La ferme La Bisonnière, de Saint-Prosper-de-Champlain, n’a pas résisté à la pandémie de COVID-19. Face à d’importantes pertes de revenus liés au tourisme et à la vente d’animaux, les propriétaires ont décidé de mettre la clé sous la porte.
La ferme La Bisonnière, de Saint-Prosper-de-Champlain, n’a pas résisté à la pandémie de COVID-19. Face à d’importantes pertes de revenus liés au tourisme et à la vente d’animaux, les propriétaires ont décidé de mettre la clé sous la porte.

Fermeture de la ferme La Bisonnière: «On vient de perdre un beau fleuron»

SAINT-PROSPER-DE-CHAMPLAIN — Après plus de 30 ans d’existence, c’est la fin pour la ferme La Bisonnière, située à Saint-Prosper-de-Champlain. Face aux difficultés venues avec la COVID-19, les propriétaires de l’entreprise ont finalement choisi de mettre la clé sous la porte, comme le rapportait lundi l’Hebdo Mékinac/des Chenaux.

Si l’entreprise était établie depuis belle lurette dans la région, ses propriétaires l’étaient moins. En effet, Kévin Ten Have et Lucie Fournier avaient pris la relève des anciens propriétaires en décembre 2017.

«C’est bien dommage. Quand ils ont repris ça, ils étaient tellement enthousiastes et ils avaient de beaux projets. Ils y ont mis des efforts colossaux, mais la pandémie est venue tout gâcher. Comme le disait Kévin, presque 90 % de leur chiffre d’affaires venait des touristes européens, alors c’était trop dur pour eux de s’acharner», se désole la mairesse de Saint-Prosper, France Bédard.

Le mois dernier, M. Ten Have confiait en effet au Nouvelliste que son entreprise subissait un double contrecoup de la pandémie. D’abord, l’absence de visiteurs européens, qui comptaient pour la grande majorité des visiteurs pour le volet touristique de la ferme. Ensuite, le choc vécu par le secteur de la restauration est venu sceller le sort de la ferme.

«Les transformateurs ne me donnent plus rien pour mes bêtes», avait révélé M. Ten Have, soulignant qu’il arrivait à peine à obtenir 500 $ par bison, contre 3000 $ avant la pandémie.

«On n’a pas les reins assez solides pour traverser ça», avait-il ajouté.

Avant son changement de mains en 2017, la ferme appartenait à Daniel Gagnon et Sylvie St-Arneault.

La perte d’une institution

Aux yeux de France Bédard, la fermeture de La Bisonnière représente la disparition d’une institution à Saint-Prosper.

«Ça faisait 30 années que la ferme était dans le décor. Elle avait un cachet unique, super le fun. Sans compter que depuis quelques années, elle ouvrait aussi l’hiver pour la saison de la motoneige. Donc oui, on vient de perdre un beau fleuron. C’était une belle institution, mais malheureusement, la COVID leur a fait plier les genoux», s’attriste-t-elle.

À savoir si d’éventuels repreneurs pourraient vouloir reprendre le flambeau, Mme Bédard indique ne pas être au courant si des démarches en ce sens ont été entamées par les créanciers de la ferme.

«Dans le contexte actuel, c’est sûr que ce n’est pas favorable. On va espérer. Si ce n’est pas pour les bisons, peut-être que la partie restauration peut être reprise», avance-t-elle.

Si elle pense à l’entreprise et son importance à Saint-Prosper, la mairesse n’occulte pas le drame humain que vit la famille Ten Have, soit Kévin, Lucie et leurs enfants.

«Eux aussi trouvent ça dur. Ça fait un peu plus de deux ans qu’ils sont à Saint-Prosper, ils s’y étaient attachés, ils s’étaient fait des amis: ils aimaient ça», mentionne Mme Bédard.

La mairesse indique avoir fait le tour des autres entreprises de la petite municipalité d’environ 500 âmes, question de vérifier si d’autres entreprises sont elles aussi en péril en raison de la COVID-19.

«J’ai rencontré d’autres entreprises, notamment la quincaillerie, et on me dit que ça va quand même bien. On va espérer qu’il ne va pas y avoir d’autres pertes, autant pour les gens qui se sont investis que pour les gens de la paroisse. On essaie toujours de voir si on peut faire quelque chose. C’est sûr que nos pouvoirs et nos moyens sont limités, mais des fois, on peut diriger les gens vers d’autres ressources, comme la MRC», explique-t-elle.