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Adam Jourdain, directeur du développement économique de Wemotaci, est accompagné de François Neashit, chef du Conseil des Atikamekw de Wemotaci.
Adam Jourdain, directeur du développement économique de Wemotaci, est accompagné de François Neashit, chef du Conseil des Atikamekw de Wemotaci.

Développement économique: Wemotaci en mode post-COVID

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
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La Tuque — «On veut participer à la relance économique du Québec et du Canada.» Le directeur général de la Corporation de développement économique Nikanik, Adam Jourdain, et les membres du comité d’experts ont présenté le plan de développement économique pour Wemotaci dans les trois prochaines années. Plus d’une douzaine de projets, plus d’une centaine d’emplois permanents, et des milliers de dollars en investissements: le plan est de grande envergure.

«C’est énormément de travail. C’est un plan très ambitieux, mais on est confiant qu’on va être capable de réaliser la majeure partie des projets qui sont dans le document […] Wemotaci est prête à participer à la grande relance économique», lance d’entrée de jeu Adam Jourdain.

«Notre calendrier est optimiste. On veut prendre le momentum du post-COVID pour aller de l’avant.»

Si la pandémie a freiné l’erre d’aller des acteurs économiques de la communauté de Wemotaci, elle n’aura pas réussi à neutraliser leurs grandes ambitions.

«On veut voir la communauté s’épanouir et créer de l’emploi. […] C’est 186 M$ de projets et 144 emplois permanents reliés à ces projets-là», affirme-t-il.

Le contexte entourant la COVID-19 aura aussi permis de constater qu’il manquait certains services dans la communauté qui figurent désormais dans le plan de développement, un garage de mécanique général par exemple.

«On s’est rendu compte au début de la pandémie, alors qu’on avait fermé la communauté, que plus le temps avançait plus les gens avait besoin de ce service. On s’est rendu compte qu’il nous manquait certains services. Un magasin général avec des vêtements, des outils, des bottes… C’est un autre exemple», explique M. Jourdain.

Le manque d’hébergement touristique s’est également confirmé durant les derniers mois validant ainsi, selon M. Jourdain, la pertinence du projet d’auberge. On souhaite créer un endroit accueillant de 21 chambres pour les touristes, travailleurs, etc. Une vingtaine d’emplois pourraient voir le jour.

«On pense que c’est un projet réalisable cette année», confirme le directeur général de la Corporation de développement économique Nikanik.

On trouve également dans la liste des projets la construction de la minicentrale hydroélectrique Manouane Sipi au coût de 122 millions de dollars, en collaboration avec la compagnie Kruger et la Ville de La Tuque.

«On fonde énormément d’espoir dans ce projet. […] C’est majeur comme projet, on parle de 200 emplois pour la construction.»

Un autre dossier, qui devrait être concret dès cette année, est celui de l’usine de transformation du bois. Le projet est évalué à plus de 3,5 millions de dollars et devrait permettre la création d’une dizaine d’emplois.

À lire aussi: Wemotaci: début de la construction d’une usine de transformation du bois

L’auberge pourrait voir le jour dans la communauté atikamekw de Wemotaci.

La Corporation Ninakik ne s’arrête pas là. On élabore également un projet visant à créer en usine des unités d’habitations préfabriquées et à faire l’acquisition d’actifs à l’extérieur de la communauté.

«Dans les dernières études effectuées, on s’est rendu compte que pour chaque dollar, 97 cents étaient dépensés à l’extérieur de la communauté, principalement à La Tuque. Alors on regarde pour investir dans certaines entreprises. Je pense que le timing est bon, la COVID a été difficile pour certains et on a des liquidités pour faire de l’investissement. On veut se créer un levier économique», assure Adam Jourdain.

Il y a également tous les projets à caractère communautaires et sociaux sur la planche à dessin. On parle notamment du développement, déjà en cours, d’une trentaine de lots pour la construction résidentielle qui pourrait venir soulager la pénurie de logements qui sévit selon Adam Jourdain.

Il y a aussi la construction d’un nouveau poste de police, d’une maison des aînés, d’un centre de pédiatrie sociale et d’un complexe sportif et culturel. Un complexe de 17,5 millions de dollars, incluant un aréna, une piscine semi-olympique et un centre multifonctionnel.

«On sait que ça va être un casse-tête financier, mais je pense qu’on peut rêver à ça», insiste-t-il.

D’ailleurs, pour financer tous ces projets, on ne se met pas la tête dans le sable. Il faudra du travail et même «cogner aux portes qu’on n’a pas l’habitude de cogner».

«Avec notre document officiel, on veut sécuriser de futurs investisseurs et montrer également que Wemotaci est très sérieuse dans son approche. Lorsqu’on fait des plans d’affaires, des plans d’action, c’est très sérieux comme démarche. On veut sécuriser tout le monde et démontrer notre sérieux et notre vouloir aussi de changer la tendance dans la communauté. On veut créer de la richesse, de la fierté et de l’espoir aussi pour les jeunes. On veut donner des opportunités d’emplois pour que les jeunes puissent revenir dans la communauté aussi.»

Il faut dire que près de 40% de la population de Wemotaci est âgé de 15 à 34 ans. Dans cette communauté de 2000 habitants, le taux d’emploi est de 37% et le principal employeur est le Conseil de bande. Le taux de chômage est très élevé et les jeunes sont les plus touchés.

On soutient d’ailleurs que la barrière principale à l’emploi est le niveau d’éducation alors que plus de 70% de la population en âge de travailler est sans diplôme d’études secondaire.

D’ailleurs, on veut s’occuper de former de la main-d’œuvre dans les prochains mois, afin d’être en mesure d’engager des gens de la communauté.

«Quand les formations sont données directement dans la communauté, comme le cours de charpentier-menuisier, c’est un succès monstre. Alors on veut répéter ce succès avec différentes formations», indique-t-il.

Nouveau défi pour Adam Jourdain

Adam Jourdain s’est joint à la Corporation en 2014. À ce moment, il avait le redressement de la communauté comme mandat. Il avait à cette époque environ 200 000 $ de projets de développement économique sur son bureau.

Le plan de redressement a fait place au plan de développement depuis et le directeur général de la Corporation en est très fier. C’est ainsi qu’il va laisser sa place au suivant, mais il ne sera pas très loin. Il va se joindre à la direction générale du Conseil des Atiakemeks de Wemotaci pour relever un nouveau défi.

«Le développement économique, c’est une passion pour moi. Je pense que je l’ai démontré […] Je pars sereinement de la Corporation ! J’ai donné mon 100%», a-t-il conclu.