Certains véhicules s'étant trouvés au coeur de l'ouragan Harvey (photo) et d'autres catastrophes pourraient être importés et revendus à des Canadiens peu méfiants.

Évitez les véhicules inondés

Alors que l'ouragan Maria semble vouloir épargner les côtes américaines, ses prédécesseurs Harvey et Irma ont néanmoins semé la dévastation, causant notamment d'importantes inondations dans les États de la Floride, de la Louisiane et du Texas.
C'est sans doute par milliers qu'il fallait compter les automobiles immergées, voire submergées par endroits, dans les quartiers d'une ville aussi populeuse que Houston et ses quelque 2,3 millions d'habitants.
Écoulées sur le marché québécois?
Bien que ces catastrophes se soient produites à des milliers de kilomètres du Québec, les consommateurs québécois qui arpentent les sites web et les établissements de vente auraient néanmoins avantage à redoubler de vigilance.
Certaines de ces automobiles pourraient se retrouver sur le marché québécois des automobiles d'occasion. C'est pourquoi une mise en garde aux consommateurs est de mise.
Des problèmes sérieux
Une automobile qui a été partiellement ou entièrement inondée peut fonctionner normalement pendant un certain laps de temps.
Cependant, elle pourrait connaître plus tard des ennuis liés notamment aux dommages que l'eau a causés à ses composantes électroniques. Généralement, un véhicule inondé est déclaré perte totale par les assureurs. Certains de ces véhicules sont prétendument revendus pour les pièces, puis traversent la frontière pour se retrouver, par divers stratagèmes, sur le marché d'occasion.
Pas nécessairement facile à détecter
Bien qu'on puisse penser que de tels véhicules sont facilement décelables à leur odomètre affichant des milles plutôt que des kilomètres, les choses ne sont pas aussi simples.
Le fait que les modèles récents puissent être dotés d'un compteur entièrement numérique facilite grandement l'opération qui consiste à changer l'affichage des distances en kilomètre plutôt qu'en mille sans que cela ne laisse d'indices pour l'éventuel acheteur.
Vérifier l'historique
Les acheteurs doivent bien se renseigner sur l'origine et le parcours du véhicule qu'ils aimeraient acquérir. Consulter son historique, en ayant recours à une agence spécialisée, peut être un bon moyen de protection, même si ce n'est pas infaillible.
Une inspection mécanique, par un mécanicien de confiance, demeure la meilleure façon de se prémunir contre les mauvaises surprises lorsqu'on convoite une automobile usagée.
Plaider l'ignorance?
Il peut arriver qu'un commerçant d'automobiles d'occasion acquière à son insu une ou plusieurs automobiles ayant subi les affres des inondations. Cela ne saurait toutefois priver le consommateur de ses droits et ses recours.
Celui qui se procure un véhicule inondé alors que cette information ne lui a pas été divulguée par le commerçant pourrait exercer un recours pour vice caché.
Selon la Loi sur la protection du consommateur (LPC), ce dernier ne peut se soustraire à ses obligations envers le consommateur en alléguant qu'il ignorait l'existence de ce vice.
Des règles spécifiques aux commerçants de véhicules
La loi impose aux commerçants de véhicules routiers des obligations spécifiques destinées à mieux protéger les consommateurs. Ils doivent notamment détenir un permis de l'Office et déposer un cautionnement, qui peut servir à indemniser des consommateurs. Les commerçants d'automobiles d'occasion sont en outre assujettis à certaines règles de conduite édictées par décret. 
Ces règles ont notamment trait aux pratiques publicitaires des commerçants, mais également à l'obligation pour un commerçant de permettre au consommateur intéressé par une automobile offerte en vente, d'effectuer un essai routier.
Il doit également lui permettre de faire inspecter le véhicule convoité dans un atelier de son choix, dans la mesure où celui-ci est situé à une distance raisonnable de l'établissement du commerçant. Dans la perspective du spectre de la revente d'automobiles inondées, ces précautions d'usage sont impératives. 
Source: Service des communications - OPC
Gary Frost est directeur des services aux consommateurs à l'Office de la protection du consommateur