Des embouteilleurs et des distributeurs d’eau de la région se disent prêts à emboîter le pas et à s’ajuster à une demande de plus en plus «verte».

Des embouteilleurs de la région dans la mouvance verte

TROIS-RIVIÈRES — Tandis que les villes de Bécancour et de Nicolet ont récemment fait vœu de bannir les bouteilles d’eau à remplissage unique des événements se tenant sur leur territoire, certains acteurs de l’industrie de l’embouteillage et de la distribution d’eau de la région se disent prêts à emboîter le pas et à s’ajuster à une demande de plus en plus «verte».

«Pour nous, ça peut même être bénéfique», va jusqu’à affirmer Frédéric Gagnon, directeur d’usine de l’entreprise Labrador installée à Nicolet. Pour lui, l’annonce de la certification de Communauté bleue, obtenue par Nicolet, pourrait en effet avoir un impact positif sur les ventes de contenants d’eau de 18 litres destinés au remplissage de gourdes individuelles, principal créneau de l’embouteilleur dans la région.

Bien que l’usine d’eau Labrador à Nicolet soit exclusivement dédiée à la production de formats de 18 litres, M. Gagnon concède que l’entreprise produit encore des petits formats à remplissage unique dans ses autres installations. Il n’est toutefois pas en mesure de dire si les dirigeants travaillent à trouver des solutions alternatives face l’évolution du marché.

Du côté de Saint-Élie-de-Caxton, Jean-Sylvain Landry, propriétaire des Sources Saint-Élie, affirme être en mode solution. «Pour l’eau gazeuse, il n’y a rien à faire, ça va toujours prendre la bouteille, mais pour l’eau qu’on appelle l’eau “plate”, on va présenter des solutions d’ici quelques mois», promet-il. S’il explique vouloir garder la surprise et attendre avant de dévoiler sa stratégie, M. Landry se dit très au fait de l’évolution des exigences des consommateurs et soutient pouvoir répondre à la demande.

Chez Ren-Eau, une entreprise de Saint-Maurice qui distribue l’eau puisée par Breuvages Radnor, dans la même municipalité, on indique déjà s’inscrire dans une mouvance écoresponsable. «On a délaissé le format non réutilisable, on utilise pratiquement que des bouteilles qui sont réutilisables», fait valoir Julie Renaud, propriétaire de l’entreprise.

Mme Renaud explique qu’il s’agit pour elle d’offrir un service axé sur la consigne et où l’empreinte environnementale est réduite à sa plus simple expression. «Ma source est située à Saint-Maurice et je livre en Mauricie. Mon eau ne parcourt pas 2000 kilomètres pour arriver sur une tablette dans une épicerie», plaide-t-elle. «On a acheté des nouveaux camions pour respecter les nouvelles normes environnementales, c’est sûr qu’on essaie de réduire le plus qu’on peut, on échelonne les livraisons aux deux semaines au lieu de passer aux semaines», renchérit-elle.

Julie Renaud souligne par ailleurs qu’il existe une demande réelle pour l’eau qu’elle distribue. «Malheureusement, l’eau du robinet, dans le fond, c’est pas toujours vrai que l’eau est bonne. On l’a vécu à Shawinigan, quand on a eu un problème d’eau récemment, les gens étaient bien contents d’être installés et d’avoir de l’eau chez eux», illustre-t-elle.

Elle indique être en discussion avec des instances municipales pour fournir des distributeurs d’eau durant des événements, une façon de faire que son entreprise a déjà développée. «L’enjeu, on va se le dire, je ne pense pas que ce soit les 18 litres puis le 11 litres, je pense que c’est la bouteille de plastique à usage unique, c’est ça le problème», lance Mme Renaud, qui souligne par ailleurs que les autres breuvages embouteillés sont également problématiques. Pour elle, des initiatives comme celles de Bécancour et de Nicolet doivent être saluées.

À la boutique Pür de Trois-Rivières, qui distribue de l’eau distillée «en libre service 24 heures», on dit aussi vouloir offrir de l’eau de manière écoresponsable. Le modèle est également basé sur le remplissage de contenants réutilisables. «On remplit des 18 litres, la personne achète une bouteille, un peu comme si elle achetait une casserole pour faire la cuisine chez elle, et après elle s’en sert toute sa vie», explique le propriétaire de l’endroit, Claude Charbonneau, qui dit souscrire à la philosophie «zéro déchet».