Charles-Hugo Normand créateur de LaClasse.TV et Geneviève Everell, spécialiste des sushis.

Formations en ligne avec les meilleurs

TROIS-RIVIÈRES — Si vous aimez les sushis, il est à peu près certain que vous avez entendu parler de Geneviève Everell. Auteure des sept livres de cuisine, propriétaire d’une gamme de produits pour la fabrication de sushis en vente chez IGA, vedette d’une émission de cuisine à Zeste, propriétaire de l’entreprise Sushi à la maison depuis 10 ans qui compte 45 employés, cette femme d’affaires de 32 ans ouvrira sous peu son propre restaurant à Montréal et s’est fait connaître en multipliant ses cours et son offre de repas privés de sushis à la maison aux quatre coins du Québec.

Celle que l’on surnomme à juste titre la Reine des sushis sera la toute première experte à figurer sur la nouvelle plate-forme web LaClasse.TV lancée il y a quelques jours par l’entrepreneur trifluvien Charles-Hugo Normand. Elle y donnera des cours de fabrication de sushis auxquels les amateurs pourront s’abonner à raison de 120 $.

Le concept est simple. Alors qu’autrefois, on achetait un coffret DVD pour approfondir des sujets intéressants, c’est avec un clic de souris qu’on accédera plutôt à ces cours, soit via l’ordinateur ou le téléphone portable. L’avantage, par rapport aux coffrets DVD, c’est que les gens qui achèteront ces cours pourront échanger avec l’experte, livrer des commentaires et faire partie d’une communauté d’intérêts.

M. Normand, auteur du livre Rendez-vous avec le succès et dont l’expertise porte principalement sur la télévision, explique que LaClasse.TV se remplira peu à peu d’experts qui livreront leurs secrets dans les domaines des arts, des sports, des affaires et de ce qu’il regroupe sous l’appellation de «style de vie». Tous les cours seront en haute définition. L’idée, explique-t-il, c’est de «diffuser des formations en ligne de grande qualité, des formations visuellement très esthétiques, avec un contenu recherché», explique-t-il. Il y a aussi des notes de cours et des questionnaires interactifs, ajoute-t-il.

Cet ancien recherchiste pour la télévision entend se concentrer sur les experts francophones. «C’est quelque chose qui se voit beaucoup aux États-Unis, mais il n’y avait rien de ça au Québec», dit-il.

Charles-Hugo Normand assure que sa plate-forme n’a rien de comparable avec YouTube. D’emblée, on n’est pas embêté par les annonces publicitaires, explique-t-il et le contenu ne risque pas de disparaître à tout moment comme ça arrive souvent lorsque YouTube décide d’éliminer une chaîne. «Tu peux apprendre des choses à la pièce, sur YouTube, mais tu n’auras pas nécessairement une programmation de haute qualité où une succession de leçons ont été pensées de manière à s’enchaîner pour te permettre d’exceller dans un domaine particulier», plaide-t-il.

Dans le cas des leçons données par Geneviève, dit-il, chaque technique est décortiquée par une équipe de production professionnelle pour en faire ressortir les aspects pédagogiques, explique-t-il. Cette approche, estime M. Normand, permet aux gens qui ne peuvent pas se déplacer de bénéficier des formations comme s’ils étaient sur place.

Geneviève Everell est visiblement enchantée, à ce stade-ci de sa carrière, de pouvoir partager son savoir avec le public de cette façon même si elle compte déjà quelque 200 000 abonnés sur divers médias sociaux. «J’avais envie de partager ma passion», dit-elle. «Là, on m’offre un moyen clé en main.»

Lorsque LaClasse.TV fait une vente, une partie des revenus s’en va à l’expert qui y donne des formations, indique M. Normand.

Geneviève Everell voit les choses d’un bon œil. «La liberté qu’on a (par rapport à YouTube), c’est de faire les choses comme on avait envie de les faire, sans avoir des barèmes de commanditaires, de publicités, etc.», résume la première cliente de LaClasse.TV. «J’aurais aimé ça, avoir ce type de formation plus jeune», dit-elle en précisant que c’est aussi un beau cadeau à offrir à quelqu’un qui aime cuisiner.

Charles Hugo-Normand ne cache pas qu’il veut cibler les meilleurs dans leur domaine. Bien qu’il soit entouré d’une équipe qu’il juge aguerrie, il n’utilise pas de studio de télévision pour enregistrer les cours. Dans le cas de Geneviève Everell, les tournages ont eu lieu dans son loft. L’idée, explique-t-il, c’est d’être dans le milieu où évolue le ou la spécialiste qui offrira une formation.

Bien qu’elle soit enchantée de son expérience, Geneviève Everell ne cache pas que Charles-Hugo Normand a dû être très convaincant, au départ, pour qu’elle accepte le défi. «Je me suis vue dans Charles-Hugo», confie-t-elle en repensant à ses débuts difficiles. Ce qui a achevé de la convaincre, c’est lorsque ce dernier lui a offert une boîte de chocolats. Et pas n’importe lesquels. «C’était des chocolats Samson», précise-t-elle, ceux que fabrique une autre grande experte dans son domaine, à Trois-Rivières, Nancy Samson.