Judith Savoie est copropriétaire de la Pharmacie Pierre Théberge et Judith Savoie, affiliée à Familiprix, à Nicolet.

Des commerçants veulent revitaliser le cœur de Nicolet

Nicolet — «On croit au centre-ville. Il y a une population qui y habite encore. On veut faire peau neuve». Voilà le cri du cœur que vient de lancer la pharmacienne propriétaire Judith Savoie au nom de plusieurs commerçants qui se battent pour faire de bonnes affaires au cœur même de Nicolet.

Par un concours de circonstances qui l’a amenée à échanger avec Étienne Lafond, de l’épicerie Lafond, elle a découvert que tous les gens d’affaires du centre-ville sont «dans le même bateau». 

«Il faut travailler plus fort pour parvenir aux mêmes résultats que les commerçants qui profitent de l’achalandage du boulevard Louis-Fréchette. On a chacun notre créneau, moi, c’est la santé, lui, c’est l’épicerie, d’autres, la restauration. On est tous des jeunes entrepreneurs dynamiques et c’est en alliant toutes nos forces ensemble qu’on peut avoir un pouvoir de parole auprès de la Ville», a-t-elle expliqué au Nouvelliste.

Accompagnés du restaurateur Olivier Lambert, les deux intervenants ont d’ailleurs rencontré la semaine dernière la mairesse Geneviève Dubois pour faire part de leurs doléances.

«Le centre-ville a toujours fait partie des préoccupations. Il est maintenant intégré à notre plan de développement économique de façon globale. On se rend compte qu’il faut avoir un œil très privilégié pour le centre-ville. Ce que je trouve intéressant dans cette démarche, ce sont des commerçants qui se prennent en main, qui se réunissent et qui font des propositions à la Ville. Ça vient de la base», a commenté Mme Dubois.

Même si les discussions auront lieu après la formation du prochain conseil, celle-ci veut ouvertement «ramener des gens au centre-ville» au lieu de perdre de l’énergie à contrer l’attrait du boulevard Louis-Fréchette. 

«À court terme, en 2018, on est en train de développer des projets immobiliers avec un promoteur sérieux», a-t-elle clairement indiqué, évoquant les terrains Cloutier et du Précieux-Sang pour y voir naître «un milieu de vie». 

Par ailleurs, la mairesse admet que les mesures actuelles ne sont peut-être pas adaptées à des petits commerces comme ceux du centre-ville. 

«On s’est engagé à les revoir pour assurer une meilleure accessibilité. Et on n’est pas toujours obligé de dépendre du gouvernement. On peut réfléchir à quelque chose qu’on veut rendre disponible aux commerçants. On est ouvert à ça. On n’est pas du tout en mode confrontation, on est vraiment en mode solution», a-t-elle fait savoir, tout en rappelant la démolition prochaine de l’ancienne bibliothèque et caserne qui permettra un stationnement vert.

Du côté des commerçants, on reconnaît que la disparition des bâtiments sur le terrain Cloutier, il y a une dizaine d’années, a accéléré le déclin du centre-ville. «Le monde attire le monde», fait remarquer Étienne Lafond.

En plus de souhaiter un crédit de taxes pour rénovation, le comité envisage la mise sur pied d’une carte de fidélisation et le lancement d’une campagne d’achat local via Facebook.

Pour sa part, Judith Savoie, de Familiprix, avoue qu’il y a du travail à faire comme dans tous les centres-villes. 

«Si on veut qu’un promoteur ou que d’autres entrepreneurs viennent s’installer au centre-ville, ce n’est pas en disant que tous les locaux sont vides et que tout le monde s’en va. Le message qu’on veut passer, c’est qu’on travaille en collaboration avec la Ville à trouver des solutions pour aider les entrepreneurs et donner le goût aux gens de venir s’installer au centre-ville», a-t-elle précisé.