Le forum Marché du travail, misons sur les 50 ans et + avait lieu jeudi à l’hôtel Delta de Trois-Rivières. Sur la photo: Josée Deschênes, Johanne Laforme et Pierre Gauthier, travailleurs de plus de 50 ans.

Des travailleurs expérimentés pour pallier la pénurie

Trois-Rivières — De multiples organisations, entreprises et travailleurs se sont réunis afin d’échanger sur la réalité des travailleurs expérimentés lors du forum Marché du travail, misons sur les 50 ans et +, qui se déroulait jeudi à l’hôtel Delta de Trois-Rivières.

Des ateliers, conférences et vidéos concernant les avantages à engager des employés de 50 ans et plus, mais également les embûches rencontrées par ces travailleurs, ont été présentés lors de l’événement organisé par le programme Générations au travail, réussir ensemble!.

«D’un côté, il y a des entreprises qui cherchent des gens pour l’emploi, et de l’autre côté on a toute une catégorie de personnes qui sont fiables, qui ont de l’expérience, qui sont prêtes à continuer à contribuer à la société et qui sont disponibles», affirme Éric Sédent, expert-conseil pour Générations au travail, réussir ensemble!.

Les défis des travailleurs expérimentés

Il peut parfois être difficile pour les travailleurs de 50 ans et plus qui veulent rester sur le marché du travail ou encore qui souhaitent faire un retour à l’emploi d’être considérés par les entreprises, même dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.

«Il y a une demande et il y a cette offre qui existe, qui est présente et qui a de nombreuses qualités, mais pourtant elle reste méconnue et il y a une certaine méfiance», explique M. Sédent.

Certaines entreprises vont en effet préférer se tourner vers une main-d’œuvre plus jeune pour différentes raisons. «Souvent, les gens vont penser qu’il faut embaucher des personnes beaucoup plus jeunes, parce qu’on s’imagine que les jeunes vont rester plus longtemps en emploi», indique Patrick Ney, responsable des relations médias pour Générations au travail, réussir ensemble!. «C’est faux, parce que la plupart des jeunes, si on se fie aux statistiques, restent en emploi entre un et trois ans», dit-il.

Une majorité de travailleurs de 50 ans et plus vont également chercher un emploi avec une certaine flexibilité au niveau du nombre d’heures et de l’aménagement du temps de travail, ce qui peut être complexe.

Johanne Laforme, 62 ans, a quitté un emploi qu’elle occupait depuis une dizaine d’années il y a deux ans. Il lui a ensuite fallu un an avant de trouver un travail qui lui convenait en termes de conditions de travail.

«Je cherchais un emploi à 30, 35 heures par semaine maximum, je voulais profiter plus, avoir des loisirs», affirme Mme Laforme. «Trouver un emploi à 60 ans, avec des conditions de 30 heures/semaine, ce n’était pas évident», dit-elle.

«Ça m’a pris quatre emplois que j’ai gardés trois mois et que j’ai quittés pour vraiment trouver ce que je voulais faire et créer mon propre emploi», raconte-t-elle. Mme Laforme occupe maintenant un poste dans le domaine du service à la clientèle qu’elle a elle-même présenté à son employeur.

Engager des 50 ans et +

Les entreprises qui souhaitent pourvoir à des postes vacants devront s’adapter à la réalité des travailleurs à l’âge de la retraite, qui sont de plus en plus en forme et sont un plus grand nombre à vouloir demeurer sur le marché du travail.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les demandes des travailleurs expérimentés peuvent ressembler à celles des jeunes qui occupent leur premier emploi, selon Selena Baril, propriétaire du IGA Extra Famille Baril de Shawinigan. «Ils veulent avoir une flexibilité au niveau des horaires, des demandes de congé, du nombre d’heures par semaine», explique-t-elle.

Celle qui a une dizaine de travailleurs de 50 ans et plus à sa charge admet que son premier réflexe n’était pas d’engager des employés de cet âge. «D’emblée, on n’était pas portés à aller vers ces gens-là, mais de plus en plus on voit que ce sont des gens qui sont super intéressants à avoir en entreprise», affirme Mme Baril.

Elle explique que la grande disponibilité des travailleurs expérimentés représente un avantage important pour les employeurs. «Ce sont des gens qui n’ont pas nécessairement besoin de travailler à temps plein, mais qui sont disponibles pour le faire», dit-elle.

«Si une période est plus tranquille, comme après les Fêtes, on a moins d’heures à leur donner et ils n’ont pas de problème à faire 15 heures par semaine», indique Mme Baril. «Mais quand on a plus de demandes et qu’on aurait besoin de 40 heures, ils sont disponibles à le faire aussi».

Pourquoi rester sur le marché du travail?

Les raisons qui poussent des travailleurs à l’âge de la retraite à rester sur le marché du travail peuvent être nombreuses. Outre l’aspect financier, Johanne Laforme affirme que l’une de ses motivations à continuer de travailler à 62 ans est son besoin d’avoir un contact avec le public et sa soif d’apprendre. «Si j’arrive dans un nouvel emploi, et on me dit on va te montrer une nouvelle technologie, on va sur les systèmes informatiques, moi j’adore ça», dit-elle.

L’idée de partager son bagage peut également être une raison pour demeurer sur le marché du travail pour les personnes de plus de 50 ans. «C’est de donner une expertise que moi j’ai», commente Josée Deschênes, une ex-retraitée qui a fait un retour au travail. «J’ai une expérience, j’ai des connaissances, donc je trouve que ça fait avancer les choses dans une entreprise».

Les entreprises qui souhaitent obtenir des outils d’information sur l’embauche de travailleurs expérimentés peuvent en retrouver sur le site Web de Générations au travail, réussir ensemble! au generationsautravail.ca