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La présidente de Cargair, Josée Prud’homme.
La présidente de Cargair, Josée Prud’homme.

École de pilotage Cargair: un rêve accessible à Trois-Rivières [VIDÉO]

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — «Il faut arrêter de penser que de devenir pilote, c’est pour des privilégiés ou des cadets de l’armée. Chaque homme ou femme qui a le goût de devenir pilote, c’est accessible.»

Et ce rêve est d’autant plus à portée de main, selon la présidente de Cargair, Josée Prud’homme, que son école de pilotage est présente à Trois-Rivières depuis 2014 en plus d’être associée avec le Collège Laflèche afin d’offrir une attestation d’études collégiales en pilotage d’aéronefs.

Forte d’une flotte de 65 avions, sept simulateurs de vol et d’une équipe de 170 employés, Cargair est l’une des plus grandes écoles de pilotage privées au Canada et la plus importante au Québec avec ses quatre établissements d’enseignement à Saint-Hubert, Mirabel, Saint-Honoré et Trois-Rivières et ses 400 étudiants actifs.

Avec sa filiale Max Aviation, l’entreprise est un leader dans le nolisement d’avion pour une clientèle corporative et gouvernementale qui opère des turbopropulsés de neuf passagers à partir de Saint-Hubert, Dorval, Amos et Sept-Îles.

«Notre taux de placement avoisine 100 % puisque nos étudiants qui souhaitent trouver un emploi deviennent nos répartiteurs de vol et nos préposés sur la rampe alors que nos diplômés deviennent nos instructeurs de vol, nos professeurs théoriques et nos pilotes chez Max Aviation», souligne-t-elle.

Cette gestionnaire et avocate a succédé à son père en 2007 comme présidente et propriétaire. D’ailleurs, l’entreprise en est à la troisième génération dans la famille Prud’homme.

Car la compagnie Cargair est une entreprise familiale oeuvrant dans l’aviation au Québec depuis 1961. «Nous fêterons ainsi nos 60 ans d’existence en juillet prochain», fait-elle savoir fièrement.

D’abord transporteur aérien de brousse et pourvoyeur en chasse et pêche au nord du Québec, une pénurie de pilotes motive le président de l’époque, O. Guy Prud’homme, à acquérir une première école de pilotage à Joliette en 1988. Des acquisitions subséquentes ont mené l’entreprise à s’étendre au sud et devenir propriétaire de Max Aviation, une entreprise de nolisement aérien basée à Saint-Hubert.

Cargair a vécu une très forte croissance en 2006 lorsqu’elle est devenue la 12e école dans le monde et la seule au Québec à être accréditée par le ministère des transports chinois pour former les pilotes des grandes compagnies aériennes chinoises. Elle devenait du même coup la première école au Québec à offrir la licence de pilote de ligne intégrée de Transports Canada.

Huit ans plus tard, son atterrissage à Trois-Rivières se fait d’abord dans les locaux d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières avant qu’une expansion ne nécessite son déménagement dans les anciens locaux de Nadeau Air Service, à l’aéroport trifluvien.

Et afin de mieux préparer les gradués au marché du travail, l’Attestation d’études collégiales offerte avec le Collège Laflèche incorporait, dit-elle, tous les atouts nécessaires pour devenir pilote commercial avec la licence de pilote de ligne intégrée de Transports Canada.

«En raison de notre notoriété à l’international, beaucoup d’étudiants étrangers viennent s’installer à Trois-Rivières pour y suivre une formation de pilote. Souvent, les citoyens de Trois-Rivières ne soupçonnent pas l’ampleur des installations, la qualité des infrastructures et l’envergure des pistes et de l’aéroport», fait remarquer Mme Prud’homme.

Pourquoi quelqu’un voudrait-il devenir pilote alors que l’industrie aérospatiale ne connaît pas ses meilleurs jours en raison de la pandémie?

«Historiquement, l’aviation a toujours été un cycle. En 2001, quand les tours jumelles se sont effondrées et que l’aviation est tombée à zéro, si les gens qui faisaient leur cours avaient arrêté, ils ne seraient pas chez Air Canada aujourd’hui, 20 ans plus tard», fait-elle valoir.

«Avant d’être prêt à travailler vraiment dans une compagnie aérienne, il y a un deux ans que ça prend quand tu commences à zéro. C’est le temps de commencer parce que quand le boom va revenir, vous allez être prêts», renchérit celle qui prévoit une nouvelle cohorte dès le 1er avril prochain, même si son école s’adapte à la demande tout au long de l’année.

Finalement, cette dernière rappelle que «tous les gens ont des fourmis dans les jambes en ce moment». «On a tous le goût de voyager. Et il ne faut pas oublier que cette pandémie-là va avoir amené des pilotes à la retraite alors que nous étions déjà en pénurie de main-d’oeuvre chronique», conclut-elle, histoire de démontrer le besoin de relève et la pertinence de la formation d’un an et demi offerte à Trois-Rivières, à laquelle on peut s’inscrire via le site de Cargair ou du Collège Laflèche.

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Cargair en chiffres

1961: fondation

2014: arrivée à Trois-Rivières

3: génération de propriétaires