Le maire d'Hérouxville, Bernard Thompson.

Des responsabilités accrues pour les MRC?

À l'instar de bien des MRC du Québec, la MRC de Mékinac souhaite que Québec lui accorde davantage de responsabilités pour la gestion du Fonds d'aide au rayonnement des régions (FARR). Une rencontre à ce sujet avec le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Martin Coiteux, est d'ailleurs souhaitée prochainement.
«Ça sera d'ici quelques années un fonds de près de 100 millions $ donnés aux régions pour des projets spécifiques afin de venir en aide aux régions», souligne le préfet de la MRC de Mékinac et maire de la municipalité d'Hérouxville, Bernard Thompson. «On veut une gérance de proximité au niveau des municipalités.»
Cette augmentation des responsabilités permettrait, selon le préfet de la MRC de Mékinac, d'alléger les procédures administratives. Plusieurs MRC du Québec ont d'ailleurs déjà formulé les mêmes demandes. Bernard Thompson souligne qu'une municipalité pourrait notamment réglementer elle-même les limites de vitesse sur ses rues, sans être obligée de demander à Québec de le faire. 
«La ville ou le village est capable de faire ça. On n'est pas obligé de faire appel au ministère des Transports chaque fois que nous voulons modifier la limite de vitesse. Si on juge que dans nos rues la limite doit être modifiée, on n'a pas besoin du ministère pour le faire. On est capable de le faire», affirme le préfet de la MRC de Mékinac. «Ça peut sembler banal, mais quand on multiplie le nombre d'exemples de ce type dans tous les ministères avec qui on fait affaire, ça devient de plus en plus complexe. Chaque ministère a ses prérogatives.»
Bernard Thompson note de plus que Québec pourrait accorder certaines responsabilités en matière d'environnement. «On peut gérer certaines situations en environnement. C'est plein de questions qu'on se pose. Jusqu'où va la gérance de proximité? Est-ce qu'on nous laisse gérer des projets qui avaient avant l'aval du gouvernement?», se questionne le préfet.
Ces demandes de la MRC de Mékinac s'inscrivent dans le principe de la responsabilité accrue des élus prévu dans le projet de loi 122, soit la Loi visant principalement à reconnaître que les municipalités sont des gouvernements de proximité et à augmenter à ce titre leur autonomie et leurs pouvoirs. 
De plus, Bernard Thompson se demande comment se traduira cette loi au niveau du développement économique ainsi que du développement social. «Nous avons un gros défi à ce niveau afin de freiner la baisse démographique», note-t-il. 
«Ce qu'on souhaite en tant que préfet, c'est qu'on soit capable de déterminer ce qui est plus important pour nous. Il n'y a pas une MRC qui a le même problème. Et les créneaux ne sont pas les mêmes.»
Afin de mieux développer leur territoire, les MRC désirent donc gérer elles-mêmes les fonds comme le FARR. «On sait ce qui ne va pas et ce qu'il doit être changé. Laissez-nous toute la latitude de le faire», ajoute Bernard Thompson.