Grève-surprise à la SAQ

Le syndicat des 5500 employés de magasins et de bureaux de la Société des alcools du Québec a déclenché une grève-«surprise» dimanche matin.

Les activités des quelque 400 succursales de la SAQ ont donc été perturbées par cette troisième journée de débrayage depuis la mi-juillet. Les syndiqués de la Société des alcools du Québec de la région de la Mauricie ont eux aussi manifesté leur mécontentement en tenant des lignes de piquetage. 

«L’employeur est intraitable. Il insiste sur son cadre financier hyper rigide et refuse d’en démordre. Il maintient ses exigences sur le plancher d’emploi. Il n’apporte aucune solution viable concernant la précarité du travail. D’ailleurs, on enregistre un nombre impressionnant de démissions depuis le début de 2018. La SAQ ne pourra pas continuer à jouer à l’autruche éternellement, nous lui demandons de trouver des solutions concrètes», dénonce la présidente du syndicat Katia Lelièvre.

En réaction, la direction de la SAQ a annoncé qu’elle maintenait une soixantaine de succursales ouvertes. Les travailleurs ont également prévu une autre grève d’une journée lundi. Ce qui veut dire que le syndicat aura encore deux jours de grève disponibles dans son mandat obtenu auprès des travailleurs.

Le communiqué de presse publié par la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP), qui représente le personnel de la SAQ, soutient que les employés sont «exaspérés devant le refus de bouger de leur employeur».

Des activités de piquetage et de distribution de tracts étaient aussi prévues dans le cadre de la journée de grève-surprise. «L’effet de surprise, c’est pour l’employeur. Comme c’est juste deux jours, on s’imagine que les consommateurs sont capables d’encourager les microbrasseries et les producteurs de vin locaux qui vendent à leur vignoble», a commenté la présidente du syndicat.

Selon Mme Lelièvre, la stratégie n’est pas de viser des journées payantes pour la SAQ en ciblant le dimanche et le lundi, mais plutôt de déranger les cadres en congé. «Comme on revendique beaucoup la conciliation travail-famille, on veut leur montrer ce que ça fait de ne pas avoir de congé parce que c’est ce que la majorité de nos employés vivent», explique-t-elle.

Lors du précédent arrêt de travail à la fin août, le premier ministre Philippe Couillard avait déclaré ne pas vouloir se mêler de la négociation à la SAQ, même si le syndicat considère que le premier ministre est le «véritable patron» de la société d’État. M. Couillard a réfuté cet argument, rappelant que la SAQ est gérée par un conseil d’administration autonome.

«On n’a pas le droit d’interpeller le gouvernement pendant la campagne électorale, mais j’invite quand même M. Couillard à lire les lois. Dans la loi, c’est le Conseil du Trésor qui donne les règles à la SAQ et c’est lui qui doit approuver l’entente qu’on va signer», a lancé Mme Lelièvre à l’intention du premier ministre sortant.

Les deux parties devraient retourner à la table de négociation mardi. Le syndicat déplore cependant la rigidité de la position patronale soutenant que «le cadre dans lequel la SAQ veut négocier est trop serré».

La convention collective est échue depuis près de 21 mois.

Dans un communiqué de presse publié en réaction à la grève déclenchée dimanche, la SAQ affirme avoir retiré sa demande de transformer une centaine de postes vacants en quarts de deux jours de fin de semaine.

La société d’État dit aussi avoir soumis de nouvelles propositions concernant la conciliation travail-famille et la précarité d’emploi.

Selon l’employeur, le litige concerne présentement les augmentations salariales.

Avec Catherine Bergeron

Liste des SAQ ouvertes en Mauricie et au Centre-du-Québec

33521 Victoriaville - Centre-ville

244, rue Notre-Dame Est

Victoriaville

 

33567 Drummondville - Rue des Forges

500, rue des Forges

Drummondville

 

33561 Trois-Rivières - Boulevard des Forges / 6e rue

4675, boulevard des Forges

Trois-Rivières

 

33599 Saint-Tite

431, rue Notre-Dame

Saint-Tite

Pour la liste complète au Québec : liste complète