Voici un plan de ce que pourrait être l’usine combinée de production de méthanol et d’urée de ProjetBécancour.ag, évalué à 1,3 milliard de dollars.

Dépôt de l’étude d’impact pour ProjetBécancour.ag

BÉCANCOUR — Sans tambour ni trompette, le projet de construction d’une usine combinée de production de méthanol et d’urée de ProjetBécancour.ag, évalué à 1,3 milliard de dollars, vient de franchir une nouvelle étape avec le dépôt d’une étude d’impact environnementale au ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

«Effectivement, l’initiateur de ce projet a déposé son étude d’impact auprès du ministère. Pour le moment, le projet en est rendu à cette étape. Il ne fait pas encore l’objet d’une consultation publique. Cela pourrait prendre encore quelques mois ou plus. Il reste encore plusieurs étapes à franchir. Le BAPE n’a reçu aucun mandat du ministre concernant ce projet pour tenir une période d’information publique ou pour passer directement en audiences publiques», a fait savoir le conseiller en communication au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, Luc Nolet.

C’est au terme d’un «processus rigoureux qui a duré une année», dira le promoteur, que l’équipe d’environnement et géosciences de SNC-Lavalin a déposé l’étude en question le 13 février dernier.

«Ça marque un moment important dans le processus. Cette étude détaillée du projet permettra au gouvernement de déterminer si le projet sera revu par le BAPE au courant de l’année. Nous avons confiance dans ce processus gouvernemental et croyons qu’il permettra de bien mettre en lumière les avantages de notre projet d’usine intégrée de méthanol et d’urée», explique le porte-parole de ProjetBécancour.ag, Yvan Martin.

La construction d’une usine intégrée de production d’urée et de méthanol dans le parc industriel de Bécancour a déjà fait l’objet d’une séance de consultation publique. On y dévoilait alors les résultats préliminaires de l’étude d’impact environnemental, qui se veulent rassurants pour la concrétisation de ce méga projet.

«Je suis très positif et confiant. Du point de vue financier, on combine deux produits plutôt qu’un et au plan environnemental, il y a des gains. Comme il avait été accepté, je ne vois pas pourquoi il y aurait des problèmes. Et un investissement de 1,3 milliard de dollars, ça fait longtemps qu’on n’a pas eu ça à Bécancour», avait alors indiqué le maire Jean-Guy Dubois.

C’est que ProjetBécancour.ag est une nouvelle mouture du projet d’usine d’urée d’IFFCO Canada, qui avait été mis en veilleuse en 2015 en raison de divers changements et de conditions économiques défavorables. Les partenaires d’IFFCO Canada (La Coop fédérée et le gouvernement du Québec par l’entremise de son mandataire Investissement Québec, avec un soutien minoritaire de la société Indian Farmers Fertiliser Cooperative Limited) se sont associés à Développement Nauticol Québec pour intégrer sur le même site une usine de méthanol à l’usine d’urée prévue initialement.

L’urée est un fertilisant utilisé par les producteurs agricoles québécois, qui l’importent actuellement de l’étranger. Le méthanol est pour sa part un produit chimique utilisé dans une pléiade de produits de consommation.

En ayant recours aux meilleures technologies pour minimiser l’impact environnemental de son concept intégré et en combinant deux usines (méthanol et urée) en une, ProjetBécancour.ag réutilise environ 55 % des GES produits par le méthanol comme matière première à la fabrication d’urée.

Or, le projet intégré produira environ 630 000 tonnes de CO2 par an. Par contre, selon l’étude d’impact, le concept d’usine combinée réduit de 12 % les émissions de GES par tonne de produit fini, par rapport au projet précédent d’IFFCO Canada, qui avait obtenu le feu vert des instances environnementales en 2015. Et cela réduit de 50 % le débit d’eau traitée retourné au fleuve Saint-Laurent.

En plus d’émettre des concentrations de polluants atmosphériques inférieures aux Normes et critères québécois de qualité de l’atmosphère, il aura peu d’impacts sur le milieu naturel, en raison de la vocation industrielle du lieu (ancien site de Norsk Hydro).

Par ailleurs, ProjetBécancour.ag s’engage à contrôler toutes les facettes des opérations pour réduire les risques que peut présenter la manutention des substances dangereuses à l’usine.

Aucun réservoir d’entreposage d’ammoniac et de gaz naturel sur le site, mise en place de mesures de contrôle et surveillance des opérations 24 heures sur 24 par des opérateurs qualifiés, création d’une brigade d’intervention qui sera formée de personnel de l’usine et élaboration avec les organismes locaux de plans afin de compenser la perte de milieux humides et d’habitats du poisson: voilà d’autres mesures envisagées par le promoteur.

Sur le plan économique, le concept intégré contribue à la solidité du projet, puisque les marchés de l’urée et du méthanol ont des cycles économiques complémentaires. Le projet contribuera à développer l’économie locale et offrira de nouvelles occasions d’affaires et d’emploi à la population et aux entreprises de la région. Jusqu’à 840 emplois seront créés pendant la construction et environ 200 personnes seront en poste lorsque l’usine ouvrira ses portes à la fin de 2022.

Par ailleurs, ProjetBécancour.ag contribuera à la prospérité des familles agricoles québécoises en leur garantissant l’approvisionnement en engrais et fournira du méthanol à un prix compétitif aux manufacturiers québécois.

Enfin, les retombées économiques pour le Québec sont évaluées à 438 M$ pendant les travaux de construction et à 72 M$ pendant la mise en opération de l’usine.

Dans son échéancier initial, le promoteur situe les audiences du BAPE au cours du deuxième ou troisième trimestre de 2019, et l’autorisation du gouvernement, au troisième ou quatrième trimestre cette année.

La décision finale de réaliser le projet sera prise au tournant de 2020. Si c’est le cas, la construction de l’usine pourrait débuter en 2020 et sa mise en service est prévue à la fin de 2022.

Rappelons qu’en 2014, le gouvernement du Québec avait donné à IFFCO Canada l’autorisation de construire et d’exploiter une usine d’urée, un engrais azoté, dans le parc industriel de Bécancour. En raison de divers changements et de conditions économiques défavorables, le projet a été mis en veilleuse en décembre 2015. En décembre 2017, le projet a redémarré en intégrant sur le même site une usine de méthanol à l’usine d’urée prévue.