Carolane Quessy (employée de Retouches BVC), Michel Angers (maire de Shawinigan), Guylaine Perron (directrice générale de Fonds Mauricie), Éric Lampron (président de Fonds Mauricie) et René Quessy (propriétaire de Retouches BVC).

Fonds Mauricie fait des petits

SHAWINIGAN — Présent dans le milieu économique régional depuis 19 ans, Fonds Mauricie annonce la création d’un nouvel outil de capitalisation dédié spécifiquement aux entrepreneurs de Shawinigan. Son lancement officiel a été effectué jeudi après-midi, au Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins.

Cinq investisseurs de Shawinigan, qui préfèrent ne pas ébruiter leur identité, se sont mobilisés pour créer un fonds de démarrage de 50 000 $. Des discussions se poursuivent avec d’autres partenaires potentiels, de sorte que d’ici l’été 2019, ce fonds de capitalisation pour les entrepreneurs locaux pourrait atteindre 75 000 $.

«C’est la communauté qui prête à la communauté», résume Guylaine Perron, directrice générale de Fonds Mauricie. «Nous avons réuni des gens qui souhaitaient s’impliquer en prêtant ou en donnant de l’argent pour permettre le financement de projets d’affaires. Ces gens étaient intéressés à investir, mais ils tenaient à ce que ce soit dédié aux entrepreneurs de Shawinigan.»

Mme Perron croit que ce modèle se multipliera dans la région au cours des prochaines années. Il s’agit également du souhait exprimé par le président du conseil d’administration de cet organisme de microcrédit entrepreneurial, Éric Lampron.

«De cette façon, le milieu s’approprie le fonds», croit la directrice générale. «Les gens veulent développer leur communauté. L’idée sera d’implanter des fonds dédiés dans les autres territoires de la région, car on croit que ça aura un impact positif.»

Le maire de Shawinigan et porte-parole de la communauté entrepreneuriale, Michel Angers, se réjouit particulièrement de l’implication de gens d’affaires du milieu dans la création de ce nouvel outil.

«Je ne peux pas passer sous silence ceux qui pensent au suivant», fait-il remarquer. «Notre culture change, nous voyons de plus en plus d’entrepreneurs bien établis qui soutiennent des initiatives, qui ont le souci de donner une chance à quelqu’un d’autre. C’est une belle marque de confiance.»

Lors de cette activité de lancement, Fonds Mauricie a présenté René Quessy, propriétaire de Retouches BVC, comme exemple de projet appuyé. Cette entreprise incubée au Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins a bénéficié d’un prêt de 10 000 $ pour accentuer ses activités de rembourrage, de recouvrement, de réparation et d’adaptation de meubles dans les secteurs industriel, commercial et résidentiel.

«J’ai commencé ça dans mon sous-sol», raconte M. Quessy. «Il y avait une grosse demande, alors ça a vite débordé au plan de l’espace. J’ai trouvé un local au centre d’entrepreneuriat et quand j’ai fait un virage vers l’industriel en sous-traitance, j’ai dû engager deux employés rapidement. Ça commençait à mettre pas mal de pression sur mon REÉR et j’avais besoin d’un petit coup de main pour mon fonds de roulement. Fonds Mauricie m’a aidé à soulager cette pression et là, j’ai le vent dans les voiles!»

Jusqu’en avril dernier, Fonds Mauricie était connu sous une autre appellation, Fonds communautaire d’emprunt de la Mauricie. Depuis 1999, ce véhicule a permis des investissements de 1,3 million $ dans la région, contribuant ainsi à maintenir ou à créer 230 entreprises et 587 emplois. L’organisme de microcrédit estime qu’avec chaque dollar investi, 24 $ sont injectés dans le projet par l’entrepreneur ou d’autres partenaires d’affaires.

«Notre mission consiste à développer le potentiel économique et humain de gens qui ont des projets d’affaires, mais qui ont peu ou pas accès à du crédit traditionnel», explique Mme Perron. «Parfois en raison du secteur d’activité qui fait défaut, parfois parce qu’on n’a pas de mise de fonds. Le microcrédit sert à aider ces gens dans leur projet d’affaires.»