Lorsque vous voulez utiliser une carte prépayée de soins esthétiques, le commerçant peut-il exiger une surcharge en raison d'une hausse récente des tarifs?

Et si ça vous arrivait? Testez vos connaissances

CHRONIQUE / Vous vous targuez d'être un consommateur aguerri? Testez vos compétences en consommation en répondant aux questions suivantes qui évoquent des situations bien réelles, exposées dans les plaintes reçues à l'Office de la protection du consommateur.
Cas #1: une carte cadeau inflationniste
À l'occasion des Fêtes, vous avez reçu en cadeau une carte prépayée donnant droit à un ensemble déterminé de soins esthétiques dans un établissement de votre localité.
Au moment de vous présenter dans l'établissement pour bénéficier des services décrits dans le forfait acquis par votre bienfaiteur au prix de 159 $, on vous indique que vous devrez payer un surplus de 30 $ en raison d'une hausse récente des tarifs.
Question: le commerçant peut-il exiger le paiement de cette surcharge? 
A) Non. Le commerçant est lié par l'entente conclue il y a quelques semaines et ne peut exiger l'application rétroactive d'une augmentation de ses tarifs. 
B) Oui. À la condition que le commerçant ait bien indiqué la date à compter de laquelle, un supplément pourrait être demandé.
Cas #2: Réparation d'une automobile-une facture imprévue
Vous avez confié votre automobile à un réparateur, car vous avez remarqué des traces indiquant une perte de liquide de refroidissement dans la neige de votre espace de stationnement. Après examen, le commerçant vous informe que le radiateur et un joint d'étanchéité du moteur doivent être remplacés au coût d'environ 500 $. 
Au moment de reprendre votre véhicule, le réparateur vous a plutôt présenté une facture de 1392 $. Selon ses explications, il s'est avéré, au cours des travaux, que la tête du moteur devait aussi être remplacée, car elle avait été endommagée par la surchauffe liée à la perte du précieux liquide.
En réponse à vos protestations, le réparateur précise qu'il a tenté vainement de vous rejoindre pour obtenir votre autorisation pour cette réparation imprévue. Il a cru bon de procéder tout de même puisque la tête du moteur avait déjà été démontée. 
Non pas que vous contestiez la compétence de votre mécano de confiance, mais vous n'êtes tout simplement pas en mesure de payer sur-le-champ une telle somme. Reconnaissant qu'il s'agit d'un montant plus élevé que prévu, votre garagiste vous informe néanmoins que la politique de l'établissement consiste à retenir le véhicule jusqu'à paiement complet de la facture. 
Question: Le commerçant a-t-il le droit d'agir ainsi?
A) Oui. Le droit de rétention du réparateur est un droit reconnu par le Code civil du Québec.
B) Non, si vous payez les 500 $ prévus à l'évaluation verbale, vous pouvez partir avec votre véhicule.
C) Non. Le réparateur doit libérer le véhicule et vous accorder, comme il se doit, un délai de 30 jours pour le paiement de la totalité de la facture.
Cas #3: Un évaluateur-vendeur
Attiré par une annonce qui présente les apparences d'un programme gouvernemental d'économie d'énergie, vous avez rempli un formulaire en répondant aux questions relatives à votre facture de chauffage, au système de chauffage dont votre résidence est dotée, etc. 
On a communiqué avec vous et vous avez accepté de recevoir un conseiller-évaluateur afin qu'il analyse votre profil énergétique et vous propose des solutions pour réduire votre facture d'énergie. 
L'évaluateur vous a suggéré l'usage d'une thermopompe, un appareil sophistiqué qui, à ses dires, réduira substantiellement votre facture de chauffage. La providence étant généreuse, votre visiteur transmuté en vendeur vous a proposé de procéder à l'installation le lendemain. 
Vous avez depuis reconsidéré votre achat et vous désirez annuler votre contrat puisque vous êtes à l'intérieur du délai de 10 jours consenti par la Loi sur la protection du consommateur (LPC) pour les contrats de vente itinérante. Mais voilà, vous hésitez, car le commerçant a déjà procédé à l'installation.
Question 1 : Pouvez-vous toujours annuler votre contrat ?
A) Non, car vous avez accepté que le commerçant installe la thermopompe.
B) Oui, et le commerçant doit assumer les frais d'enlèvement et de remise en état de votre maison.
C) Oui, mais vous devrez dédommager le commerçant pour les frais raisonnables d'enlèvement et de transport.
Réponses: B-B-B
Gary Frost est directeur des services aux consommateurs à l'Office de la protection du consommateur.