Patrice Bergeron, président de BELT, Jean-Pierre Martel, vice-président partenariat stratégique chez FPInnovations, Julie Boulet, ministre du Tourisme, Lars Peter Lindfors, vice-président senior Technologies de Neste Corporation, Vesa Lehtonen, ambassadeur de Finlande au Canada, Luc Blanchette, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Normand Beaudoin, maire de La Tuque et Patrice Mangin, directeur général de BELT, étaient présents pour l'annonce qui a eu lieu à Montréal.

Entente entre Neste Corporation et Bioénergie La Tuque

C'était un grand jour pour le projet de bioraffinerie de Bioénergie La Tuque (BELT). Neste Corporation, un des leaders mondiaux dans le secteur des carburants renouvelables, a annoncé son implication dans le dossier.
Ensemble, ils ont fait l'annonce d'une entente de partenariat de recherche et développement dont l'objectif principal est d'étudier la faisabilité de produire des carburants renouvelables à partir de résidus forestiers à La Tuque.
«C'est un grand pas. Ils vont nous aider dans les études, mais ils viennent aussi ajouter de la crédibilité au projet. C'est très important. [...] Aujourd'hui marque le début d'un beau partenariat entre le Québec, le Canada et la Finlande dont nous pouvons tous être très fiers», a lancé le maire de La Tuque, Normand Beaudoin.
L'accord porte sur l'évaluation de la faisabilité technico-économique du projet qui doit permettre de confirmer, entre autres, la disponibilité de la biomasse à un coût compétitif, valider un niveau de risque technico-économique acceptable, et amoindrir certaines difficultés technologiques. Neste, leader mondial reconnu dans la production de carburants renouvelables, va ainsi apporter son haut niveau d'expertise aux équipes de BELT.
Rappelons qu'en septembre dernier, Québec avait annoncé une aide financière de 1,5 M$ pour la réalisation de ces études.
«C'est un partenaire clé pour nous. Il va énormément nous aider dans le développement du projet», a affirmé Patrice Bergeron, président du conseil d'administration de BELT.
Même si les montants impliqués n'ont pas été dévoilés, on estime que cette entente a une valeur inestimable.
«Ça représente des dizaines de millions de dollars en recherche et développement qu'eux ont développés au fil des ans auxquels on va avoir accès pour développer le projet à La Tuque», insiste-t-il.
D'ailleurs, Neste a été nommé «opérateur leader en biocarburants» aux Global Energy Awards 2016. 
«Alors que nous poursuivons le développement pionnier de l'industrie des carburants, nous repensons les modèles conventionnels. Nous tirons le meilleur parti des ressources existantes et recherchons de nouvelles matières premières à basse empreinte carbone telles que déchets et résidus.
Nous sommes déjà le plus grand producteur mondial de diesel renouvelable et nous constatons des opportunités de croissance intéressantes, y compris en dehors du marché des carburants», a précisé Lars Peter Lindfors, vice-président principal dans le secteur des technologies chez Neste Corporation, une entreprise dont les ventes nettes s'élevaient à 11 milliards d'euros en 2015.
«C'est parce que nous croyons que les résidus de coupes forestières peuvent jouer un rôle significatif dans le futur dans la production de carburants renouvelables que nous sommes très enthousiastes à propos de ce partenariat», a-t-il ajouté.
Le projet de bioraffinerie vise la production de diesel renouvelable à partir de la conversion de résidus de coupes forestières. Ce carburant renouvelable pourrait remplacer les carburants d'origine fossile non renouvelables dans le transport, et entraînerait, par le fait même, une réduction projetée significative d'émission de gaz à effet de serre (GES). 
On estime qu'entre 650 000 et 1,2 million de tonnes métriques de résidus de coupes issus de la région de la Haute-Mauricie pourraient être valorisés dans l'usine. Un projet de près d'un milliard de dollars qui pourrait créer des centaines d'emplois. L'objectif à court terme est d'aménager et d'exploiter une usine de démonstration aux alentours de 2020, et une usine de taille commerciale en 2023.
«Le projet BELT est très important pour la Mauricie et le Québec puisqu'il pourrait permettre de créer plus de 500 emplois dans la région de la Haute-Maurice tout en favorisant sa diversification économique [...] C'est la preuve qu'il est possible de développer de beaux projets de partenariats internationaux dans toutes les régions du Québec», a commenté Julie Boulet, ministre du Tourisme et ministre responsable de la Mauricie, députée de Laviolette.
Comme dévoilé en mai 2016, le projet, avec le soutien de FPInnovations, servira de référence et de projet phare pour que, sur la base des connaissances, expertises et compétences développées au cours des études cofinancées par les gouvernements provincial et fédéral, un tel projet soit reproduit ailleurs au Canada. 
L'annonce s'est faite en présence d'une impressionnante brochette de dignitaires dont l'ambassadeur de Finlande au Canada, Vesa Lehtonen.
«Nos entreprises et instituts de recherche recherchent ensemble des innovations nouvelles et des prospects pour des investissements communs. En Finlande, le cadre réglementaire supporte de hauts niveaux de contenu en carburants avancés. Cette situation a contribué à des travaux de recherche et développement de classe mondiale dans le domaine et à concrétiser des investissements majeurs dans la production de carburants renouvelables dits «avancés». En plus de la bioénergie, par exemple les secteurs maritimes et miniers, offrent de nombreuses opportunités de coopération économique finno-québécoise», a-t-il souligné. 
Le projet a franchi une importante étape, mardi, mais il reste encore du travail à faire selon les dirigeants de BELT. 
«La finalisation positive du projet requiert que les gouvernements, tant provincial que fédéral, continuent de nous supporter; les 500 emplois qui seront créés dans la région avec un investissement de l'ordre du milliard justifient certainement un tel support», a commenté Patrice Mangin, directeur général de BELT.
«Il nous faut absolument l'appui des gouvernements qui doivent, entre autres, faire une place significative à l'utilisation des biocarburants dans la palette des énergies utilisées au Québec et au Canada. On doit développer les marchés. [...] Dans deux ans, on devra avoir mis en place toutes les conditions propices pour qu'on puisse annoncer l'usine», a conclu Patrice Bergeron.