Le président du conseil d’administration de l’OBNL qui veut relancer l’ancienne épicerie Lafond à Nicolet, Clermont Bois.

Épicerie Lafond: projet de relance au centre-ville

NICOLET — Depuis le 17 juillet 2018, le centre-ville de Nicolet ne peut plus compter sur l’épicerie Lafond, qui a fermé ses portes après 65 ans d’existence. Un an plus tard, voilà qu’un comité de relance est au travail pour tenter de redonner vie au commerce, d’où cette campagne de financement qui se mettra en branle prochainement pour amasser une mise de fonds de 100 000 dollars.

«C’est important de garder la seule épicerie dans le centre-ville. Ça accommode beaucoup de gens qui n’ont pas d’autos. Sinon, il faut aller en périphérie. C’est un besoin», explique le président du conseil d’administration de l’organisme à but non lucratif qui a été créé à la fin de l’hiver, Clermont Bois.

On se rappellera que l’an dernier, la famille Lafond avait décidé de tourner la page pour des raisons professionnelles. «Nous autres, on a fermé, pas parce que ça ne fonctionnait pas, mais parce que c’est un choix de carrière, tout simplement. On marchait à fond de train les dernières années, surtout avec les réseaux sociaux», souligne Étienne Lafond.

Celui-ci voit d’un œil la perspective d’une relance. «De notre part, on serait super content que ça fonctionne. Ce sont tous des anciens clients qui reprennent ça, qui avaient le cœur au commerce. De voir ça, nous autres, ça fait un petit pincement. C’est le fun à voir», confie l’ancien propriétaire.

«C’est Jean Guévin qui a acheté la bâtisse, il a le centre-ville à cœur, il ne voulait pas que ça arrête. C’est un résident qui n’est pas loin du magasin, il voulait absolument relancer. Les gens qui vont reprendre ça ont juste à allumer les lumières», renchérit celui qui parle d’une belle opportunité à saisir.

Depuis l’automne dernier, des citoyens s’impliquent pour faire revivre cette véritable institution. «C’était le but de celui qui a racheté la bâtisse. Il avait un attachement à ce bâtiment. Il y a quand même trois générations qui sont passées là. On a créé un comité temporaire pour aller chercher l’incorporation en tant qu’OBNL qu’on a reçue en février, mars. Après ça, on a créé le conseil d’administration. On est en train de travailler pour lancer une campagne de financement pour, après ça, arriver à ouvrir pour de bon», précise Clermont Bois.

Initialement, les promoteurs rêvaient d’une ouverture à Pâques et, ensuite, au début de l’été. «Il y a bien des délais. Tu es tout le temps à attendre, les rencontres ne sont pas régulières. Présentement, c’est la période des vacances. On a approché des gens, mais on ne peut pas avoir de réponses tant qu’ils n’ont pas soumis ça à leur conseil d’administration. C’est sûr que nous autres, on ouvrirait demain qu’on serait bien content», fait-il remarquer.

Par ailleurs, le montant de 100 000 dollars servirait, entre autres, à payer les frais d’aménagement et l’intégration des employés, «le temps qu’on installe la nouvelle administration». Par la suite, des démarches seraient entreprises auprès de divers organismes de financement tels que le Réseau d’investissement social du Québec et Investissement Québec.

«C’est une excellente nouvelle. Ils veulent relancer l’épicerie de quartier. Depuis un an, il y a la SADC qui est arrivée à Nicolet, il y a des beaux projets qui s’en viennent dans l’ancien bâtiment Desjardins. Il va y avoir des nouveaux travailleurs, des nouveaux professionnels qui vont être au centre-ville, en plus des citoyens qui utilisaient déjà cette épicerie, et les projets qui s’en viennent comme le Carré Cloutier. Même si on comprenait la décision de la famille Lafond, on était vraiment déçu de voir cette épicerie fermer alors qu’on travaille si fort pour revitaliser le centre-ville. Mais de voir qu’il y a un groupe de citoyens vraiment mobilisés qui travaillent à faire revivre ça, c’est sûr qu’on voit ça de façon hyper positive», a commenté la mairesse de Nicolet, Geneviève Dubois.

À ce stade-ci, la MRC de Nicolet-Yamaska a davantage accompagné les promoteurs au niveau du plan d’affaires et du montage financier. «C’est le pôle d’économie sociale qui est en responsabilité de ça parce qu’ils ont choisi d’y aller sous une formule OBNL. Ça fait un bout de temps que ça se travaille. Ils sont prêts à partir en financement. J’imagine que la Ville sera peut-être sollicitée à ce stade-là», avoue la préfète.

Même si, dit-elle, «on est loin du désert alimentaire à Nicolet», les gens étaient habitués de faire leur épicerie au centre-ville. «Ce groupe de citoyens ont envie de répondre aux besoins de base de la population qui est au centre-ville et de développer des spécialités. Ils veulent continuer à offrir des produits de niche alors que beaucoup de gens allaient chez Lafond pour la boucherie, faisant même un détour pour y aller», conclut Mme Dubois.