Le président et chef de la direction de Germain et frère, Léon Méthot, à gauche en compagnie de Mario De Tilly, directeur général d’IDE Trois-Rivières.

Germain et frère tourne une page d’histoire

Trois-Rivières — Innovation et Développement économique Trois-Rivières poursuit sa stratégie d’acquisition de bâtiments existants en achetant l’édifice occupé depuis 1910 par l’entreprise Germain et frère, sur la rue Saint-Antoine. De son côté, l’entreprise fondée en 1904 entend poursuivre sa croissance en s’établissant, au cours de l’année 2019, dans le parc industriel des Hautes-Forges.

L’édifice, qui occupe un espace avantageux au centre-ville de Trois-Rivières, deviendra possiblement un incubateur de produits bioalimentaires, en particulier de produits du terroir de la région de Trois-Rivières, indique le directeur général d’IDE Trois-Rivières, Mario De Tilly.

L’achat de cet immeuble centenaire et les travaux à y apporter nécessiteront des investissements de l’ordre de 4,5 millions $. Du côté de Germain et frère, c’est au 9600, boulevard Industriel, près de l’entrepôt Molson Coors, que s’effectuera le déménagement au coût de 1,3 million $, car il faudra installer certains équipements comme des rampes d’accès, des quais de débarquement et des ponts roulants. L’entreprise attendra que les nouveaux locaux soient fins prêts à la recevoir, car «on ne veut pas d’interruption dans nos opérations», indique le président et chef de la direction de Germain et frère, Léon Méthot.

Ce dernier estime que l’entreprise «tourne une page historique» et à en juger d’après ses commentaires, ce déménagement sera fort bénéfique. L’édifice d’origine compte en effet des sections qui se sont rajoutées en hauteur, au fil des décennies, l’une d’elles remonte à 1932 et l’autre, la plus haute, à 1979. C’est elle qui nous permet, justement, d’être capables d’accomplir des travaux de plus grande envergure, indique M. Méthot en rappelant que l’an dernier, cinq grands chantiers ont nécessité quatre emplacements différents pour faire de la fabrication et de l’assemblage. «Ça a nécessité une logistique de tous les instants», dit-il.

Ce genre de contrainte d’espace «limite les possibilités de croissance de l’entreprise», explique-t-il. Or, Germain et frère veut manifestement continuer à se développer et au printemps dernier, l’entreprise qui emploie 30 personnes et 65 en période de pointe, était heureuse d’annoncer l’arrivée d’une relève en la personne de deux nouveaux actionnaires, Philippe Vallières et Jason Bernier. «C’est du sang neuf pour assurer la pérennité», se réjouit M. Méthot. «C’était la première étape du plan», dit-il, la deuxième étant de déménager l’entreprise dans un édifice plus spacieux et propice aux activités, notamment à la circulation des camions de livraison de 53 pieds qui peinaient à se faufiler au centre-ville.

Bref, indique M. Méthot, le tout est «gagnant-gagnant», parce que «réinvestir ici (dans la bâtisse du centre-ville) avec les nouveaux équipements à l’ère du 4.0, ce n’est pas nécessairement la décision la plus avisée», fait-il valoir.

Cet investissement majeur a été rendu possible grâce à l’intervention de la Ville de Trois-Rivières, précise M. De Tilly. Ce dernier indique que les rénovations à venir de l’édifice seront faites de façon à «s’intégrer sur le plan architectural».

Ce projet, précise-t-il, nécessitera la formation d’un comité de travail composé de partenaires importants du centre-ville. Un mandat a été donné à deux représentants du centre-ville, Alain Rivard et Alex Dorval. Leur objectif «sera de définir ce que nous allons faire avec ce bâtiment-là», dit-il. L’idée d’héberger des entreprises bioalimentaires compte parmi les pistes identifiées.

«Au cours de la dernière décennie, de nombreux efforts ont été faits pour rendre la rue des Forges plus attrayante et elle est effectivement devenue magnifique», fait valoir M. De Tilly. «Nous passons maintenant à la prochaine étape. Nous travaillons en périphérie afin d’agrandir la zone d’intérêt pour les citoyens et les touristes. C’est un secteur qui subit actuellement une cure de jeunesse et c’est extrêmement positif pour la ville», estime-t-il.