Marmen

Des gros employeurs soulagés

BÉCANCOUR — Alors que l’annonce gouvernementale de fermer les entreprises pour trois semaines avait créé un onde de choc dans le monde industriel régional, tant Marmen que l’Aluminerie de Bécancour auront finalement été soulagées de constater qu’elles faisaient partie de la liste des entreprises essentielles.

«Nous, on rentre dans deux critères, soit intrants production énergie et militaire», explique la vice-présidente – Ressources humaines et Communications chez Marmen, Annie Pellerin.

Celle-ci a confirmé au Nouvelliste «qu’on a gardé notre monde pour le moment». «C’est sûr que ça va avoir un impact à long terme, mais pour l’instant, on ne peut pas dire ce qu’il sera. Ça va durer des mois, oui, c’est un problème de santé majeur, mais c’est aussi un problème économique majeur», avoue-t-elle.

En attendant, Marmen a mis, dit-elle, des mesures d’hygiène vraiment importantes «et il y aura plusieurs phases». «Les mesures d’hygiène sont bien importantes et on va continuer à les pousser. On respecte les normes de santé et on fait tout pour faire ce que le gouvernement exige. Ça va prendre encore du temps pour pousser ça à fond. Nos employés, en général, réagissent bien. Tout le monde participe à la tâche. On est sur un pied d’alerte», ajoute Mme Pellerin.

Pour sa part, la conseillère en communications à l’Aluminerie de Bécancour, Émilie Boissonneault, a rappelé que le secteur de l’aluminium avait été considéré comme secteur essentiel par le gouvernement du Québec.

«Nous nous conformerons à la demande du gouvernement de réduire au minimum nos activités. Le niveau minimal d’opération et de ressources humaines nécessaires au maintien des cuves sera déterminé en tenant compte des requis visant à assurer la sécurité de notre personnel et de notre site», a-t-elle déclaré.

«La sécurité de nos employés est notre priorité, nous appliquons les recommandations de la santé publique de manière rigoureuse à l’intérieur de nos sites, afin de limiter la propagation potentielle du COVID-19 au sein de nos communautés», renchérit la porte-parole.

Selon le président-directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard, la commande qui est faite à l’ensemble des alumineries au Québec, c’est «combien avez-vous besoin de personnes pour que ça ne gèle pas dans les cuves et que l’aluminerie soit opérationnelle le jour où on dit, dans quelques semaines, on repart».

Si, à son avis, plusieurs centaines d’employés ne rentreront pas à l’aluminerie, certaines sources parlent plutôt de sous-traitants mis à pied temporairement. «Les autres entreprises qu’on a dans le parc, ça nous éveille à quelque chose d’assez particulier, c’est que le type d’entreprises qu’on a dans le parc, à quelques exceptions près, elles ont toutes des caractères uniques. Tous les dossiers majeurs dans le parc sont tous interreliés. On est attristé par les employés chez ABI, mais la majorité des emplois sont actuellement préservés dans le parc», conclut M. Richard.

 L'usine Kruger Wayagamack de Trois-Rivières.

Services essentiels maintenus chez Kruger

Kruger maintient les activités à ses deux usines de la Mauricie, car ces installations fabriquent des produits jugés essentiels. La production de carton d’emballage à l’usine de Trois-Rivières et de papier à l’usine Wayagamack ne sera donc pas interrompue.

Essentiellement, la production de papier hygiénique, de carton et d’emballages alimentaires, de papier journal, de papiers de spécialité, de papiers pour publications se poursuit chez Kruger. Les services de recyclage, comme ceux de l’entrepôt de Trois-Rivières, d’embouteillage de breuvages et de production d’électricité sont aussi maintenus.

«L’entreprise a également des mesures de sécurité et d’hygiène rigoureuses afin de s’assurer que ses employés identifiés comme faisant partie de la main-d’œuvre essentielle puissent continuer à travailler en toute sécurité et contribuent à prévenir la propagation du coronavirus», a mentionné par communiqué Jean Majeau, vice-président principal Affaires corporatives et communications.

Avec la collaboration de Gabriel Delisle