Luc Gélinas, Martial Bilodeau et Claude Rousseau fils ont tenu à bout de bras Électro-Mauricie depuis près de cinq ans. Ils se réjouissent de constater que leur persévérance permettra à la région de devenir une antenne du pôle d’excellence de l’industrie des systèmes électroniques du Québec.

Électro-Mauricie se joint à l’ISÉQ

Shawinigan — Moins de cinq ans après sa création, Électro-Mauricie s’apprête à intégrer le pôle d’excellence de l’industrie des systèmes électroniques du Québec (ISÉQ), ce qui permettra à Shawinigan d’hériter de l’une des directions régionales qui seront mises en place. Cette nouvelle étape devrait contribuer au rayonnement d’un secteur qui souffre, lui aussi, d’une pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

La création d’Électro-Mauricie avait été annoncée en octobre 2014. Il s’agissait d’un regroupement de 17 entreprises de Shawinigan œuvrant dans le milieu électronique et électromécanique, qui emploient un millier de personnes dans la région. Ces joueurs avaient décidé de s’unir pour relever divers défis, dont la formation du personnel, le recrutement de la main-d’oeuvre, la reconnaissance dans le milieu et la commercialisation des produits.

Faute de moyens et de rayonnement, ces ambitions n’étaient pas faciles à rencontrer. Sans soutien financier des différents paliers de gouvernement, Électro-Mauricie a essentiellement survécu grâce aux contributions financières de ses membres. Souhaitée à ses débuts, l’embauche d’un coordonnateur ne s’est finalement jamais matérialisée. De fil en aiguille, il est apparu évident que le regroupement bénéficierait d’une association avec d’autres organisations semblables pour former un mouvement provincial.

En avril 2018, le gouvernement annonçait la création du pôle d’excellence de l’industrie des systèmes électroniques du Québec, à Bromont. Électro-Mauricie et d’autres regroupements similaires se joindront à cette structure, leur donnant ainsi les moyens de leurs ambitions.

«Nous avions la vision de donner une reconnaissance à Shawinigan sur l’importance du secteur électronique et électromécanique», explique Luc Gélinas, initiateur d’Électro-Mauricie. «Nous avons amorcé des pourparlers avec d’autres régions, qui avaient aussi des associations. Rapidement, nous avons convenu qu’il fallait une vision plus provinciale, plutôt qu’être marginal dans notre coin. De toute manière, les défis sont les mêmes partout, dans notre secteur.»

Dans ce contexte, les responsables d’Électro-Mauricie n’estiment pas qu’ils perdent un regroupement régional, mais plutôt qu’ils joignent un pôle d’excellence provincial qui leur permettra d’atteindre leurs objectifs initiaux. Par exemple, ils s’attendent à ce qu’un coordonnateur régional soit enfin embauché et que ses bureaux seront sans doute situés au Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins de Shawinigan. Son territoire englobera non seulement la Mauricie, mais aussi le Centre-du-Québec.

Les trois autres regroupements comparables à Montréal, Québec et Sherbrooke ont suivi la même voie, à la demande du gouvernement provincial, indique Martial Bilodeau, qui a aussi donné du temps à Électro-Mauricie au cours des dernières années.

«Pour nous, c’est mission accomplie», témoigne M. Gélinas. «À partir de notre regroupement régional, nous avons réussi à positionner Shawinigan parmi l’un des quatre pôles en électronique et en électromécanique au Québec.»

Un conseil d’administration provincial vient d’être formé et Claude Rousseau fils (HDI Technologies) y siège. Il fait également partie des membres fondateurs d’Électro-Mauricie. Éric Lussier (Kongsberg Automotive) intègre aussi le nouveau conseil d’administration du pôle d’excellence de l’ISÉQ.

Bilan

Même avec peu de moyens, Électro-Mauricie est parvenue à quelques belles réalisations, notamment avec l’appui de David Marcouiller, conseiller, industrie et projets spéciaux au Service de développement économique de la Ville de Shawinigan. Des déjeuners-causeries ont été organisés pour favoriser le réseautage. Surtout, la création d’un cours de 300 heures d’assembleur en électronique et électromécanique au Carrefour formation Mauricie, avec la collaboration d’Emploi-Québec, a permis de soutenir des entreprises en perpétuelle recherche de main-d’œuvre.

«C’est spécifique à notre domaine», explique M. Rousseau. «Les gens sont vraiment bien préparés pour travailler en usine. Qu’ils se retrouvent chez Synapse, chez Kongsberg ou chez HDI, ils possèdent une base et ils savent quoi faire.»

«Le recrutement est toujours difficile», admet toutefois M. Gélinas, directeur général et fondateur de Synapse électronique. «Régulièrement, nous embauchons des stagiaires, qui deviennent souvent permanents. La formation amène de l’efficience.»

Chez HDI également, M. Rousseau croit que la majorité des stagiaires finissent par être embauchés.

«Souvent, la personne fait un petit bout chez Synapse, ensuite chez Kongsberg et chez nous et après, ils choisissent où ils veulent aller», observe-t-il. «Tout le monde est en processus d’embauche!»

M. Bilodeau, ex-employé de Kongsberg Automotive et maintenant chez Synapse, considère que le principal avantage de ce cours est de réduire considérablement le temps de formation en entreprise.

«Ils arrivent et ils ont environ 50% du chemin qui est fait», corrobore M. Gélinas.