Jacques Goulet, président de la Financière Sun Life au Canada, était de passage en terre natale le week-end dernier.

Des valeurs familiales qui mènent loin

SAWINIGAN — Attablés dans le commerce familial J.D Goulet sur la rue Lambert à Shawinigan, Jacques Goulet, président de la Financière Sun Life au Canada, et Pierre Goulet, son frère de 14 mois son aîné, se remémorent comment ils ont appris la valeur du travail dès leur plus jeune âge dans le commerce de plomberie familial.

«Te souviens-tu lorsqu’il y avait un camion qui arrivait avec des toilettes, des douches et des bains à débarquer? Papa nous criait, les gars, le camion est arrivé!», lance Jacques Goulet à son frère.

«Évidemment! Est-ce que tu te souviens comment papa aimait que le commerce soit propre? Nous devions passer l’aspirateur tous les matins», de répliquer Pierre Goulet en souriant.

C’est dans ce commerce, qui était situé sur la rue Saint-Marc à Shawinigan à l’origine, que Jacques Goulet et son frère ont appris à travailler avec cœur, à persévérer et à comprendre ce que signifie un bon service à la clientèle. Des valeurs bien ancrées qui ont mené Jacques Goulet, le cadet de la famille, au sommet de la Financière Sun Life Canada, à la tête de 8000 employés à travers le pays.

M. Goulet raconte que toute cette histoire a débuté alors qu’il était en 3e secondaire, à la polyvalente des Chutes. «Mon enseignante en mathématiques, Mme Lucie Tremblay m’a dit qu’avec la facilité que j’avais en mathématiques, je devrais être actuaire. Je ne savais pas vraiment ce que c’était et j’ai fait des recherches», précise-t-il. Il n’en fallait pas plus pour que le jeune garçon qu’il était se fixe un objectif.

Il a par la suite fait son entrée au Cégep de Shawinigan en sciences pures et tout comme son frère Pierre, il passait ses étés à travailler au commerce familial. «Mon père est un être extrêmement dévoué. Il a hérité du commerce de son père jeune, car mon grand-père est décédé prématurément. Pierre et moi, nous avons joué au hockey longtemps et mon père partageait son temps entre le commerce et nous. J’ai beaucoup appris», affirme M. Goulet.

Lorsqu’il fut le temps de sélectionner une université, Jacques Goulet a choisi Concordia. «Le seul problème, c’est que je ne parlais pas vraiment anglais», souligne-t-il. Pourtant, il y a été admis et à sa sortie, le jeune homme de Shawinigan maîtrisait parfaitement la langue de Shakespeare. Pendant ses études universitaires, il a fait quatre stages, dont deux chez Mercer à Toronto. C’est là qu’il a rencontré pour la première fois Dean A. Connor.

Jacques Goulet, président de la Financière Sun Life au Canada, en compagnie des propriétaires de l’entreprise familiale J.D. Goulet, son frère Pierre Goulet et son neveu Dave Goulet.

Une rencontre déterminante
Une fois ses études complétées, Jacques Goulet a été engagé chez Mercer à Toronto par M. Connor. À 23 ans, il quittait donc Montréal pour la capitale ontarienne. Il ne le savait pas encore, mais ce choix allait être déterminant pour lui. En effet, peu de temps après son arrivée, il a croisé le regard d’une jeune femme originaire de Helsinki, la capitale de la Finlande. Cette dernière deviendra son grand amour, ils se marieront quelques années plus tard, en 1994, au Baluchon à Saint-Paulin, en compagnie de leur famille.

Une année importante tant sur le plan personnel que professionnel puisque c’est également en 1994, alors qu’il n’a que 29 ans, que son patron, Dean A. Connor, décide de lui offrir la direction du bureau de Toronto. «J’avais des employés qui avaient le double de mon âge! Mon patron a couru le risque, il m’a fait confiance», raconte en souriant M. Goulet.

Quatre ans plus tard, à 33 ans, Mercer lui offre un poste de président directeur général à Paris. Le jeune couple décide alors de foncer et s’envole vers la Ville lumière. Au cours des trois années qu’ils passeront en France, la conjointe de M. Goulet donnera naissance à leur premier enfant, Aleksi.

En 2001, la famille quittera vers Genève en Suisse. Jacques Goulet est alors patron de l’une des trois gammes de produits de Mercer. Un an après leur arrivée à Genève, la famille s’agrandit avec l’arrivée de Niklas. Ils y demeureront près de dix ans avant de déménager à nouveau, mais cette fois, à New York. «C’était un bon défi. Surtout pour les enfants qui ne parlaient que français. Mais au bout de trois mois, ils étaient bien intégrés et parlaient couramment anglais», souligne avec fierté M. Goulet.

Ce dernier a occupé ses fonctions jusqu’à ce qu’un jour, le téléphone retentisse et que son ancien patron, Dean A. Connor, l’actuel président et chef de la direction mondiale de la Financière Sun Life, l’invite à prendre une bouchée avec lui à New York. «Il m’a alors offert la présidence de la Financière Sun Life au Canada. C’était une trop belle opportunité pour la refuser. Revenir au Canada au sein d’une compagnie vieille de 150 ans et fondée à Montréal, je ne pouvais refuser», lance-t-il le regard lumineux.

En janvier 2018, pour la première fois de son histoire, la Financière Sun Life a nommé un Québécois à la tête de sa division canadienne. Jacques Goulet a donc fait le saut chez la Financière Sun Life après 29 ans chez Mercer.

«La Financière Sun Life est une très grosse compagnie qui gère 1000 milliards de dollars. Nous avons trois divisions soit Canada, États-Unis et Asie. Pour ma part, je suis responsable du Canada», précise M. Goulet.

Une chose est certaine, Jacques Goulet est bien fier de ses origines, de son coin de pays. Il était d’ailleurs de passage à Shawinigan samedi et dimanche dans le cadre de la Classique internationale de canots. Il a profité de l’occasion pour visiter le commerce familial, saluer les propriétaires actuels, son frère et son neveu Dave Goulet et se remémorer quelques beaux souvenirs. «Chaque fois que je le peux, je reviens. J’ai un chalet dans la région, c’est chez moi ici», termine-t-il.