Martin-Charles St-Pierre, directeur associé de Ménagez-vous, Florence Pauquay, directrice générale d’Appui Mauricie, Jean Boulet, ministre régional, Daniel McMahon, recteur de l’UQTR, et Diane Cossette, directrice générale du Centre de recherche d’emploi de la Mauricie, partenaire de la campagne d’information.

Des proches aidants à aider

Trois-Rivières — Les proches aidants sont de plus en plus nombreux au Québec, mais ignorent souvent que des ressources sont là pour les soutenir dans leurs démarches. C’est la raison pour laquelle L’Appui Mauricie lance une campagne d’information qui vise les proches aidants qui sont toujours au travail et qui doivent concilier le tout le plus harmonieusement possible.

Selon des données fournies par cet organisme qui contribue à améliorer la qualité de vie des proches aidants d’aînés, plus de 1,6 million de Québécois fournissent des soins à une mère, un conjoint, une sœur. Plus de la moitié de ces aidants, soit 56 %, occupent un emploi demandant un minimum de 30 heures par semaine, 44% des aidants ratent des journées de travail et 15 % diminuent leur temps de travail. Et surtout, 50 % des proches aidants ne parlent pas de ce sujet avec leur employeur.

«Ces proches aidants ont entre 45 et 65 ans, ils travaillent. Comment rejoindre ces proches aidants pour qu’ils obtiennent du soutien? On a développé une boîte à outils», déclare Florence Pauquay, directrice générale d’Appui Mauricie.

Cette boîte à outils est distribuée aux employeurs pour les aider à identifier les proches aidants parmi leurs employés. Le but est de diriger ces proches aidants vers les ressources qui sont disponibles comme du coaching individuel, du répit et du soutien administratif.Si les proches aidants sont mieux outillés, ces travailleurs pourront aspirer à un meilleur équilibre de vie et réduire les risques d’absentéisme.

L’Appui Mauricie mise sur deux ambassadeurs pour mousser la campagne d’information. Martin-Charles St-Pierre, directeur associé de Ménagez-vous, et Daniel McMahon, recteur de l’Université du Québec à Trois-Rivières.

À la tête d’une institution qui regroupe quelque 2000 personnes, M. McMahon se doute bien que plusieurs d’entre d’elles jouent le rôle de proche aidant. Il comprend très bien cette responsabilité, étant donné qu’il en est un lui aussi.

«On a des enjeux physiques, psychologiques, financiers, énumère le recteur. On est la première génération où on prend soin de nos parents et de nos petits-enfants. Il ne faut pas être gêné de prendre les outils qui existent et d’en parler avec nos collègues pour partager un peu la pression.»

Ménagez-vous, un organisme d’économie sociale qui a plus de 4000 clients, regroupe 150 employés qui se substituent à des proches aidants dans leur travail. Selon M. St-Pierre, les employeurs doivent être à l’écoute de leurs employés qui sont proches aidants et leur faciliter la vie en mettant à leur disposition des horaires flexibles ou en ajoutant des jours de congé.

«Il ne faut pas que l’employé ait peur de parler de sa situation. Je dis aux employeurs: soyez indulgents, souples et à l’écoute pour votre équipe de travail.»

Le budget de cette campagne d’information est d’environ 60 000 $, dont 20 580 $ proviennent du ministère de la Famille.

Par ailleurs, la deuxième campagne Je fais un geste pour un collègue proche aidant invite les employeurs à identifier un collègue proche aidant et à l’inscrire à un concours qui offre différents prix de détente.