Selon les Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce, les employés de l’usine ATrahan aimeraient bien que le versement de la prime de deux dollars l’heure soit prolongé.
Selon les Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce, les employés de l’usine ATrahan aimeraient bien que le versement de la prime de deux dollars l’heure soit prolongé.

Fini, la prime de 2 $ chez Olymel

YAMACHICHE — Les travailleurs d’Olymel n’auront plus droit à leur prime salariale de 2 $ l’heure à partir du 22 juin, une décision qui déçoit grandement le personnel.

En mars, le géant de l’agrolimentaire avait annoncé la remise de cette prime pour encourager ses travailleurs durant la pandémie de coronavirus. Les travailleurs de l’usine ATrahan de Yamachiche ont droit à cette prime, mais ils se demandent aujourd’hui pourquoi le versement n’est pas prolongé si les mesures accrues de sécurité doivent être maintenues.

«Les travailleurs ont accueilli cette nouvelle avec une très grande déception. S’ils ne sont plus à risque, vu qu’on n’aura plus la prime, pourquoi on continue la prise de température? Il y a une incompréhension de la part des travailleurs. En plus, Olymel a fait un appel pour un effort supplémentaire pour de l’abattage humanitaire pour le surplus de porcs. Les travailleurs ont répondu massivement à l’appel. Et le 8 juin, au retour du deuxième samedi d’abattage, on leur apprend que la prime est coupée. La décision leur est restée dans la gorge», déclare Roxane Larouche, responsable des communications des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce.

«Ça n’a jamais été présenté comme une prime de risque, réplique Richard Vigneault, porte-parole d’Olymel. C’est une prime de reconnaissance pour traverser une période plus difficile. C’est une prime de motivation, mais pas une prime de risque. Le risque, on l’a réduit avec nos mesures et on va les maintenir tant que les autorités sanitaires vont le recommander. Pour le coût des mesures qui ont été prises à l’ensemble des usines, cela représente 20 millions de dollars additionnels pour le premier trimestre. Et ce montant ne comprend pas les pertes de production liées au ralentissement et à la fermeture de l’usine qui a duré 14 jours.»

La pandémie commence à être maîtrisée dans la communauté et aucun cas de COVID-19 n’a été répertorié récemment au sein d’ATrahan. Mais comme le souligne Mme Larouche, le niveau d’inquiétude demeurerait élevé à l’intérieur de l’usine.

«Les plexiglas sont toujours là, il y a le lavage des mains, le port du masque. Les gens sont tannés de porter le masque, c’est un irritant. Dans les usines de transformation, on est en endroit confiné, les travailleurs sont toujours inquiets par rapport au virus. On savait que la prime était temporaire. Mais compte tenu du contexte du travail au quotidien, on aurait espéré que la prime soit prolongée.»

Selon la représentante syndicale, des discussions sont menées pour le maintien de la prime. La décision d’Olymel semble toutefois bien arrêtée.

«On a annoncé la prime le 23 mars pour tous les employés payés à l’heure, ce qui représente la très grande majorité des 15 000 travailleurs, rappelle M. Vigneault. On peut imaginer l’effort financier, mais on était heureux de l’accorder. On l’aura maintenu pendant trois mois. Maintenant, on déconfine. Les choses reviennent à la normale. On a aboli la prime. Des entreprises n’ont pas donné de prime, d’autres en ont donné une et l’ont déjà retirée et d’autres s’apprêtent à la retirer. On met tout ça dans le contexte.»

Selon le porte-parole d’Olymel, l’usine de transformation d’ATrahan fonctionne à plus de 95 % de ses capacités habituelles.