Alexis Doucet est le directeur général de Shalwin.

Du covoiturage sur le bras de Shalwin

SHAWINIGAN — Face à la pénurie de main-d’œuvre, les entreprises de la région rivalisent d’idées et de conditions de travail pour attirer et retenir du personnel. Le remboursement des frais de transport à un employé effectuant du covoiturage avec des collègues est un des moyens mis de l’avant par Shalwin. La compagnie, qui prendrait 30 employés de plus à court terme, investit entre 15 000 $ et 20 000 $ annuellement pour ce service.

La compagnie spécialisée dans la fabrication de portes et fenêtres, qui fait face à une forte demande de ses produits, rassemble quelque 140 travailleurs, dont 90 à son usine et au service administratif. En moyenne, quatre équipes de quatre travailleurs utilisent ce procédé pour se véhiculer (deux équipes profitent de ce service actuellement). Les passagers profitent gratuitement du covoiturage, alors que la compagnie offre au conducteur une allocation pour le kilométrage, à condition qu’au moins trois personnes se trouvent dans le véhicule.

Cette initiative a été lancée en 2018. Selon Alexis Doucet, les sommes consacrées par l’entreprise à ce service valent le coup.

«C’est un investissement!, lance le directeur général de l’entreprise. La vitrerie n’est pas enseignée à l’école. Il y a beaucoup de normes. Pour former un employé en usine, c’est trois ou quatre mois. Pour un employé de bureau, c’est un an avant qu’il soit fonctionnel. Et ça prend deux ans pour un chargé de projet. Cette mesure aide à attirer des gens. Quand on fait des salons carrière, on en parle. On parle de ça dans les publicités, dans les journées portes ouvertes.»

Le besoin de personnel est bien réel à l’usine Shalwin.

Selon M. Doucet, Shalwin refuse de la clientèle depuis trois ans. Ce refus représente au moins 50 % du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise.

«On a beaucoup de difficulté à recruter du personnel. On a fait des missions économiques au Pérou, en France, on a des ententes avec les écoles de métiers. Environ 30 de nos employés font du temps supplémentaire chaque semaine. Il faut vivre avec la réalité d’aujourd’hui.»

Shalwin avait songé à offrir le service de transport à ses employés par le biais d’une fourgonnette. L’idée a toutefois été rejetée devant l’obligation d’acheter un véhicule et d’embaucher un chauffeur et devant la plus longue durée des transports. La responsabilité de former les équipes incombe aux travailleurs.

«Les gens adorent ça. Le coût d’entretien d’un véhicule est de 5000 $ à 10 000 $ par année. Pour un employé, c’est une économie supplémentaire. Et on enlève des véhicules sur la route», ajoute M. Doucet, en mentionnant qu’une prime de référencement, un régime d’épargne collectif et une assurance collective sont au nombre des avantages offerts.

Shalwin est à la recherche notamment de cinq monteurs-mécaniciens-vitriers, de deux chargés de projet, de quatre ou cinq assembleurs, d’un ingénieur industriel et d’un technicien à la paye.