En septembre 2015, Simon Charlebois, Pierre Achim et Louis-Gérard Dallaire annonçaient la création du Fonds de formation Rio Tinto Alcan. Moins de trois ans plus tard, cette caisse de 1,1 million $ a été entièrement investie dans le milieu.

Épuisé en moins de trois ans

SHAWINIGAN — Simon Charlebois lui avait prédit une durée maximale de cinq ans, mais il en a finalement fallu la moitié moins pour épuiser la caisse de 1,1 million $ disponible dans le Fonds de formation Rio Tinto Alcan Shawinigan, lancé à l’automne 2015. Le directeur général de la Société d’aide au développement des collectivités Centre-de-la-Mauricie, qui gérait cet outil, n’est pas trop étonné de cette popularité, dans le contexte actuel du marché du travail.

Le Fonds de formation Rio Tinto Alcan Shawinigan avait été créé avec les sommes résiduelles d’un fonds similaire qui existait à l’ancienne aluminerie, pour les cadres et les syndiqués. Après la fermeture de l’usine en 2013 et le reclassement des employés, un montant de 1,1 million $ restait disponible. Le siège social de la multinationale avait décidé d’en faire bénéficier le milieu.

Moins de trois ans plus tard, ce montant a été entièrement investi. En tout, 914 travailleurs dans 157 entreprises de Shawinigan ont obtenu des formations sur mesure grâce à ce fonds.

«Ça a été une belle aventure, mais le fonds est épuisé depuis le mois de mai», précise M. Charlebois. «On recevait entre 15 et 20 demandes par mois. Une des façons de se prévaloir de la pénurie de main-d’œuvre, c’est d’aider des employés à développer de nouvelles compétences pour qu’ils deviennent plus efficaces. Les entreprises ont parfois tendance à investir dans de la nouvelle machinerie, mais elles ne voient pas toujours la formation comme un investissement dans ses ressources humaines. On espère avoir semé une nouvelle culture.»

Ce fonds s’adressait aux entreprises de moins de 100 employés. Les subventions pouvaient atteindre un maximum de 25 000 $ par dossier. Il complétait très bien ce qui était déjà offert en aide à la formation chez Emploi Québec.

«On entendait parler de frustration en ce qui concerne les contraintes des programmes existants», glisse M. Charlebois. «Nous avons même fait moins de promotion qu’on l’aurait cru. Les institutions de formation se sont mises de la partie, de même que des consultants privés.»

Autre bonne année
La fin de ce programme constitue l’un des faits saillants en 2017-2018 de la SADC Centre-de-la-Mauricie.

Au cours de la dernière année financière, le Fonds SADC a investi près de 1,7 million $ dans 25 projets. Ces prêts ont provoqué des investissements supplémentaires de 6,9 millions $, tout en créant ou maintenant 211 emplois.

De son côté, le Fonds stratégie jeunesse a appuyé 18 dossiers, pour un montant total de 274 500 $. Ce levier a généré des investissements supplémentaires de 1,9 million $, en plus de créer ou de maintenir une centaine d’emplois.

Bien que le bilan du Fonds SADC n’ait pas réussi à approcher son historique performance de 2016-2017, la dernière année financière demeure l’une des trois meilleures de l’histoire de l’organisation, précise M. Charlebois.

«Nous avons beaucoup parlé de diversification et on commence à voir les fruits», réitère-t-il. «Par exemple, nous avons fait beaucoup d’investissements dans les entreprises du numérique. On n’est plus à pleurer sur les fermetures d’usines. Le taux de chômage n’a jamais été aussi bas. Le gros enjeu, c’est devenu le besoin de main-d’œuvre. On n’aurait pas dit ça quand la Belgo a fermé, il y a dix ans! J’ai entendu parler d’entreprises dont le chiffre d’affaires diminue de façon réfléchie parce qu’elles n’ont pas la main-d’œuvre nécessaire pour livrer.»

Quant au Fonds LaPrade, seulement deux dossiers ont été approuvés en 2017-2018. Ces prêts totalisant 160 000 $ ont permis de créer ou de maintenir 25 emplois, tout en entraînant des investissements supplémentaires de 870 000 $.

«Nous n’avons plus vraiment de liquidités à prêter dans ce fonds», rappelle M. Charlebois. «Tout est en entreprise présentement, ce qui représente un heureux problème! De toute façon, pour nos clients, un prêt du Fonds SADC ou du Fonds LaPrade, ça ne fait aucune différence.»

Au cours des prochaines semaines, le Fonds LaPrade devrait annoncer une entente avec des partenaires pour engager une ressource spécialisée dans l’accélération des projets d’expansion des entreprises.