La nouvelle cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, lors de son passage au centre-ville de Trois-Rivières.
La nouvelle cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, lors de son passage au centre-ville de Trois-Rivières.

Dominique Anglade propose sa charte des régions: «Je veux faire sauter les verrous»

Marc Rochette
Marc Rochette
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Même si sa tournée de deux jours en Mauricie vise essentiellement le secteur du tourisme et de la culture, la nouvelle cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, n’hésite pas à promouvoir son projet de Charte des régions.

«Je veux faire sauter les verrous. Je veux travailler avec les gens sur le terrain pour trouver des options. Peut-on identifier cinq leviers qui vont vraiment être importants? On ne pourra pas tout faire», a-t-elle confié lundi au Nouvelliste, évoquant, entre autres, la foresterie et l’aérospatiale, ce dernier secteur souffrant à son avis de l’absence d’une offre de formation régionale.

D’ailleurs, outre son titre de cheffe de l’opposition officielle, elle n’a conservé que celui de responsable de la Charte des régions. «La Charte des régions, j’ai commencé à en parler quand j’étais candidate à la chefferie et je vais en parler tout le long. L’enjeu, ce n’est pas tant de dire: est-ce qu’on va donner plus d’argent, plus de moyens, mais qu’est-ce qui fait en sorte qu’on n’est pas capable de se développer de manière optimale?», explique celle qui veut mettre fin au mur-à-mur et adapter ses politiques aux réalités régionales.

Lundi, Mme Anglade a échangé avec des représentants du Festival de la galette de Louiseville, de la MRC de Maskinongé, du Grand Prix de Trois-Rivières et du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. Mardi, elle sera à Shawinigan pour y rencontrer notamment les dirigeants de Tourisme Mauricie.

«Ça ne nous empêche pas de toucher à l’agriculture et à l’éducation. Mais le défi, c’est de comprendre les impacts de la COVID, mais surtout quels projets de relance on est capable de proposer pour qu’ils soient capables de s’en sortir. Le tourisme et la culture sont des piliers qui ont été marqués de plein fouet», fait-elle remarquer.

Si les organismes consultés souhaitent des aides directes, la cheffe libérale détecte chez eux une inquiétude face à l’avenir. «Ils ont peur pour 2021, ils se rendent compte que l’achalandage n’est pas nécessairement au rendez-vous. Donc, il va falloir être très créatif pour 2021. Tout le monde essaie de se projeter et de dire: c’est quoi ça va avoir l’air», rapporte la députée de Saint-Henri-Sainte-Anne, par rapport au défi des organisations de se réinventer.

Selon Mme Anglade, l’internet haute vitesse reste un enjeu alors qu’elle avait annoncé des projets en ce sens dans l’ancien gouvernement libéral. «Il faut vraiment faire quelque chose. Les projets qu’on avait financés n’ont pas encore complètement abouti», déplore-t-elle.

Si l’innovation fait partie de ses priorités, la pénurie de main-d’oeuvre la préoccupe également. «Il manque de monde dans nos hôpitaux, les résidences pour aînés, les services à domicile, les écoles. Il faut qu’on arrête de penser que la solution va passer par le béton. La solution va passer par des investissements dans les individus», soutient la politicienne.

Si elle admet que le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et député de Trois-Rivières, Jean Boulet, a mis de l’avant des bonnes propositions durant la pandémie, «ça ne change pas l’orientation du gouvernement qui continue à avoir une obsession sur la construction pour relancer l’économie».

«Il n’y a pas de stratégie globale, on est à trois semaines de la rentrée scolaire, j’ai trois enfants qui vont retourner à l’école, je ne peux pas vous dire comment ça va se passer. Est-ce qu’il va y avoir un masque, pas de masque? Comment ça va se passer pour le lavage de mains, la récréation? Il faut qu’il soit capable d’anticiper, on n’a pas été capable d’anticiper la première crise», poursuit Dominique Anglade.

Et quand on lui souligne qu’elle foule une région entièrement caquiste, cette dernière réplique que la Mauricie «était libérale mur-à-mur».

«La Mauricie est une région extrêmement importante pour le Parti libéral du Québec. On avait des gens qui étaient très bien implantés ici pendant de nombreuses années. Les racines du Parti libéral sont profondes. On a compris le message des dernières élections. Ce qu’il va falloir qu’on fasse, c’est réellement proposé un projet de société qui réponde aux aspirations des gens de la région», a-t-elle conclu.