Après avoir été surpris plus tôt cette semaine par l'imposition de droits compensatoires préliminaires de près de 220 %, Bombardier se dit prêt à faire l'objet de droits antidumpin «absurdes».

Droits antidumping américains: Bombardier se dit prête pour l'annonce

Bombardier ne serait pas étonnée de voir le département américain du Commerce lui imposer, la semaine prochaine, de nouveaux tarifs pour ses avions CSeries.
Après avoir été surpris plus tôt cette semaine par l'imposition de droits compensatoires préliminaires de près de 220 %, l'avionneur montréalais se dit prêt à faire l'objet de droits antidumpin «absurdes».
Le gouvernement américain doit annoncer mercredi prochain sa décision préliminaire sur les prêts antidumping réclamés par son concurrent Boeing.
Selon le responsable des ventes d'avions commerciaux de Bombardier, Colin Bole, les droits exorbitants n'ont aucun sens et la société a bon espoir de les voir renversés dans les décisions finales du département du Commerce, plus tard cette année.
Les campagnes de vente de Bombardier ne souffrent pas de la décision sur les droits, assure-t-il, et la société s'attend toujours à pouvoir annoncer de nouvelles commandes d'ici la fin de l'année.
Le chef de la direction du transporteur Air Canada, Calin Rovinescu, a offert son appui à l'avionneur, en indiquant, lors d'un discours devant la Chambre de commerce de Montréal, qu'il avait jugé «troublante» la décision de mardi sur les droits compensatoires.
La plus grande ligne aérienne au pays a commandé 45 appareils CSeries avec des options pour en acheter 30 de plus.
Le premier ministre Philippe Couillard se défend de fragiliser des emplois qui dépendent de Boeing en exhortant Ottawa à prôner la ligne dure contre le géant américain, qui est au coeur d'un litige commercial avec Bombardier.
Ses commentaires des derniers jours visant l'avionneur américain ont eu des ramifications jusqu'au Manitoba, où le premier ministre Brian Pallister et le maire de Winnipeg, Brian Bowman, ont jugé que la réaction de M. Couillard avait été exagérée. Boeing possède à Winnipeg une installation de 1400 employés - le plus grand centre aéronautique de l'Ouest canadien et le troisième plus grand au pays, selon le maire de la ville.
En s'adressant à des centaines d'employés de Bombardier réunis dans un hangar des installations de Mirabel - où sont assemblés les CSeries -, le premier ministre a répété que «pas un boulon, pas une pièce, pas un avion [de chasse Super Hornet]» de Boeing ne doivent, à compter de maintenant, être achetés par le Canada, tant que ce litige ne sera pas réglé.