Le représentant des syndiqués de l’ABI, Éric Drolet, a bien accueilli ce don de la part des dirigeants syndicaux William Lauzière et Mike McMahon.

Don de 1000 $ par semaine aux syndiqués de l'ABI

Bécancour — Six semaines après le début du lock-out à l’Aluminerie de Bécancour, la solidarité envers le millier de travailleurs touchés ne s’essouffle pas. Mardi, ce sont les représentants des 400 syndiqués métallos de l’usine de fabrication d’autobus Micro Bird à Drummondville qui ont annoncé une contribution de 1000 dollars par semaine pour soutenir les employés de l’ABI en plus de remettre un chèque de 3000 dollars.

«C’est une première pour notre unité syndicale de contribuer ainsi pour soutenir des confrères et consœurs dans un conflit. C’est un geste important pour nous. Nous avons compris que l’employeur souhaite remettre en question l’ancienneté. C’est inadmissible, le respect de l’ancienneté fait partie de nos bases syndicales», a fait valoir le président de l’unité syndicale représentant les Métallos de Micro Bird (SL 9599), William Lauzière.

Dans les dernières négociations qui ont mené à un contrat de travail il y a quelques mois seulement, le respect de l’ancienneté figurait d’ailleurs parmi les enjeux abordés.

«Nous nous sommes battus nous aussi dans notre dernière convention pour assurer le respect de l’ancienneté dans l’attribution des postes. C’était important de répondre présent pour soutenir les lockoutés d’ABI. C’est la première fois qu’on aide, mais si d’autres sections locales en ont besoin, nous serons là. C’est en se tenant les coudes serrés qu’on peut protéger nos conditions de travail et progresser», confie-t-il. «Lâchez pas, on va rester solidaire. Allez-y jusqu’au bout», leur a-t-il laissé comme message..

Un employé-cadre a été escorté par des agents de sécurité de l’ABI sur la ligne de piquetage.

Le don a été bien reçu par les lockoutés. «Toute la vague de solidarité aide à garder le moral des troupes très fort. Et il l’est, là-dessus il n’y a pas de doute. Les gens qui viennent nous voir nous apportent de l’argent pour soutenir notre lutte, c’est certain. Et l’argent, c’est le nerf de la guerre. Mais ils nous apportent aussi un message important, c’est que notre conflit, ce pour quoi nous nous battons, touche les syndiqués de partout», a commenté le membre de l’exécutif Éric Drolet, qui prenait le relais du président en séjour à l’extérieur pour aller expliquer le conflit aux syndicats affiliés de la FTQ.

Juste avant l’arrivée des syndiqués de Drummondville, la tension a monté sur la ligne de piquetage, des lockoutés ralentissant la sortie d’un employé-cadre en se plaçant devant le véhicule et en faisant du bruit. Celui-ci était entouré d’agents de sécurité embauchés par l’ABI pour lui faciliter la circulation.

Alors que le ralentissement se prolongeait, des policiers de la Sûreté du Québec ont été appelés sur les lieux. Sauf qu’à leur arrivée, la voie venait d’être dégagée.

On sait qu’en vertu d’une ordonnance de la cour, les travailleurs en lock-out ne peuvent empêcher les cadres et fournisseurs d’avoir libre accès à la propriété de façon prudente, d’y entrer et d’en sortir sans entrave et retard que ce soit.

Les policiers de la Sûreté du Québec ont été appelés à se rendre sur les lieux en raison du ralentissement d’un véhicule sur la ligne de piquetage.

Or, le porte-parole syndical n’a pas caché que l’attente relative à la reprise des négociations contribue à rendre les membres impatients. «On attend le téléphone du médiateur. Nous, on est prêt, on se prépare, on va être là fidèle au poste. Les gens se posent la question à savoir si la rencontre avec la ministre du côté patronal, c’est de la poudre aux yeux et qu’ils font juste gagner du temps. Et le ralentissement, c’est notre façon de se faire entendre», a conclu M. Drolet.