Jean Boulet, ministre régional, Sébastien Baril, président de Solucan, Anthony Housefather, député fédéral de Mont-Royal, et Jean Lamarche, maire de Trois-Rivières, posent avec des canettes imprimées à cette entreprise de Trois-Rivières.

Des canettes imprimées à Trois-Rivières

TROIS-RIVIÈRES — Solucan reçoit un soutien des gouvernements supérieurs de plus de 1,8 million de dollars dans son projet d’acquisition d’équipements servant à mettre en place une chaîne de production d’impression numérique de canettes.

Le gouvernement du Québec a annoncé, vendredi, le versement d’un prêt de 1 340 713 $, alors que le fédéral accorde un prêt de 500 000 $ visant à aider ce projet de 4 094 891 $. Implantée dans une partie de l’ancienne usine Wabasso, la compagnie trifluvienne vise d’abord le marché des microbrasseries québécoises et canadiennes, car elle a la capacité d’imprimer des canettes à volumes flexibles, un aspect recherché par ces microbrasseries. Solucan peut également servir les grandes brasseries qui désirent faire imprimer des canettes promotionnelles pour des événements ciblés comme les festivals.

L’approche de Solucan repose sur la possibilité d’offrir des impressions personnalisées par le biais d’équipements robotisés et automatisés. Cette qualité d’équipement permet des coûts d’exploitation compétitifs.

«L’idée est arrivée avec ce qu’on a observé auprès des microbrasseries, commente le président, Sébastien Baril. On a vu le besoin pour le petit volume. Dans l’industrie actuelle, quand tu commandes des canettes, c’est 225 000 canettes pour une commande. On n’a pas de quantité minimum en terme de volumes. Nous, on peut vous en faire trois, on peut vous en faire 30 000, on peut vous en faire 300 000.»

Selon M. Baril, le produit de Solucan offre une grande qualité d’impression avec de l’encre qui respecte les normes de l’industrie alimentaire. Elle compte déjà une dizaine de clients provenant du Québec, des Maritimes et des États-Unis. Ces clients produisent de la bière, de l’eau pétillante... et du savon liquide! Il n’y a qu’à ajouter une pompe sur la canette de savon, épargnant la consommation de matière plastique.

«On a commencé à produire en décembre et la livraison a commencé en janvier. Nos prévisions lors de la première année sont de cinq millions de canettes. Pour le chiffre d’affaires, on vise quatre millions de dollars pour la première année et on prévoit une croissance annuelle de 15 % pour les cinq premières années», ajoute M. Baril.

Quelque 785 713 $ de l’aide du Québec proviennent du Fonds de diversification économique du Centre-du-Québec et de la Mauricie et 555 000 $ sont issus des fonds propres d’Investissement Québec. L’aide fédérale provient du programme Croissance économique régionale par l’innovation de Développement économique Canada pour les régions du Québec (DEC).

Solucan possède déjà une presse numérique pour imprimer des canettes de 355 ml selon les désirs de ses clients. L’argent fourni par les gouvernements permettra d’acheter un module qui ajoutera le format de 473 ml à la presse numérique. Ce module arrivera en septembre.

Étant donné la popularité du format de canette de 473 ml, la direction s’attend à ce que la demande monte en flèche.

«On offre de la polyvalence, on offre un produit conforme à l’environnement et à l’industrie alimentaire, on est capable d’offrir des prix abordables même pour les petits volumes», soutient le président qui prévoit que le nombre de travailleurs passera de trois à 10 d’ici la fin de 2020.

Diversification

Le ministre régional Jean Boulet est venu annoncer la participation financière du gouvernement du Québec dans ce projet qui apporte une belle diversification économique.

«C’est dans la mission d’Investissement Québec d’aider le démarrage d’entreprise dans des domaines innovants. C’est le premier équipement d’imprimerie numérique pour des quantités flexibles en Amérique du Nord. Le marché brassicole québécois se développe à un rythme remarquable. Ça représente un pourcentage de plus en plus important du PIB québécois. Il y a un marché qui n’attend qu’à être développé. Cette entreprise va répondre à un besoin en matière d’impression numérique pour les microbrasseries québécoises, notamment.»

Innovation et Développement économique Trois-Rivières accorde un prêt de 100 000 $ en appui à ce projet.