La parc industriel de Bécancour.

Fin des opérations chez Oriens Technologies

Privée du permis environnemental nécessaire afin de s'adonner à ses activités de transformation de résidus d'aluminium, l'entreprise Oriens Technologies a récemment dû se résoudre à fermer officiellement son usine du parc industriel de Bécancour.
Les demandes des dirigeants de l'entreprise auprès du gouvernement à la suite du refus du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques de renouveler le fameux permis n'auront donc pas été fructueuses. Ils ont donc suspendu leurs activités pendant plus d'un an en espérant une bonne nouvelle qui n'est jamais venue.
La direction régionale du ministère aurait refusé de renouveler le permis nécessaire aux opérations car l'entreprise n'aurait pas répondu adéquatement à des avis de non-conformités.
L'entreprise qui transformait les déchets d'aluminium en additif cimentaire a déjà employé près d'une quarantaine de personnes.
Afin de lancer ses activités, l'entreprise fondée en 2010 avait bénéficié d'une aide provenant du Fonds de diversification économique de 200 millions de dollars mis sur pied par Québec pour pallier la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 ainsi que du soutien financier du gouvernement fédéral.
Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, s'insurge d'ailleurs contre le fait que le ministère ait mis des bâtons dans les roues de cette entreprise qui possède un procédé de transformation qu'il qualifie de révolutionnaire. Selon lui, il aurait plutôt dû agir en partenaire.
«Je pense que le ministère et le ministre ont gagné. Ils se sont comportés afin d'obtenir ce résultat-là. C'est vraiment choquant, car on avait une entreprise qui avait investi plus de 12 millions de dollars et qui créait à un moment donné plus de 40 emplois», mentionne M. Martel.
Ce dernier ne serait d'ailleurs pas surpris d'apprendre prochainement que l'entreprise déménage ailleurs, d'autant plus qu'elle ne semble pas avoir fait faillite.
«C'est un autre échec du gouvernement libéral dans le parc industriel de Bécancour. D'un côté, le Fonds de diversification y croyait suffisamment pour soutenir l'entreprise financièrement alors que le ministère de l'Environnement arrivait par en arrière [en ne renouvellement pas le permis]. Comment veux-tu faire du développement économique avec une attitude comme ça», se questionne-t-il avant d'ajouter qu'il suit ce dossier depuis un bon moment et qu'il a tout essayé pour que le ministère revienne sur sa décision.
Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, s'est quant à lui dit peu surpris du sort réservé à Oriens Technologies, qui aurait été tranchée par un avis d'expulsion du propriétaire de la bâtisse.
«Qui avait tort? Qui avait raison? Il y a toujours deux côtés à une médaille. Ça me déçoit énormément», a-t-il confié, en marge de l'inauguration de la tour du quai de Sainte-Angèle.
Selon le premier magistrat, ce projet de traitement des rejets tombait pile dans «sa palette de couleurs». «C'est une belle entreprise», a-t-il confié tout en relevant le fait que l'histoire des terres contaminées soit survenue en même temps. «On défait d'un côté ce que l'on bâtit de l'autre», déplore M. Dubois.
Pour sa part, le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, soutient qu'il aurait aimé que les parties impliquées adoptent une attitude conciliante afin de dénouer l'impasse, ce qui n'a pas été le cas à son avis.
«Les relations étaient violentes entre le demandeur et l'émetteur de permis», a-t-il constaté. À son avis, chacune des parties doit composer avec des défis particuliers quand il s'agit d'un projet innovateur. «Le promoteur doit faire un effort un peu spécial tandis que l'émetteur de permis doit démontrer de la flexibilité», a ajouté l'ancien maire.
Pour ce dernier, l'important est de ne pas perdre la cible, soit le recyclage de brasques d'aluminium. «Ce que l'on souhaite, c'est que quelqu'un récupère cette façon de faire. C'est notre espoir», a-t-il conclu.
Malgré plusieurs appels téléphoniques, il n'a pas été possible de s'entretenir avec les dirigeants d'Oriens Technologies afin d'avoir leurs commentaires.
Avec la collaboration de Marc Rochette