Le président de Delastek, Claude Lessard, est heureux de l’évolution de son entreprise.

Delastek décolle à l’international

SHAWINIGAN — «Ce n’est pas là qu’on signe nécessairement des contrats, sauf que si on n’y va pas, ils pensent qu’on n’est plus sur la planète. Il faut être présent à ces salons-là. On n’a pas le choix».

Avec le retour récent de sa délégation au Salon aéronautique de Farnborough, le président de Delastek, Claude Lessard, juge essentielle la présence de son entreprise à ce rendez-vous annuel.

«Nous assistons depuis plusieurs années à ce type de salon pour maintenir notre positionnement mondial comme leader d’intégration de cabine de pilotage. C’est une occasion unique pour démonter notre expertise dans le domaine aux différents joueurs majeurs de l’industrie», explique-t-il.

Cette année, deux de ses fils, Andy et Dylan Lessard, faisaient partie de la délégation au Royaume-Uni. Ces conseillers commerciaux étaient accompagnés du directeur au Développement des affaires, Carol Raiche. «La relève est là», se plaît à souligner le paternel.

Voulant poursuivre son développement et répondre aux besoins de ses différents clients, l’entreprise du secteur Grand-Mère mise d’ailleurs sur sa présence internationale.

« En plus de notre usine et centre de recherche et développement à Shawinigan, nous comptons deux autres installations, à Plattsburgh aux États-Unis, et à Querétaro au Mexique. Dans un contexte de mondialisation des marchés et souhaitant demeurer compétitif, il est pour nous primordial de poursuivre sur cette lancée », a-t-il ajouté.

Ayant annoncé l’ouverture officielle de l’usine mexicaine à la même période l’an dernier, celui-ci n’est pas peu fier d’annoncer que le tout est aujourd’hui complètement opérationnel, avec plus de 60 employés.

«On est en train de se développer internationalement. Avec notre bureau en Chine, ils nous ont dit que c’était numéro un d’avoir un Chinois qui nous représente là-bas. Avec les Chinois, on est trois en lice pour les cabines de pilotage, les deux autres étant des multinationales. Même si on est ici, il faut montrer notre présence, qu’on est agressif. Nous autres, ce qui nous démarque, c’est notre technologie, la façon de faire des cockpits. C’est pour ça qu’on est rendu à soumissionner contre des gros», explique M. Lessard.

Fabriquant déjà les cabines de pilotage pour le CSeries, devenu l’A220, ce dernier se réjouit évidemment de chaque vente annoncée de cet appareil.

D’ailleurs, lors du Salon aéronautique de Farnborough, il a été possible d’apprendre que l’alliance Airbus Bombardier autour de l’A220 vise particulièrement les États-Unis, qui représente plus du tiers du marché de l’aviation sur un total estimé à 7000 appareils dans le monde au cours des 20 prochaines années.

À cette occasion, Airbus a annoncé un protocole d’entente avec une nouvelle compagnie américaine pour 60 A220-300. Il y a deux semaines, un même nombre d’avions faisait l’objet d’un accord avec JetBlue. Des commandes qui s’ajoutent à celles de Delta Air Lines, qui a commandé l’an dernier 75 CSeries, avant l’entrée d’Airbus dans le programme.

Les deux partenaires visent une production de 34 appareils cette année, contre 17 en 2017.

«C’est très positif pour nous autres», affirme le président de Delastek, qui a également comme clients Bell Helicopter et Global 7000.

Finalement, ces bonnes nouvelles surviennent au moment même où l’entreprise a pu tourner la page à trois ans de conflit avec son personnel syndiqué. «Tout est sous contrôle», a-t-il conclu.