Robert Plourde, enseignant à l’école depuis 38 ans.

École nationale d'horlogerie: «Un vieux métier d’avenir»

TROIS-RIVIÈRES — Quand l’École nationale d’horlogerie de Trois-Rivières — la seule à offrir une formation du genre au Canada — ouvrira ses portes au public le 2 février, c’est à une visite intemporelle que l’on pourra avoir droit.

Robert Plourde, enseignant à l’école depuis 38 ans, explique que sa discipline traite d’horlogerie traditionnelle comme elle s’occupe de micromécanique, de serrurerie bancaire à minuterie ou de maintenance de tableaux de bord d’avion. «Un vieux métier d’avenir», blague-t-il.

Depuis que les écoles de Montréal et de Toronto ont fermé leurs portes, Trois-Rivières a l’exclusivité de la formation des horlogers au pays. L’institution trifluvienne a vu le jour en 1946. On cherchait alors à instruire les vétérans qui revenaient du front, souvent avec un membre en moins.

Aujourd’hui on vient parfois de loin pour suivre la formation spécialisée qui y est offerte. S’il n’est pas rare de voir des Ontariens s’établir ici le temps de l’obtention de leur diplôme, on en a aussi vu débarquer du Pérou, de Hong Kong ou des Seychelles. La réputation de l’école ne connaît pas les frontières, semble-t-il.

Les ateliers de l’institution témoignent du caractère éclectique et intemporel du métier. Les mécanismes d’horloges antiques jonchent les tables sur lesquelles trônent également des ordinateurs — des Mac de dernière génération. Petits outils, loupes et iPad sont mis au service des projets de restauration sur lesquels planchent les étudiants. «Tu as le chapeau de l’horloger traditionnel et tu as le chapeau de l’horloger électronicien», illustre M. Plourde, en soulignant qu’il n’est pas rare d’avoir à enfiler les deux au cours d’un même projet.

Une des particularités de l’école est la formule d’enseignement individuel qui y est donnée. Il faut dire que les cohortes sont peu nombreuses. En tout et partout, c’est environ 15 à 20 étudiants qui fréquentent l’école à tout moment donné. Un contingent qui favorise la proximité. Robert Plourde et Claude Bédard, seuls enseignants à temps plein que compte l’institution, parlent d’ailleurs plus volontiers de famille que de cohorte. Pour soutenir leurs propos, on apprendra bientôt qu’ils sont appuyés dans leur tâche par Jocelyne Bédard, la sœur de l’autre. Et que quand Robert est entré à l’école, c’était pour y rejoindre un certain Michel Plourde... son père.

L’ambiance générale du premier atelier, dédié à la réparation des montres, laisse supposer un métier qui nécessite une grande concentration — tous ont une loupe à l’œil et sont penchés sur des micromécanismes. Or, les discussions et les blagues circulent d’une table à l’autre. La camaraderie est palpable.

Dans la salle des horloges, l’échelle est différente. Les pièces sont plus grosses. Les ressorts et les engrenages, posés ici et là, ont facilement la taille d’une main. Lors de notre passage, Étienne Royer, un étudiant qui a troqué la finance pour l’horlogerie, s’affairait à réusiner un plateau de métal provenant d’une horloge grand-père. Il confie préférer les montres. «La façon d’aller vers un problème et de le résoudre n’est pas la même», indique-t-il. On le croira sur parole.

La taille des cohortes si elle a ses charmes a aussi failli causer la perte de l’école il y a quelques années. Le ministère de l’Éducation s’expliquait mal le faible nombre d’inscriptions que générait le programme. Or, pour tout pointu qu’il soit, le milieu dont dépendent les spécialistes qui sortent de l’école chaque année s’est mobilisé pour sauver l’établissement. L’expertise est précieuse, nous dit-on.

Robert Plourde attribue aussi la survie de l’institution trifluvienne aux ententes qu’elle a su conclure avec des partenaires étrangers, dont de nombreux en Suisse, berceau de l’horlogerie.

La formation professionnelle que l’école dispense, 1800 heures de cours menant à l’obtention d’un diplôme d’études professionnelles (DEP), relève d’une pratique générale d’horloger-bijoutier. On pourra ensuite se spécialiser au profit d’une attestation professionnelle spécialisée (APS), un complément facultatif de 600 heures.

Quant aux perspectives d’emploi, M. Plourde fait valoir que le taux de placement avoisine les 100 %, pour peu que les nouveaux diplômés soient prêts à se déplacer.

Les portes ouvertes auront lieu le samedi 2 février de 11 h à 16 h. L’École nationale d’horlogerie est située au 946, rue Saint-Paul à Trois-Rivières.

Bel-Avenir et Qualitech ouvrent leurs portes

«On a un certain nombre d’années à travailler, c’est important d’y aller avec ce qui nous plaît», plaide Pierre Laliberté, directeur au Centre de formation professionnelle Bel-Avenir, en parlant des décisions entourant le choix d’une carrière. 

Le directeur s’exprime ainsi en marge de la journée porte ouverte que tiendront bientôt l’établissement qu’il dirige ainsi que le Centre de formation professionnelle Qualitech. Les deux institutions accueilleront le public au sein des cinq différentes écoles qu’elles regroupent afin de fournir de l’information sur la trentaine de programmes d’enseignement professionnel qui y sont offerts.

Si M. Laliberté déplore que la formation professionnelle ait longtemps été considérée comme «la voie de garage» de l’enseignement, il indique que les choses ont beaucoup changé. Il fait valoir qu’il n’est pas rare de voir des détenteurs de diplômes collégial ou universitaire au sein de ses cohortes. Des gens qui choisissent de se réorienter après avoir tâté le marché du travail, explique-t-il. Quant aux débouchés, il note que dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, les salaires dans le secteur professionnel peuvent être très compétitifs.

Enseignants et élèves accueilleront donc ceux qui désirent en apprendre davantage sur les programmes offerts à l’édifice D.L.S., à l’École d’alimentation et d’hôtellerie, à l’École nationale d’horlogerie, à l’édifice central de Qualitech de même qu’à l’École de l’automobile, le 2 février prochain, de 11 h à 16 h.