on reconnaît que le mauvais temps a un impact sur l'achalandage, «aussitôt qu'il ne fait pas soleil, que ce soit de la neige ou de la pluie».