Le directeur des représentations du Québec en Chine, Jean-François Lépine.

«Des perspectives emballantes» avec la Chine, soutient Jean-François Lépine

SHAWINIGAN — Le directeur des représentations du Québec en Chine, Jean-François Lépine, était de passage mardi au DigiHub pour parler «des perspectives emballantes», malgré les tensions actuelles entre le Canada et le gouvernement chinois.

«C’est une situation politique compliquée et délicate. Officiellement, il faut faire comme si les choses étaient normales. On espère que ce conflit va se résoudre», a-t-il prudemment déclaré lors de la période de questions.

Dans sa présentation, l’ancien journaliste a rappelé que le marché chinois représentait la deuxième économie de la planète, avec 1,38 milliard d’habitants, dont une classe moyenne de 400 millions de personnes et 500 millions d’acheteurs en ligne. «D’ici 2025, 200 villes chinoises auront plus de 500 000 habitants», a-t-il fait savoir, parlant d’une urbanisation galopante.

Non seulement assiste-t-on en Chine au retour des vélos, mais les sports d’hiver compteront 300 millions de nouveaux adeptes d’ici 2022. Et il y a aussi ce vaste projet d’infrastructures de 900 milliards de dollars d’ici 2030-2035 pour reconstruire la fameuse route de la soie.

Et pour démontrer qu’il s’agit d’un marché en constante mutation, M. Lépine a évoqué le syndrome Starbucks, la chaîne ayant son plus gros café du monde en Chine et la fin des nouilles instantanées à l’heure où les Chinois ont plutôt tendance à «faire venir de la bouffe à la maison». Au point où ce phénomène amène la chaîne hôtelière Wyndham à fermer ses cuisines.

«Le nouveau consommateur chinois est jeune, bien informé, dépensier et recherche la qualité plus que le prix. Il est plus loyal envers les marques. Il voyage et connaît le monde. Il est ambitieux et voit l’avenir avec optimisme», a-t-il décrit.

Devenir le meilleur pays du monde fait partie des nouvelles priorités de l’Empire du Milieu, tout comme le marché intérieur et le développement intérieur, l’équilibre entre riches et pauvres, la recherche et l’innovation, l’environnement, le contrôle social et la culture.

«Lors de son deuxième voyage, l’ancien premier ministre Philippe Couillard a constaté un nouveau pays, fait des rencontres d’un autre type, et découvert de nouvelles opportunités pour le Québec», raconte l’invité du jour.

Relatant l’histoire du bureau du Québec en Chine, qui remonte à 1998, M. Lépine a souligné le fait que 2000 entreprises québécoises font des affaires avec ce pays et 150 y sont même installées. «Et depuis 2017, il y a deux vols directs Shanghaï-Montréal», se plaît-il à signaler tout en annonçant que depuis le début de l’année, les exportations ont bondi de 17,6 %.

Enregistrer les marques, trouver un partenaire et le fidéliser, investir dans le branding, s’adapter aux conditions du marché, connaître le consommateur chinois, bien connaître la réglementation et faire attention aux changements, assurer la disponibilité du produit et oser: voilà ses recommandations qu’il a laissées aux gens d’affaires de la région.