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Pierre-David Tremblay, maire de La Tuque, estime que le refus de GNL Québec constitue une énorme perte économique pour la municipalité.
Pierre-David Tremblay, maire de La Tuque, estime que le refus de GNL Québec constitue une énorme perte économique pour la municipalité.

GNL Québec: des déceptions à La Tuque

Alexis Lambert
Alexis Lambert
Le Nouvelliste
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Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay, ne cache pas sa déception devant le rejet du projet GNL Québec par le gouvernement Legault.

«C’est toute une claque», exprime Pierre-David Tremblay. Le projet GNL aurait permis la construction d’un complexe industriel de liquéfaction de gaz naturel dans le Port de Saguenay. Le gazoduc responsable d’acheminer le gaz naturel serait passé sur 170 km dans la région de la Mauricie. M. Tremblay assure que la construction aurait permis d’offrir 300 à 400 emplois qualifiés en Haute-Mauricie. Le projet était estimé à 5 milliards de dollars.

C’est une énorme perte économique pour la municipalité, assure le maire, puisque les retombées économiques étaient évaluées à 10 millions de dollars par année, soit l’équivalent d’un tiers du budget actuel de la ville. «Des projets comme ça, il y en a 1 par 100 ans!» s’insurge M. Tremblay. Avec les retombées économiques, la municipalité espérait pouvoir investir dans les énergies vertes. Notamment les éoliennes et les hydroliennes.

À Wemotaci, la communauté estime qu’elle n’avait pas assez d’informations pour se prononcer en faveur ou non du gazoduc.

M. Tremblay déplore le fait que le projet soit rejeté pour des motifs environnementaux. «Le projet va juste se faire ailleurs, où les normes environnementales sont moins strictes», explique le maire.

Karine Rochette, directrice générale de la Chambre de commerce de La Tuque explique que «ce projet avait de graves lacunes au niveau environnemental et les promoteurs n’ont pas réussi à démontrer que ce projet serait sans risque et qu’il pouvait être développé en collaboration avec les communautés qui sont impliquées.» Le projet étant temporaire, la Chambre de commerce veut investir dans des projets ayant un impact à long terme, que ce soit au niveau économique et environnemental, mais pas à n’importe quel prix, explique la directrice. «En 2021, il est important de prendre conscience de tous les impacts à long terme. Nous miserons sur d’autres projets de développement qui nous convaincront que l’exploitation de nos ressources naturelles ne se fera pas aux dépens des générations futures. Nous comprenons donc la décision du gouvernement avec ce projet.»

Mme Rochette ne se décourage pas cependant. «On va se concentrer sur ce qui est tangible», explique-t-elle.

Adam Jourdain, directeur général du développement économique de Wemotaci, est du même avis. «On ne fondait pas d’espoir là-dessus», explique-t-il. La communauté atikamekw a récemment mis au point un plan de relance économique, dans lequel le gazoduc n’a pas été considéré. «La communauté n’avait tout simplement pas assez d’informations en sa possession pour prendre une décision libre et éclairée», conclut M. Jourdain.

«C’est une décision qu’on devra respecter», reconnaît le maire de La Tuque. Toutefois, il souhaite que le gouvernement vienne compenser une partie de la possibilité de développement qui est perdue avec le projet. «La Municipalité a besoin d’emplois, d’industries, pour retenir nos gens. Ça en prend des gens en région», affirme M. Tremblay.