Maxime Vincent, responsable en assurance qualité et Jean-François Gingras, président - directeur général chez Comméléo Studios, en compagnie de testeurs numériques au travail.

Formation testeur numérique: report de deux semaines

SHAWINIGAN — Afin de maximiser les chances de remplir les quatre places toujours disponibles, la formation Testeur numérique de la Commission scolaire de l’Énergie est repoussée de deux semaines. Dans le milieu, ce nouveau report n’est pas tant interprété comme un manque d’intérêt que par l’urgence d’offrir un diplôme d’études professionnelles dans le même domaine, afin de former un bassin stable et prévisible de jeunes qualifiés.

Caroline Fortin, agente de développement à la formation continue au service aux entreprises de la CS de l’Énergie, précise que huit inscriptions sont confirmées pour ce cours de 560 heures offert en collaboration avec Emploi-Québec. Idéalement, il en faudrait quatre de plus.

«Ça fait trois fois qu’on change de date», se désole-t-elle. Au départ, la formation devait débuter le 15 octobre. Elle a été repoussée au 5 novembre, puis maintenant, au 19 novembre.

«J’ai eu 25 personnes qui ont montré un intérêt au projet, mais elles ne correspondaient pas toutes aux critères d’admissibilité. J’ai fait une douzaine d’actions pour susciter l’intérêt de la population. Ce n’est pas évident!»

Dans les entreprises numériques, les testeurs s’occupent du contrôle de qualité des produits. Cette tâche peut aussi être accomplie par des programmeurs, pour qui il ne s’agit toutefois pas du principal champ d’intérêt. Plusieurs entreprises de la région reconnaissent le besoin de trouver des testeurs, mais la main-d’œuvre, dans ce secteur comme dans bien d’autres, demeure difficile à trouver.

Pour le moment, ce programme d’Emploi-Québec, qui ne mène à aucune reconnaissance officielle du ministère de l’Éducation, constitue un certain bassin pour les entreprises. L’avenue du DEP, sur lequel travaille la CS de l’Énergie, assurerait toutefois une formation plus complète, avec des candidats qui choisiraient ce programme vraiment par intérêt plutôt que pour remplir des obligations du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, comme dans certains cas actuellement.

En ce sens, Mme Fortin ne croit pas que les difficultés à recruter des candidats pour la formation de 560 heures en Testeur numérique nuisent aux démarches pour éventuellement offrir un diplôme d’études professionnelles.

«Au contraire, ça nous aide!», rétorque-t-elle. «Cette formation nous limite à un bassin de clientèle très précis, avec plein de critères. Si la personne veut accéder au programme, il faut qu’elle fasse valoir son dossier à Emploi-Québec. Quand on fait des programmes avec le ministère de l’Éducation, c’est la loi sur l’instruction publique qui s’applique. Tout le monde a le droit de choisir un programme si on se sent interpellé.»

«Présentement, on leur fait vivre un peu comme un cheminement», précise Mme Fortin. «Ça n’amène pas nécessairement une main-d’œuvre apte à aller en emploi tout de suite.»

Chantal Trépanier, présidente-directrice générale chez SIM-Cognibox et coprésidente de GROUPÉ Mauricie-Rive-Sud, considère également que le DEP répondrait à une demande.

«Des besoins en technologies de l’information, il en existe à tous les niveaux», rappelle-t-elle. «Il en existe dans tous les domaines, en fait. Alors n’importe quel programme qui essaie de raccrocher des jeunes au secondaire, ce sera une bonne idée!»

«Pour le moment, nous n’avons pas de candidats», enchaîne la femme d’affaires. «Ce n’est pas que nous n’offrons pas d’emplois! Il faut rencontrer les étudiants, leur parler, ce que nous faisons déjà. Les parents doivent aussi en parler. Nous, on arrive quand les gens sont formés.»

Exemple positif

Même si l’actuelle formation Testeur numérique ne garantit rien, l’entreprise Comméléo Studios en tire profit au maximum. L’équipe vient d’embaucher une cinquième personne ayant complété ce programme, sur une équipe de six testeurs! Jean-François Gingras, président-directeur général de cette entreprise, croit qu’il doublera ses effectifs d’ici le printemps.

Pour lui, la formation offerte avec la collaboration d’Emploi-Québec a donné de très bons résultats, mais il reconnaît que l’encadrement fait une grande différence lorsqu’on ramène des personnes sur le marché du travail.

«J’ai des chefs testeurs, des superviseurs qui forment ces employés», explique-t-il. «Nos gens deviennent rapidement super efficaces. Mais ça demande beaucoup d’encadrement.»

M. Gingras milite également en faveur d’un diplôme d’études professionnelles.

«Nous sommes convaincus que le contrôle de la qualité, c’est un marché d’avenir», analyse-t-il. «Les entreprises commencent à comprendre qu’on ne peut plus livrer des versions de logiciels en disant qu’on corrigera les bogues au fur et à mesure. Elles ne veulent plus de logiciels qui vont nuire à leur production. Elles veulent un produit de qualité.»