Sur la photo: Jean-Robert Poulin, directeur développement de projets chez Kruger Énergie, Pierre-David Tremblay, maire de La Tuque, François Neashit, chef de la communauté de Wemotaci et Gilles Côté, directeur développement durable chez Kruger Énergie.

En mode réalisation pour le projet Manouane Sipi

La Tuque — Après avoir franchi plusieurs obstacles au fil du temps, le projet communautaire de minicentrale hydroélectrique Manouane Sipi verra vraisemblablement le jour d’ici 2024. Les membres du conseil d’administration de la Société en commandite Manouane Sipi, qui représentent la communauté atikamekw de Wemotaci et la Ville de La Tuque, ont présenté l’échéancier de la dernière ligne droite vers la réalisation et les derniers détails du projet.

«Je suis très content que nous soyons rendus à l’étape de la réalisation du projet. Il y a énormément de travail qui s’est fait ces dernières années pour garder le projet en vie. C’est un projet communautaire, porteur d’avenir pour nos populations, axé sur le développement durable, qui nous permettra de bénéficier des retombées économiques des richesses naturelles de notre territoire», a lancé d’entrée de jeu le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

Les membres de la Société en commandite Manouane Sipi seront appuyés par les représentants de Kruger Énergie dans les prochaines étapes du projet. Kruger Énergie agira comme consultants et gestionnaires de projet.

«C’est très emballant de faire un projet hydroélectrique dans la région, c’est un beau défi», a affirmé Gilles Côté, directeur développement durable chez Kruger Énergie.

Dans les prochaines semaines et les prochains mois, il y aura plusieurs étapes dont la finalisation des études et des consultations environnementales. Suivront l’octroi des contrats vers l’automne 2021 et la phase de construction qui devrait débuter à l’été 2022.

«Ça pourrait être plus tôt si certaines étapes sont franchies plus rapidement», a noté M. Côté.

La construction de cette minicentrale nécessitera des investissements évalués à 100 millions $. Chacun des partenaires investira un maximum de 8 millions $. Les gestionnaires de projet ont reçu le mandat de compléter le montage financier.

«Au niveau des deux communautés, le financement est limité à 8 millions de dollars on ne peut pas aller plus loin, c’est clair et net […] S’il y a des dépassements de coûts, ça va être le financement privé à l’intérieur de ça qui pourrait l’assumer», a indiqué Marco Lethiecq, directeur général de la Ville de La Tuque.

Une fois les frais payés, le projet permettra à la communauté atikamekw de Wemotaci et à la Ville de La Tuque de recevoir chacune des revenus évalués à 60 millions $ sur une période de 40 ans.

«On va toujours vers la taxation, les subventions, on est toujours en train de quémander. Ce projet-là nous amène à une certaine petite autonomie, je dis bien petite. […] On parle d’une entrée d’air frais qu’on pourra disposer à notre guise. Le virage qu’on veut faire prendre à ce nouvel argent, c’est d’avoir un mécanisme de paiement de la dette et avoir des projets structurants», a noté le maire de La Tuque.

L’échéancier pour les étapes importantes du projet Manouane Sipi a été dévoilé, jeudi.

À Wemotaci, on pense que le projet va être porteur d’avenir pour les générations futures de la communauté.

«Plus de 67% des gens de la communauté de Wemotaci est âgé de 35 ans et moins. On va pouvoir partir des formations pour que nos gens puissent travailler. […] Ça va être important pour la communauté, il va y avoir du travail et d’autres opportunités de démarrage d’entreprises», a commenté François Neashit, chef de la communauté de Wemotaci.

«C’est dans les objectifs du Conseil des Atikamekws de Wemotaci de développer les richesses qui se trouvent sur le territoire ancestral des gens de Wemotaci. Avec l’accord des chefs de territoire de notre communauté, nous allons de l’avant avec le projet Manouane Sipi», a-t-il ajouté.

Les membres du conseil d’administration de la Société en commandite ont signé un contrat d’achat avec Hydro-Québec le 15 février dernier dans lequel ils s’engagent à livrer de l’électricité à la société d’État au plus tard en 2024. Cette signature a permis de consolider les assises du projet.

La minicentrale sera située dans le complexe Manouane, à une centaine de kilomètres à l’ouest du centre-ville de La Tuque à vol d’oiseau et à une quarantaine de km au sud du village de Wemotaci à vol d’oiseau.

Elle aura deux groupes de turbines-alternateurs qui produiront 22 mégawatts. La centrale produira plus de 100 000 MWh par an, soit suffisamment d’énergie pour alimenter environ 5000 résidences. À titre comparatif, cette minicentrale sera trois fois plus petite que la centrale Chute-Allard exploitée par Hydro-Québec en Haute-Mauricie.

Les premières estimations prévoient qu’il faudra 200 travailleurs pour réaliser la construction de la minicentrale en période de pointe. Une fois en marche, la Société en commandite prévoit employer entre 5 et 10 personnes pour assurer la production de la centrale en incluant les emplois saisonniers.

«C’est pour demain le projet, les gens doivent comprendre qu’on va faire appel à des contracteurs, à des entrepreneurs… Il y a tout l’approvisionnement aussi. Il va falloir loger ces gens-là. […] Ça va faire bouger le milieu de l’éducation, le milieu économique, et il va falloir recevoir les travailleurs», soutient Pierre-David Tremblay.

Les citoyens qui ont des questions par rapport à ce projet de minicentrale peuvent dès maintenant utiliser la ligne téléphonique sans frais 1 866 962-8248 pour obtenir des réponses. Au cours des prochains mois, un site Web dédié exclusivement au projet sera créé pour informer les gens concernés.

D’ailleurs, les différents acteurs impliqués n’ont pas manqué de souligner que l’acceptabilité sociale est très importante dans le projet.

La minicentrale sera située dans le complexe Manouane, à une centaine de km à l’ouest du centre-ville de La Tuque et à une quarantaine de km au sud du village de Wemotaci à vol d’oiseau.

Rappelons que les deux communautés rêvent de cette minicentrale depuis longtemps. Ce sont les gens de Wemotaci qui en ont eu l’idée en 2006, avant que le projet puisse être déposé conjointement dans le cadre d’un appel d’offres d’Hydro-Québec en 2009.