La présidente du FAQDD, Jeanne Charbonneau, et l’agente du Fonds Écoleader-Mauricie, Marianne Mathis.
La présidente du FAQDD, Jeanne Charbonneau, et l’agente du Fonds Écoleader-Mauricie, Marianne Mathis.

Fonds Écoleader: 18,5 M$ pour aider les entreprises

Louiseville — Alors que les attentes des consommateurs et des grands acheteurs pointent de plus en plus vers le développement durable, les entreprises ont intérêt à prendre ce virage qui représente de surcroît un levier pour attirer de jeunes talents. D’où l’importance du Fonds Écoleader qui vient d’être lancé en région par GROUPÉ Mauricie + Rive Sud, organisme hébergeur de l’agente du Fonds, Marianne Mathis.

Celle-ci souhaite rejoindre en région 1580 entreprises d’ici mars 2023 pour les orienter vers des experts et des programmes de financement en lien avec l’intégration de pratiques écoresponsables et l’adoption de technologies propres.

Et deux leviers sont déployés pour atteindre cet objectif: un réseau de 18 agents du Fonds Écoleader déployé à travers le Québec et une enveloppe de financement de 18,5 millions de dollars pour soutenir les études de faisabilité et les plans d’action en vue de l’adoption de pratiques d’affaires écoresponsables et de technologies propres.

Pour atteindre cette cible jugée ambitieuse, la région entend miser notamment sur la forte mobilisation des partenaires socio-économiques et municipaux en faveur d’une transition énergétique et écoresponsable. Plusieurs activités sont prévues pour réunir des entrepreneurs autour de thématiques particulières comme l’efficacité énergétique, l’économie circulaire, la gestion de la consommation d’eau et, comme ce fut le cas vendredi, la valorisation des matières résiduelles du secteur de la construction.

En collaboration avec Environnement Mauricie et le Centre de transfert technologique en écologie industrielle, l’atelier de maillage aura permis de réunir une trentaine d’entreprises privées et d’économie sociale qui avaient une matière à offrir ou qui recherchaient une matière à valoriser. «Ces occasions de maillage concrètes sont plutôt rares et servent pourtant à créer des synergies entre des entreprises qui deviennent ainsi plus compétitives», souligne Mme Mathis.

Celle-ci a rappelé que la région compte environ 80 entreprises qui offrent des produits et services liés à l’efficacité énergétique, aux énergies renouvelables, à la valorisation des matières résiduelles, aux biotechnologies, aux bornes électriques et au traitement de l’air et de l’eau.

«C’est un secteur important de notre économie régionale et c’est en créant des synergies entre les concepteurs et les adopteurs de ces technologies que nous nous assurerons que ce secteur prenne de l’importance dans les prochaines années. Notre région peut devenir un leader pour la transition énergétique du Québec : nous avons les entrepreneurs et les projets», soutient Alexandre Ollive, directeur général de GROUPÉ Mauricie + Rive- Sud.

De plus, un événement de mobilisation régionale d’envergure sera organisé le 4 février 2020. Il constituera la suite de la première Vitrine sur les technologies vertes qui a eu lieu en avril 2019. L’accent sera porté sur la mise en relation d’entreprises entre elles et avec des partenaires d’innovation, comme les centres de recherche.

«Nous avons rassemblé les acteurs clés du milieu des affaires, des technologies propres et du développement durable pour faire du Fonds Écoleader un outil sur mesure pour les entreprises du Québec», a expliqué Nicolas Girard, directeur général du Fonds d’action québécois pour le développement durable (FAQDD), qui agit comme coordonnateur du Fonds Écoleader. «En mettant de l’avant l’offre de services actuelle, tout en la bonifiant avec ses propres leviers, cette initiative rassembleuse nous permet aussi de compter sur l’expertise et les réseaux de plus 20 organisations nationales et régionales partenaires», renchérit-il.

«En misant sur une mobilisation inédite des organismes de développement économique de toutes les régions du Québec, le réseau d’agents du Fonds Écoleader pourra rejoindre efficacement les gestionnaires d’entreprises et les soutenir dans l’adoption de meilleures pratiques d’affaires écoresponsables», croit pour sa part Nicolas Gagnon, directeur général du Centre québécois de développement durable (CQDD).

«Notre organisation est fière d’agir comme animateur de ce réseau qui répond à un besoin exprimé par les entreprises d’être mieux conseillées sur les ressources disponibles pour passer à l’action. Il s’agit d’un formidable levier innovant dont se dote le Québec pour accroître la compétitivité des entreprises», poursuit-il.

Du côté d’Écotech Québec, partenaire du Fonds et spécialiste en technologies propres, l’objectif premier est d’aider les entreprises à améliorer leur compétitivité et du même coup, leur bilan environnemental, et ce, par l’entremise de technologies propres d’ici. «Le Fonds Écoleader vient bonifier les moyens en place pour accélérer la transition au Québec vers une économie verte, innovante et performante», précise Audrey Somé, chargée d’affaires chez Écotech Québec.

L’aide financière offerte par le Fonds Écoleader permettra aux entreprises d’engager des experts qui les aideront à mettre en place des pratiques écoresponsables et à se préparer à l’acquisition de technologies propres. Afin qu’elles puissent réaliser des projets adaptés à leur réalité, elles pourront déposer un projet d’entreprise ou un projet de cohorte d’entreprises, selon leur désir de répondre à des besoins spécifiques ou des besoins communs.

L’aide versée pourra s’élever jusqu’à 30 000 $ par entreprise pour un projet visant l’adoption de pratiques écoresponsables, et jusqu’à 50 000 $ pour un projet visant l’acquisition de technologies propres. À titre d’exemple, une caractérisation des matières résiduelles d’une entreprise peut être une pratique d’affaire écoresponsable admissible, qui permet à l’entreprise de réaliser des économies significatives, par la réduction des matières premières et la réduction de ses coûts d’enfouissement.

La présidente du FAQDD, Jeanne Charbonneau, a finalement invité les entreprises de la région à profiter au maximum du Fonds Écoleader, dont celles du secteur touristique.