Éric Bouchard, vice-président exécutif du Groupe Rémabec et André Pichette, expert en chimie des produits naturels et professeur à UQAC, ont dévoilé le caractère novateur de l’eau de bouleau et la nouvelle gamme de produits.

Du bouleau à la peau: Rémabec récupère et valorise l’eau de bouleau de ses opérations chez Industries John Lewis

La Tuque — Une dizaine d’années de travail acharné et de recherches sur l’eau de bouleau blanc ont permis de démontrer les propriétés cosmétiques innovantes de cette «eau cellulaire végétale». L’eau de bouleau est récoltée lors du déroulage de la bille de bois chez les Industries John Lewis à La Tuque. Le laboratoire Boréaderme a développé une formule afin de créer la gamme de soins pour la peau Bétula qui a été lancée, jeudi. Les travaux de recherche se poursuivront afin de caractériser les propriétés pharmacologiques de l’eau de bouleau blanc.

«Depuis 2015, on fait des travaux de recherche appliquée à l’intérieur de l’eau de bouleau et on a trouvé des vertus très intéressantes au niveau de la cosmétologie. On a un partenaire de recherche qui a décidé d’utiliser notre eau de bouleau avec nos extraits enrichis qui sont super puissants. C’est la première gamme de produits issus de l’eau de bouleau. C’est une grande fierté pour nous présentement. C’est un produit vert, issu de la forêt», affirme Éric Bouchard, vice-président exécutif du Groupe Rémabec qui est propriétaire des Industries John Lewis.

Les travaux de recherche et de développement ont permis de démontrer des propriétés anti-âge, un fort pouvoir antioxydant et un effet protecteur sur les cellules de la peau.

«Ça protège autant les cellules de la peau par l’intérieur que par l’extérieur. C’est assez exceptionnel. Ça stimule également la production de collagène et il y a aussi des propriétés anti-inflammatoires à l’intérieur de ça. C’est un produit haut de gamme», souligne M. Bouchard.

Ce dernier assure que ces propriétés représentent un grand potentiel dans le secteur de la cosmétologie.

«Les recherches ont suffisamment bien été pour qu’on s’assoie avec notre partenaire et qu’on envisage de développer des produits cosmétiques finaux. C’est une démonstration très forte du potentiel d’utilisation de l’eau de bouleau dans ce secteur-là», soutien André Pichette, expert en chimie des produits naturels et professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

On soutient également que l’eau de déroulage de bouleau blanc joue un rôle contre la pollution externe et les stress environnementaux comme les infrarouges, les UV et polluants chimiques.

C’est en travaillant en collaboration avec les chercheurs de l’UQAC qu’on a réussi à démontrer les propriétés de l’eau de bouleau.

«Composée de nombreuses molécules très actives, l’eau de bouleau s’avère hautement efficace et montre des propriétés cosmétologiques inédites», a fait savoir André Pichette.

On insiste également sur le fait que l’eau est extraite localement dans une usine de La Tuque, qu’il s’agit de bois de la forêt mauricienne et que les produits sont développés par une entreprise de Saguenay.

Pour le Groupe Rémabec, le lancement de cette gamme de produits n’est qu’un début pour l’eau de bouleau. On espère attirer l’attention des grandes entreprises «soucieuses de l’aspect naturel ou vert» comme Lise Watier, Caudalie, G.M. Collin ou L’Oréal Paris.

Quatre produits unisexes ont été présentés, une crème de jour, une crème de nuit, un sérum et un lait corporel.

«Tout est fait de façon «micro» en laboratoire. Le premier défi qu’on a, c’est d’amener ça à un niveau plus élevé pour être capable de traiter l’ensemble de l’eau de bouleau qu’on a, afin de rendre des produits disponibles pour les grandes compagnies de produits cosmétiques», explique Éric Bouchard.

Recueillir l’eau de bouleau n’est pas aussi simple que de faire une entaille dans un arbre. C’est dans le déroulage que l’eau de bouleau prend toutes ses vertus.

«C’est dans la façon qu’on travaille le bouleau qu’on obtient cet extrait super puissant», assure M. Bouchard.

On estime être en mesure de récolter une grande quantité d’eau de bouleau. Actuellement, l’équipe du Groupe Rémabec est en mode solution afin de pouvoir traiter l’eau de bouleau à une échelle industrielle tout en conservant ses priorités.

Il a aussi fallu peaufiner la façon de récolter qui était plutôt artisanale lors des premiers essais.

«Quand on a fait nos investissements, on a fait une modernisation au niveau de nos dérouleuses et on a intégré un système de succion à l’intérieur pour retirer cette sève-là», relate le vice-président exécutif du Groupe Rémabec.

«La quantité pour moi n’est pas ce qui est le plus important, c’est la qualité», ajoute-t-il.

Poursuivre les recherches

Le Groupe Rémabec veut également pousser les recherches encore plus loin. On souhaite caractériser les propriétés pharmacologiques.

«Il y a plusieurs ingrédients à l’intérieur de notre eau qu’on n’a pas encore identifiés qui sont actifs. On ne les connaît pas encore, mais on pense, avec ce qu’on a trouvé, être en mesure de percer le domaine pharmacologique éventuellement. Il faut plus de recherche», affirme M. Bouchard.

De l’eau de bouleau aux bâtonnets destinés à l’industrie alimentaire, chez Industrie John Lewis on mise sur le «bon bois, bonne usine, bon usage».

«Nous nous efforçons de valoriser tous les résidus, que ce soit l’écorce, les résidus de bois et le bran de scie. Maintenant, nous innovons en valorisant même l’eau de bouleau résiduelle», insiste Éric Bouchard.

La nouvelle gamme de produits Betula sera disponible chez GPSanté à La Tuque.