Avec son initiative, Sébastien Marchand tenait à ne faire aucune discrimination entre les OBNL. Tous ceux qui voulaient des bleuets pouvaient en avoir.
Avec son initiative, Sébastien Marchand tenait à ne faire aucune discrimination entre les OBNL. Tous ceux qui voulaient des bleuets pouvaient en avoir.

Des bleuets à donner à des organismes

Alors qu’ils sont habitués de donner sans compter, les organismes à but non lucratif (OBNL) de la région étaient invités à recevoir, samedi et dimanche. Afin d’écouler ses surplus et de faire de la place aux prochaines récoltes, la ferme Champlinoise, de Champlain, a fait don de ses bleuets à tous les OBNL qui étaient prêtes à les cueillir.

Grâce à cette initiative, le président et copropriétaire de l’endroit, Sébastien Marchand, espérait permettre à ces organismes de profiter d’un certain répit en ces temps troubles. Afin de s’assurer que ses dons profiteraient aux bonnes personnes, celui-ci exigeait d’ailleurs aux OBNL de fournir des reçus de charité en échange de ses petits fruits.

«Je pense qu’il est important de faire notre part pour les équipes qui manquent de produits pour faire des repas ou nourrir leurs bénévoles. En temps de pandémie, il était d’autant plus important de prêter main-forte à ces organismes qui doivent répondre à une demande plus grande. Il est temps d’aider ceux qui se donnent la peine d’offrir du soutien aux autres», a déclaré le président et copropriétaire de la ferme Champlinoise, Sébastien Marchand.

Il s’agissait de la deuxième fois en autant d’années que l’entreprise mauricienne tentait l’expérience. «La saison dernière, nous avions eu une récolte exceptionnelle. Je trouvais alors dommage de ne pas faire profiter les gens dans le besoin de nos surplus. Cette fois, c’est surtout en raison de la température, qui a fait mûrir les bleuets très rapidement, que nous avons pu effectuer ces dons aux OBNL», a indiqué M. Marchand.

La première année ayant été couronnée de succès, il aurait été facile de croire que celle-ci n’ait pas été fructueuse, notamment en raison du contexte particulier dans lequel a été plongée la société ces derniers mois. Pourtant, l’entreprise de Champlain s’est dite satisfaite de cette deuxième édition.

Agathe Houle a grandement apprécié son expérience de cueillette au profit de la maison Albatros de Trois-Rivières.

«Nous n’avons pas pu rejoindre tous nos participants de la saison passée, puisque certains OBNL ne sont pas actifs actuellement en raison de la COVID-19. Toutefois, nous avons reçu plus d’une dizaine d’organismes. Plusieurs étaient déjà venus l’an passé et souhaitaient répéter l’expérience», a mentionné M. Marchand.

Sans grande surprise, les OBNL de la Mauricie ont accepté avec reconnaissance ce cadeau de la ferme Champlinoise. «Pour nous, ça a une grande valeur. Personnellement, je suis allée en chercher lors des deux journées et j’ai été très bien accueillie chaque fois! Je crois que ce ne sont pas toutes les entreprises qui feraient un tel geste. Ça nous donne un bon coup de pouce pour continuer», a témoigné Agathe Houle de la maison Albatros, qui offre des soins palliatifs aux personnes en fin de vie.

Une saison acceptable

Si certains agriculteurs ont passé un été des plus difficiles en raison des temps chauds et secs que la région a connus, ceux qui se spécialisent dans la production de bleuets n’ont pas eu à se faire autant de mauvais sang.

Sans nécessairement atteindre les chiffres exceptionnels enregistrés l’an dernier, qui avaient permis à la ferme Champlinoise de mettre sur pied cette initiative, les cultures de bleuets ont pu progresser convenablement au cours des derniers mois.

«La pandémie a compliqué la donne en matière de recrutement, mais la température, quant à elle, n’a pas vraiment eu son rôle à jouer sur la pousse des bleuets, comme j’ai de l’irrigation sur mes plans. Ça m’a coûté plus cher d’eau et la saison sera peut-être écourtée quelque peu, mais ça demeure une récolte respectable. Les autres cultures ont eu plus de difficultés», admet le président et copropriétaire de la ferme Champlinoise.

Désireux de faire de cette initiative une tradition, Sébastien Marchand devrait adapter ses dons selon la température estivale dans les prochaines années de manière à offrir un certain nombre de bleuets aux OBNL sans toutefois nuire à sa propre récolte.