Du progrès, mais encore du chemin à faire

TROIS-RIVIÈRES — La réforme de la Loi sur les normes du travail contient des aspects positifs, mais il reste encore du travail à faire pour la moderniser réellement, soutient le Front de défense des non-syndiqués.

La disparité de traitement entre employés effectuant des tâches comparables est un point qui a longtemps fait tiquer ce regroupement. Les modifications à la loi satisfont Anne-Marie Tardif, porte-parole régionale du FDNS.

«C’est surtout au niveau du statut d’emploi où il n’y aura plus de disparité. On est content que les agences de placement soient mieux encadrées. Elles devront avoir un permis pour pouvoir exercer. C’est rassurant pour nous.»

Pour ce qui est des 10 jours de congé sans salaire pour cause de maladie, d’obligation familiale ou parentale, la réforme prévoit que deux de ces journées seront dorénavant payées.

«Deux jours, avec la réalité d’aujourd’hui, c’est minime, croit Mme Tardif. Mais par contre, c’est un départ.»

Si la troisième semaine de vacances acquise après trois ans et non plus cinq ans d’ancienneté est considérée comme une avancée, le FDNS estime que cette mesure touchera une minorité de travailleurs. Ceux-ci ne sont pas nombreux à accumuler trois ans d’ancienneté en raison notamment de certains emplois précaires.

La possibilité offerte à un travailleur de refuser de faire plus de deux heures supplémentaires au lieu de quatre est une bonne nouvelle au même titre que l’inclusion du harcèlement sexuel comme objet de plainte qui s’inscrit dans le harcèlement psychologique.

«Le gouvernement a aussi dit qu’un travailleur peut refuser de travailler s’il ne connaît pas son horaire de travail cinq jours à l’avance. On se questionne comment ça va être vu. On pense que ce sera mal vu par l’employeur et on pense qu’il pourra y avoir des représailles. Ce serait avantageux pour l’employé si l’employeur devait remettre son horaire cinq jours à l’avance», estime la porte-parole régionale.