Le taux de chômage devrait continuer à diminuer en Mauricie au cours de la prochaine année, selon les prévisions de Desjardins compilées dans une étude sur la région.

Des prévisions de Desjardins prometteuses pour le marché de l’emploi en Mauricie

TROIS-RIVIÈRES — Malgré les difficultés que vivent depuis des années certains secteurs économiques en Mauricie, le nombre d’emplois devrait croître et le taux de chômage diminuer, selon les prévisions économiques contenues dans une étude menée par Desjardins. La région devrait toutefois afficher un taux de croissance du PIB nominal parmi les plus faibles de la province et le revenu disponible par personne demeurera inférieur à celui des Québécois.

Les prévisions de Desjardins sont prometteuses pour le marché du travail en Mauricie. Après deux ans de replis consécutifs, le nombre d’emplois devrait augmenter à 120 300 d’ici la fin de 2019 et à 120 900 en 2020. Ce nombre devrait cependant stagner autour de 76 000 à Trois-Rivières.

Par ailleurs, la baisse du taux de chômage se poursuivra en 2019, à 4,9 %, et en 2020, à 4,3 %, selon les projections de Desjardins pour la région. La situation est quelque peu différente à Trois-Rivières, alors qu’on prévoit que le taux de chômage aura augmenté de 0,4 % entre 2018 et 2018, s’établissant à 5,4 %, avant de diminuer à 5,1 % en 2020. Pour l’ensemble du Québec, ce taux devrait être de 4,9 % en 2019 et 4,5 % en 2020.

Parmi les secteurs d’activité les plus prometteurs en nombre d’emplois disponibles trône celui des technologies de l’information. D’après Desjardins, 800 emplois seront à pourvoir dans ce domaine d’ici trois ans. L’industrie forestière aura également de nombreux postes à pourvoir, en raison de la multiplication des départs à la retraite. L’ouverture de la nouvelle usine de transformation du porc ATrahan, division d’Olymel à Yamachiche, a également contribué à la vitalité du secteur de la transformation alimentaire, en créant 300 emplois.

Desjardins prévoit que le nombre d’emplois en agriculture continuera à diminuer, mais que le secteur continuera à accroître malgré tout sa productivité. Ce secteur bénéficie par ailleurs du dynamisme amené par plusieurs projets de cannabis médical dans la région, constate Desjardins.

L’emploi demeurera toutefois un défi pour la région, qui affiche un vieillissement de la population plus prononcé, avec un âge médian de 49,2 ans contre 42,5 ans dans l’ensemble de la province. Desjardins remarque également que «la rareté relative de main-d’œuvre est une réalité qui s’observe dans un nombre croissant de domaines dans la région». La Mauricie a même enregistré la croissance la plus grande du nombre de postes vacants (89 %) au Canada au premier trimestre de 2019, en comparaison avec la même période en 2018.

Perspectives économiques «modestes»

Les perspectives économiques pour la Mauricie demeurent «modestes», estime Desjardins. En effet, certains secteurs demeurent sous pression, principalement la foresterie et le manufacturier, qui vivent un contexte qui «limite l’expansion économique de la région». L’étude souligne cependant le fait que l’industrie forestière parvient toujours à tirer son épingle du jeu, malgré la baisse de la demande pour le papier traditionnel, grâce à la spécialisation accrue des entreprises, qui se sont tournées vers la biomasse, la fibre cellulosique et le carton, notamment. Desjardins relève que l’industrie du meuble a su se renouveler dans la région. La Mauricie se démarque également dans le secteur de la fabrication de machines et la production métallique.

En Mauricie, le marché de l’emploi devrait être à l’avantage des travailleurs jusqu’en 2020, mais la croissance du PIB nominal par habitant demeurera faible, selon une étude réalisée par Desjardins.

Faible croissance du PIB

Ombre au tableau, Desjardins prévoit que la croissance du PIB nominal par habitant demeurera faible, à 37 852 $ (+2,2 %) en 2019 et 38 478 $ (+1,7 %) en 2020. Cette faible croissance place la Mauricie derrière le Centre-du-Québec, devançant seulement le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Le PIB nominal par habitant en Mauricie devrait par ailleurs demeurer inférieur de plus de 11 000 $ à celui de l’ensemble de la province pour 2019 et 2020.

La croissance du revenu disponible par habitant dans la région est encore plus faible selon les projections de Desjardins. En 2019, chaque Mauricien et Mauricienne disposera en moyenne d’un revenu de 27 517 $ (+2 %). En 2020, ce revenu devrait être de 27 930 $ (+1,5 %). Le revenu moyen de chaque Québécois, en comparaison, sera plus élevé d’environ 3000 $ pour ces deux années, estime Desjardins.

Moins d’investissements

Après quatre ans de croissance, les investissements devraient diminuer de 15 % en 2019, selon l’Institut de la statistique du Québec, une tendance inverse de celle qui prédomine à l’échelle de la province. Ce repli s’explique par la fin de plusieurs chantiers importants dans la région, comme l’usine d’ATrahan-Olymel à Yamachiche et la ligne Chamouchouane-Bout-de-l’Île, en Haute-Mauricie, selon Desjardins.

Parmi les plus importants investissements annoncés ou espérés pour les prochaines années dans la région, Desjardins mentionne le développement commercial et résidentiel du District 55, à Trois-Rivières, avec des investissements de 800 millions $, la réhabilitation de la centrale Rapide-Blanc, en Haute-Mauricie (613 millions $), Cap sur 2030, au port de Trois-Rivières (235 millions $). Desjardins mentionne également l’usine de Nemaska Lithium à Shawinigan. L’entreprise attend toutefois des investissements supplémentaires de 375 millions $ pour son projet, qui comprend l’exploitation d’une mine à la Baie-James, avant de terminer la construction de cette usine. Il y a également le projet Bioénergie La Tuque (BELT), qui devrait débuter en 2023 et nécessiter des investissements d’environ un milliard de dollars.

Moins de mises en chantier

Après avoir connu deux excellentes années en 2017 et 2018, les mises en chantier pour la construction résidentielle devraient diminuer en 2020, une tendance qui se remarque déjà depuis le début de l’année. Plus des deux tiers des mises en chantier se font et continueront à se faire à Trois-Rivières, relève Desjardins.

Les logements locatifs représentent le plus grand nombre de mises en chantier dans le résidentiel au cours des deux dernières années, dans la région.

Le taux d’inoccupation de ce type de logement devrait d’ailleurs augmenter légèrement en 2019 (4,8 % contre 4,5 % en 2018) et en 2020 (5 %). Ce taux devrait demeurer légèrement inférieur à la moyenne régionale à Trois-Rivières, à 4,2 % en 2019 et 4,5 % en 2020. Il reste malgré tout relativement facile de se trouver un logement dans la région, puisque la province affiche et continuera à afficher un taux d’inoccupation moyen de moins de 3 %.

Le marché de la revente de propriétés est en progression cette année, mais diminuera en 2020, prévoit Desjardins. Enfin, le prix de vente moyen d’une propriété continuera à augmenter d’ici la fin 2019 (152 965 $) et en 2020 (156 024 $), mais il reste deux fois moins élevé que la moyenne provinciale. Les prix demeurent plus élevés de 17 000 $ à Trois-Rivières par rapport à la moyenne régionale.