Habitation: les difficultés de l’entretien et de la rénovation

Les stations de télé et de radio claironnent les messages publicitaires des quincailliers et autres commerçants liés au secteur de l’entretien et de la rénovation domiciliaire, les boîtes aux lettres regorgent de cartons et dépliants publicitaires à ce sujet et des commerçants itinérants ont commencé leur démarchage afin de vous proposer leurs services.

À n’en point douter, nous assistons à ce qui constitue le lancement de la haute saison des rénovations et/ou autres projets d’amélioration domiciliaire et nombreux sont ceux qui trépignent devant la perspective d’entreprendre les grandes manœuvres. On peut postuler que plusieurs ont passé l’hiver à planifier leur projet alors que pour d’autres, l’élan sera, disons, plus spontané, voire improvisé.

À ce tableau s’ajouteront, dans un registre malheureusement plus dramatique, les consommateurs des régions éprouvées par les crues printanières et qui doivent urgemment entreprendre des travaux d’envergure.

Secteur problématique

Dans la majorité des cas, tout se passe probablement assez bien si ce n’est que les quelques dépassements budgétaires que des excès d’enthousiasme ou une planification précipitée sont susceptibles d’entraîner. Il demeure cependant qu’il est indéniable que des problèmes surgissent couramment dans le domaine des services liés à l’entretien et à la rénovation dans le secteur de l’habitation. Un coup d’œil au tableau d’honneur des secteurs les plus problématiques suffit pour s’en convaincre.

Annuellement, autour de 150 000 personnes communiquent avec l’Office et près de 90 % de ceux-ci ont un problème à résoudre. Pour l’exercice 2018-2019 s’étant terminé le 31 mars dernier, c’est tout près de 9000 consommateurs qui ont signalé des difficultés diverses dans ce domaine d’activité. Cela place ce secteur au second rang des préoccupations des consommateurs après l’indélogeable secteur de l’automobile d’occasion qui règne sans partage au sommet des domaines problématiques.

On retrouve de tout

À la lecture du récit des plaintes dans le domaine de la rénovation domiciliaire, on peut observer que l’on y retrouve de tout : des entreprises sérieuses, reconnues, qui font un travail professionnel de qualité, mais aussi hélas, des aventuriers de la rénovation.

Certains sillonnent les quartiers à la recherche de clients potentiels et n’hésite pas à recourir à des stratégies douteuses comme vous «sensibiliser » en vous alertant à propos de prétendus problèmes qui affectent votre propriété, problèmes auxquels ils vous offriront naturellement - et parfois avec insistance - de remédier en retenant leurs services.

Ces comportements devraient toujours vous inspirer l’image d’un feu rouge indiquant un danger devant lequel il est sage de prendre du recul. Certains exigent des sommes exorbitantes pour des travaux mal effectués, inachevés ou non nécessaires. La prudence est requise et des vérifications doivent être faites avant de s’engager.

Éviter les pièges

Il est en conséquence recommandé aux consommateurs qui reçoivent la visite inopinée de commerçants itinérants de ne pas signer sur-le-champ le contrat qu’on pourrait leur proposer. Prenez le temps d’y réfléchir et résistez à la pression, il sera toujours possible de vous engager quelques jours plus tard. Vérifiez la nécessité de procéder aux travaux et obtenez des estimations de deux ou trois entreprises, question de comparer les prix.

Vos papiers SVP

Vérifiez ensuite que l’entreprise avec laquelle vous projetez de confier vos travaux est titulaire d’un permis de commerçant itinérant dans les cas qui s’appliquent et également d’une licence délivrée par la Régie du bâtiment du Québec (RBQ). Ces deux dispositifs renferment des protections financières pour les consommateurs en cas de déroute de l’entreprise. Enfin vous pouvez vérifier si l’entreprise a fait l’objet de plaintes à l’OPC.

De dates et de sous

Au moment de la conclusion du contrat, exigez de l’entrepreneur qu’il fasse une description détaillée des travaux à effectuer et indique les principales informations pertinentes telles que le coût, les dates de réalisation et de fin des travaux, les modalités de paiement, etc. Évitez de verser un acompte trop important.

Il faut savoir que la Loi sur la protection du consommateur ne renferme aucune règle relativement au montant que peut exiger un commerçant avant d’amorcer les travaux. Il est recommandé de négocier le plus petit montant possible, de prévoir au besoin des versements partiels à certaines étapes de l’exécution des travaux et une dernière portion une fois les travaux complétés.

Gary Frost est directeur des services aux clientèles à l’Office de la protection du consommateur