On compte plus de 2000 résidences secondaires, seulement dans la MRC de Maskinongé.
On compte plus de 2000 résidences secondaires, seulement dans la MRC de Maskinongé.

Des villages moins peuplés cet été?

TROIS-RIVIÈRES — Alors que de nombreuses municipalités de la Mauricie voient leur population doubler, tripler, voire quadrupler l’été, le portrait risque d’être fort différent cette année. En raison des consignes de confinement et de la fermeture de plusieurs régions du Québec, de nombreux chalets vont probablement demeurer inhabités lors de la saison estivale, ce qui ne sera pas sans impacts sur les commerces qui profitent de la présence des villégiateurs.

La MRC de Mékinac fait partie des secteurs de la région qui reçoivent beaucoup de personnes venant profiter de leur chalet, l’été. Le préfet de la MRC, Bernard Thompson, a d’ailleurs adressé un message à la population, récemment, lui demandant de ne pas se rendre dans les chalets ou les maisons de villégiature.

«Nous comprenons très bien l’intérêt à venir se ressourcer dans les chalets, toutefois, le contexte ne s’y prête pas en période de confinement. Bien que le nombre de personnes infectées par la COVID-19 dans Mékinac soit relativement bas, il faut maintenir les efforts collectifs jusqu’ici consentis afin que l’épidémie ne se propage davantage», a-t-il demandé, dans un communiqué.

Si cette demande est entendue et respectée par les villégiateurs, cela veut toutefois dire que des entreprises qui comptent habituellement sur ces visiteurs pour vivre seront affectées.

«Il y a beaucoup d’entreprises touristiques sur notre territoire, alors on ne se cachera pas que ça aura énormément d’impacts. Les campeurs font vivre des épiceries quand ils viennent ici. L’impact économique que ça aura est dur à quantifier, mais ça va certainement se faire sentir», souligne M. Rheault.

La MRC dit par ailleurs être en communication avec les entreprises touristiques pour se faire une idée de l’ampleur des impacts qu’a le confinement sur elles.

2000 chalets

La MRC de Maskinongé est dans le même bateau que sa voisine de Mékinac. Elle invite aussi les villégiateurs à ne pas se rendre à leur chalet.

«C’est la norme si on veut que ça passe le plus rapidement possible. Pour être capables d’y arriver, on doit tous mettre la main à la pâte», soutient Karine St-Arnaud, coordonnatrice au développement touristique et culturel de la MRC.

En 2018, la MRC avait recensé 2046 résidences secondaires sur son territoire. C’est sans compter les nombreux visiteurs qui séjournent dans les campings et les établissements de villégiature comme la pourvoirie du Lac Blanc et l’hôtel Sacacomie, tous deux situés à Saint-Alexis-des-Monts.

«C’est difficile à chiffrer (les impacts). On est dans la gestion de l’incertitude: on ne sait pas quand les établissements vont rouvrir, on ne sait pas non plus quand les frontières vont rouvrir et quand la distanciation sociale va cesser», indique Mme St-Arnaud.

Mme St-Arnaud dit attendre les résultats d’un sondage mené par l’Alliance de l’industrie touristique du Québec auprès de ses membres pour avoir une idée de l’ampleur des dégâts. On a cependant une idée des pertes potentielles dans Maskinongé: en 2017, le tourisme représentait des retombées de l’ordre de près de 94 millions $. Environ 675 000 Québécois ont visité la MRC cette année-là.

«Chaque visiteur dépense en moyenne 200 $ en venant ici», précise Mme St-Arnaud.