Gagner un voyage et payer ses vacances sur 39 ans?

La formule a certes de quoi surprendre, mais il s'agit là d'un fait vécu par beaucoup de consommateurs. Alors que pointe la haute saison des salons et foires commerciales en tous genres, il est utile de rappeler que ces événements représentent un terreau fertile pour certains promoteurs de vacances à temps partagé.
Le cas dont il est question ici concerne un couple de consommateurs qui, au hasard de leurs déambulations dans un salon de l'habitation avec un projet de rénovation à l'esprit, se sont arrêtés devant un kiosque où l'on projetait des images de vacances tournées dans des lieux paradisiaques. 
La chance de recevoir un séjour d'une semaine dans le sud!!!!!
Les visiteurs étant invités à courir la chance de gagner un séjour d'une semaine dans le sud, ils ont rempli un coupon de participation et poursuivi leur visite sans trop détacher leur attention de l'objet premier de celle-ci. 
Environ un mois plus tard ils ont reçu un appel les informant qu'ils avaient gagné un voyage, mais qu'ils devaient se déplacer dans un site de villégiature pour obtenir leur prix. On les informe par ailleurs qu'une séance d'information serait offerte à cette occasion.
«Une offre valable pour une journée seulement» 
Après avoir assisté à la séance, des représentants du promoteur soulignent les multiples avantages que recèle ce programme qui consiste à acheter un bloc de points vacances leur permettent d'être hébergés dans plusieurs établissements un peu partout dans le monde, sous l'égide de Resort Condominiums International (RCI).
Ils insistent sur le fait que l'adhésion au programme est exceptionnellement réduite à quelque 9000 $ au lieu de 15 000 $. Les représentants ont convaincu les consommateurs d'apposer leur signature au bas d'un contrat de quelque 10 000 $ et d'une durée de 39 ans. Outre les 10 000 $, les consommateurs devaient, chaque année, verser une somme de 695 $ pour l'entretien des lieux. 
Peu de dates disponibles
Après avoir consulté le site Internet de RCI, les consommateurs constatent que la disponibilité des destinations où ils souhaitaient voyager, côte Est et côte Ouest américaines, n'offrait aucune disponibilité. Quant aux Bahamas, les séjours disponibles n'excèdent pas trois nuits. De plus, beaucoup d'hôtels obtenaient seulement une cote de deux étoiles. 
En outre, il s'est avéré que la semaine d'hébergement en Floride que les consommateurs avaient gagnée était constituée en fait de deux blocs de 3 jours qui devaient être séparés d'au moins 7 jours! Les frais de transport étant à la charge des consommateurs, la valeur de ce prix s'en trouvait diminuée.
La décision
Selon le tribunal, les nombreuses pratiques interdites exercées par le promoteur et ses représentants ont vicié le consentement des consommateurs. De plus, le tribunal est d'avis que les faits présentés devant lui témoignent d'une disproportion excessive entre les avantages que le contrat procure aux consommateurs et les obligations qui en résultent.  
Annulation et dommages 
De l'avis du tribunal, il y a lieu d'annuler le contrat. Il condamne le promoteur à rembourser aux consommateurs la somme de 10 760,51 $ qu'ils ont initialement payée. En outre, les consommateurs se voient consentir une somme de 750 $ en dommages-intérêts compensatoires et 4000 $ en dommages-intérêts punitifs, pour un total de 15 510,51 $.
Avant de signer
L'achat de points vacances peut constituer une dépense importante et il faut garder à l'esprit qu'une telle formule engendre des dépenses, que vous voyagiez ou non. Selon le récit des consommateurs ayant porté plainte à l'Office de la protection du consommateur, ces promoteurs peuvent se faire très insistants et n'hésitent pas à mettre de la pression pour obtenir la signature des consommateurs. 
Au retour à la maison, beaucoup de consommateurs affirment être eux-mêmes surpris de s'être laissés prendre au jeu et cherchent à annuler le contrat, une démarche qui est loin d'être facile. 
Avant de conclure un tel contrat, il faut poser des questions, obtenir toute l'information requise et y réfléchir à tête reposée.