Marie-Line Audet, du milieu communautaire, Coralie Sarrazin, représentante étudiante, Joanne Blais, de la Table de concertation des femmes de la Mauricie, et Jonathan Proteau, porte-parole syndical.

Fête des travailleurs: vaste coalition régionale

C'est sous le thème Le travail, pas à n'importe quel prix! qu'une coalition d'organismes des milieux communautaires, syndicaux et étudiants ainsi que du mouvement des femmes prendront la rue le 1er mai, à l'occasion de la Fête internationale des travailleuses et travailleurs.
Lors d'une marche qui prendra son envol au parc Champlain, après un rassemblement prévu à 11 h 45, les membres de la coalition ont l'intention de faire entendre leur voix afin d'exiger du gouvernement québécois des mesures concrètes pour assurer des conditions de travail décentes à tous les travailleurs.
Pour un 1er mai, il s'agira d'une première du genre, tant au plan de la variété des organisations participantes qu'au niveau de l'ampleur du territoire représenté, soit la Mauricie et le Centre-du-Québec.
Selon le groupe, le travail a un prix et pas n'importe lequel, chacun ayant droit à un revenu décent qui lui permette de franchir le seuil de la pauvreté. À leur avis, chaque travailleur devrait être en mesure de combler ses besoins de base et dégager une faible marge de manoeuvre pour faire face aux imprévus et s'accorder quelques activités de loisir, d'où la demande syndicale pour un salaire minimum à 15 dollars l'heure.
«Il est inconcevable qu'une personne qui travaille s'appauvrisse et doive recourir à une banque alimentaire pour subvenir à ses besoins de base. De plus, un salaire minimum à 15 dollars l'heure n'est pas seulement bénéfique pour les travailleuses et les travailleurs, mais pour l'économie québécoise dans son ensemble.
On parle d'accroissement du pouvoir d'achat, de hausse des revenus fiscaux et de stabilité de la main-d'oeuvre. Ce n'est pas rien. Sans compter une forme de reconnaissance de la dignité du travail», a indiqué Jonathan Proteau, d'Unifor.
Selon Joanne Blais, de la Table de concertation des femmes de la Mauricie, une telle mesure est d'autant plus importante qu'elle touche directement les conditions de vie des travailleuses. «En effet, ce sont les femmes qui occupent en plus grand nombre des emplois atypiques, qui se soldent par de faibles revenus. On pense à des emplois à temps partiel, temporaires, ou aux horaires parfois incompatibles avec les responsabilités familiales et parentales qu'elles sont parfois seules à devoir assumer», fait-elle remarquer.
Pour leur part, les milieux étudiants voient dans une augmentation du salaire minimum à 15 dollars l'heure une mesure sociale favorable. Comme le soulève Coralie Sarrazin, porte-parole pour les associations étudiantes, «un salaire minimum à 15 dollars l'heure allégerait les pressions financières sur les étudiantes et étudiants qui pourraient ainsi consacrer moins d'heures au travail et davantage aux études».
«Et du même coup, ils et elles verraient réduit leur niveau d'endettement», a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, la représentante des organismes communautaires des deux rives, Marie-Line Audet, a souligné la singularité du marché du travail en milieu communautaire, les conditions de travail reposant essentiellement sur des subventions gouvernementales.
«Le financement ne suffit plus à assurer des conditions de travail décentes. Les emplois sont précaires, souvent à temps partiel. Le milieu connaît donc un fort roulement de personnel et, du même coup, perd des expertises précieuses. Pas moyen de concurrencer les secteurs privés ou publics. Les salaires sont bas, l'accès à un régime de retraite ou à une assurance collective reste un luxe que plusieurs organismes ne peuvent offrir à leurs membres», a-t-elle énuméré.
La coalition invite la population à se joindre à la marche de lundi prochain. «Pour ceux et celles qui voudraient débattre des enjeux liés à l'amélioration des conditions de travail, un panel de discussions se tiendra au Centre social du Cégep de Trois-Rivières à compter de 18 h 30. L'entrée est libre», a-t-on annoncé.
«À l'heure où les inégalités économiques et sociales ne cessent de s'accroître, où les revenus des cadres d'entreprise atteignent des sommets indécents, où la robotisation du travail menace de plus en plus d'emplois et où l'appel à la productivité dans tous les secteurs de l'économie exerce des pressions insidieuses sur les travailleuses et les travailleurs, il faut agir», ont conclu les membres de la coalition.