Les visites sur les pages Web d'hôtels et de motels ont considérablement baissé ces derniers temps, contrairement à celle des chalets, des campings et des pourvoiries.
Les visites sur les pages Web d'hôtels et de motels ont considérablement baissé ces derniers temps, contrairement à celle des chalets, des campings et des pourvoiries.

Difficile pour les hôtels de la région

TROIS-RIVIÈRES — Malgré leur récente réouverture et l’approche des vacances pour de nombreux travailleurs, l’arc-en-ciel ne rayonne pas nécessairement à l’intérieur des hôtels de la région, qui sont souvent oubliés au profit des campings et des chalets.

Actuellement, quand ils planifient leurs vacances, les Québécois tendent à choisir des établissements en plein air qui leur permettent non seulement de profiter de la nature, mais également de limiter leurs contacts avec autrui.

À titre indicatif, au cours des dernières semaines, la fréquence des visites sur les pages Web de campings québécois a augmenté de 63 % par rapport à l’an dernier. Quant aux chalets, c’est une augmentation de 54 % qui a été constatée. Enfin, les pourvoiries reçoivent 11 % plus de visiteurs en ligne qu’à l’été 2019. La seule statistique qui se veut à la baisse est au chapitre des hôtels et motels, qui enregistrent 20 % moins de visiteurs en ligne qu’il y a un an.

«Ces statistiques sur la fréquence de consultation des sites Internet résument parfaitement ce qui se passe à l’heure actuelle. Les plus défavorisés sont les milieux d’hébergement plus conventionnels. Puisque la plupart des gens ont choisi de dépenser de l’argent sur leur patio ou leur cour arrière, ils choisissent principalement de partir pour une escapade de quelques jours, au cours de laquelle ils ne dorment que très rarement à l’hôtel», a mentionné le président de Tourisme Mauricie et directeur du développement et du marketing des hôtels Marineau de Shawinigan, Mattawin et La Tuque, Donald Desrochers.

La crainte toujours présente

Le secteur hôtelier a entre autres de la difficulté à se sortir de cette crise en raison de la crainte qu’a générée l’apparition du virus au sein de la population, qui est toujours présente actuellement, et particulièrement dans les milieux d’hébergement.

«On dirait que les Québécois n’ont pas peur quand ils vont à l’épicerie ou encore au magasin, mais qu’ils se sentent moins en sécurité dans des endroits comme les restaurants ou les hôtels», a spécifié M. Desrochers.

Par contre, cette problématique demeure bien plus présente dans la région métropolitaine qu’à Trois-Rivières, où l’augmentation des cas de COVID-19 a ralenti considérablement au cours des dernières semaines. C’est du moins ce qu’a affirmé Charles Côté, directeur marketing du Groupe Robin, qui détient entre autres le Holiday Inn Express & suites de Trois-Rivières.

«De mes trois hôtels, situés à Vaudreuil, Saint-Hyacinthe et Trois-Rivières, c’est celui situé en Mauricie qui fonctionne le mieux en ce qui a trait au tourisme. On constate que les Trifluviens se sentent plus en sécurité que les personnes qui demeurent dans la région de Montréal», a-t-il indiqué.

Il n’en demeure pas moins que les prévisions de revenus qui avaient été effectuées par les propriétaires au coeur du confinement ont été largement dépassées. Ceux-ci s’attendaient à demeurer fermer bien plus longtemps et à avoir beaucoup plus de difficulté à attirer des visiteurs.

Réservations à la dernière minute

Par ailleurs, dans la plupart des milieux d’hébergements de la région, que ce soit ceux situés en ville ou en campagne, les réservations se font presque toutes à la dernière minute. Par moment, «les chambres peuvent être presque toutes vides, puis, trois ou quatre jours plus tard, plusieurs dizaines sont réservées», a expliqué Charles Côté.

Sans grande surprise, les fins de semaine, les hôtels constatent un taux d’occupation nettement plus élevé que la semaine. Cette situation est toutefois propice au changement avec l’arrivée des vacances pour de nombreux travailleurs.

Quelques miraculés

Certains établissements d’hébergement dressent tout de même un portrait relativement positif de la situation actuelle. C’est le cas de l’Auberge Godefroy, à Bécancour et de celle du Lac-Saint-Pierre, à Pointe-du-Lac. Celles-ci semblent demeurer attrayantes pour les Québécois malgré le contexte actuel.

«Avec la pandémie, on vit au jour le jour, mais ça va très bien. Ça dépasse largement nos attentes. Cette situation peut être expliquée par le fait que nous représentions déjà un endroit intéressant pour la clientèle québécoise. Nous n’avions pas concentré nos efforts sur la clientèle internationale», a souligné la vice-présidente et directrice générale de l’Auberge Godefroy, Marie-Ève Boisclair.

En plus de ces deux milieux, les hôtels ayant pu rester ouverts pendant le confinement ainsi que ceux qui ont une vocation corporative passent aussi plus facilement à travers cette crise.

De leur côté, les gîtes ont toujours autant de difficulté à joindre les deux bouts après avoir perdu la totalité de leur clientèle étrangère. Si bien que la propriétaire du gîte du Lac-à-la-Tortue, Jeanne Charbonneau, a tenu à réitérer sa volonté d’obtenir une aide financière du gouvernement.

«En ce moment, on est sur le respirateur artificiel. On aimerait donc que les instances gouvernementales acceptent de couvrir nos frais fixes, qu’il nous est difficile d’assumer en raison d’une baisse notable de l’achalandage», a-t-elle exprimé.