Quelque 200 syndiqués de l’Aluminerie de Bécancour ont quitté Trois-Rivières pour Pittsburgh afin d’assister à l’assemblée annuelle des actionnaires d’Alcoa mercredi .

Des lockoutés d'ABI à Pittsburgh: «Ça ne tient pas debout»

BÉCANCOUR — Quelque 200 lockoutés d’ABI sont partis de Trois-Rivières, lundi, pour retourner manifester à Pittsburgh à l’occasion de l’assemblée des actionnaires d’Alcoa prévue mercredi. Les manifestants partiront alors à pied du bureau des Métallos pour se rendre jusque devant l’hôtel Fairmount où se tient l’assemblée des actionnaires d’Alcoa.

Une délégation de représentants Métallos, ayant en main des procurations pour représenter des actionnaires, entrera dans la salle afin d’interpeller les dirigeants d’Alcoa au sujet du lock-out qui perdure depuis le 11 janvier 2018.

«C’est sûr qu’on est déçu d’avoir à retourner là encore, un an après la dernière rencontre, mais on va repasser nos messages. Surtout cette année, on va vouloir passer des messages aux actionnaires, leur dire que ça ne tient pas debout que ça ne fonctionne pas encore après un an alors que cette usine est un actif important pour les actionnaires», a expliqué au Nouvelliste le président de la section locale 9700 des Métallos, Clément Masse, avant son départ pour les États-Unis.

L’autre message que les travailleurs de l’Aluminerie de Bécancour voudront passer, c’est leur volonté de négocier. «Mais on sent bien qu’elle n’est pas là du côté de l’employeur», fait-il remarquer.

Celui-ci se plaît à souligner «qu’on a une fonderie qui est très performante». «Même si le marché de l’aluminium n’est pas à son meilleur, on fait du produit à valeur ajoutée qui a une grosse demande sur le marché, on est une fonderie qui est très versatile, qui peut changer de produits», soutient le président syndical.

Ce qui l’amène à dire que le lock-out «n’est pas bon pour la région, ni pour les travailleurs, ni pour les actionnaires». «C’est le message qu’on veut livrer aux actionnaires, c’est un conflit sur lequel des questions devraient être posées aux dirigeants, compte tenu que ça fait perdre de l’argent aussi aux actionnaires. On a vu que l’action a baissé quasiment de moitié depuis un an, que le premier trimestre a été dans le trou de 200 millions de dollars. De laisser un actif comme ABI ne pas marcher, surtout que c’est leur plus grosse usine au niveau de la production, je ne pense pas que c’est une bonne décision», martèle M. Masse.

À son avis, «les actionnaires ne retrouveront jamais l’argent qui a été perdu dans ça».

«Toutes les parties perdent dans ça, y compris les actionnaires. Plus que le conflit dure, plus que les gens perdent. Je ne pense pas que de maintenir un conflit comme ça, c’est une bonne idée. On ne comprend pas d’ailleurs la décision parce qu’il va y avoir des coûts importants pour redémarrer l’usine qui auraient pu être évités facilement si on avait privilégié la négociation au conflit», poursuit-il.

Pour sa part, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité, Jean Boulet, dit analyser les réactions des parties à la suite du dépôt de son hypothèse de règlement.

«Je me laisse un peu de temps pour décanter ce qui s’est passé et après ça, on fera un autre pas en avant», a-t-il conclu.