François Maurier (président du Groupe Maurier), Annie Roy (directrice générale des Jardins du Campanile) et Luc Maurice (président du Groupe Maurice) devant l’immeuble qui bénéficie d’un investissement de près de trois millions de dollars dans le secteur Shawinigan-Sud.

Déjà une cure de rajeunissement pour les Jardins du Campanile

SHAWINIGAN — Le Groupe Maurice et son partenaire des Jardins du Campanile, le Groupe Maurier, investiront près de trois millions de dollars dans ce complexe de 224 appartements pour personnes âgées autonomes du secteur Shawinigan-Sud d’ici la fin du printemps. Luc Maurice ne fait pas de cachette: cette cure de rajeunissement a été devancée d’un an en raison de l’arrivée, à l’automne 2019, du projet du Château Bellevue près de l’amphithéâtre municipal.

La première phase a été amorcée à la fin de l’été et elle tire déjà à sa fin. Elle consiste en un réaménagement complet de la réception, des corridors, de la chapelle et de la salle de cinéma maison, en plus de travaux de plomberie. Cette phase devrait être terminée le 18 décembre. La deuxième doit s’étendre du 15 janvier jusqu’en mai. Cette fois, tout le rez-de-jardin sera touché, soit le salon, la bibliothèque, la salle à manger, le gymnase, les salles d’activités. Un nouveau bistro-dépanneur sera aménagé, de même que des jeux interactifs.

En fait, le numérique s’intègre de plus en plus à l’univers des retraités et le Groupe Maurice en tient compte dans ses projets. Il lancera d’ailleurs sa propre application mobile pour les Jardins du Campanile le 1er mars. De plus, en septembre 2019, une carte débit sera offerte aux résidents et elle servira également de clé pour accéder à leur appartement.

Présentement, M. Maurice estime que les coûts de ces améliorations se chiffreront à 2,8 millions $, soit environ 800 000 $ de plus que prévu. Ce montant n’inclut même pas la rénovation de 49 appartements en 2018, un nombre qui devrait être égalé l’an prochain.

«Notre politique, c’est qu’après douze ans, nous remettons entre 15 000 $ et 25 000 $ par appartement», explique M. Maurice. «On les refait un à un, quand les gens déménagent. Ça permet de protéger nos actifs et de répondre aux goûts des gens. Nos grands-parents avaient des goûts, nos parents en ont d’autres et les nôtres seront aussi différents. Les modes changent.»

«En moyenne, nous investissons 4,5 % de nos revenus bruts dans l’amélioration locative pour l’ensemble de notre portefeuille», ajoute le président. «Dans l’industrie en général, ça tourne autour de 2,7 %. Si on veut continuer d’avoir le meilleur taux d’occupation au Canada, on n’a pas le choix de répondre aux aspirations de nos clients.»

Ce taux s’établit à 98,2 % en moyenne, relate fièrement M. Maurice, qui précise qu’aux Jardins du Campanile, cette proportion est encore supérieure depuis son ouverture. D’ailleurs, près de 37 % de la clientèle actuelle habite ce complexe depuis 2007.

La direction a déjà connu des périodes avec une liste d’attente bien remplie, mais le marché s’est ajusté depuis une dizaine d’années. La Résidence Grand-Mère a ouvert ses portes en 2014, le Domaine du parc prend de l’expansion dans le secteur Saint-Georges, sans oublier le Château Bellevue, qui ajoutera 317 unités à l’automne.

«Les études de marché de Shawinigan indiquent clairement qu’il y a une demande», assure M. Maurice. «Je n’ai aucun doute. Le seul bémol, c’est qu’il faut que le marché immobilier aille bien. Si les taux d’intérêt montent beaucoup, les gens auront plus de difficulté à vendre leur maison. Pourront-ils emménager chez nous s’ils n’ont pas vendu leur maison?»

Deux mondes

Selon l’Institut de la statistique du Québec, les perspectives démographiques des personnes âgées de 65 ans et plus ne cesseront de croître en Mauricie jusqu’en 2031. Pendant que les grands complexes d’hébergement investissent, de plus petites résidences doivent fermer leurs portes dans la région, faute de personnel ou de ressources financières suffisantes pour suivre la parade.

«Il y a de petites résidences qui font un très bon travail», souligne M. Maurice, qui ne décèle pas, dans ces fermetures, une tendance qui puisse favoriser son groupe. Il rappelle même que dans certains cas, ces maisons prennent en charge des cas plus lourds qui ne peuvent plus habiter dans une résidence pour personnes âgées autonomes.

Le Groupe Maurice construit présentement six complexes à travers le Québec, qui ajouteront 2100 appartements à l’offre actuelle. L’an prochain, il annoncera une stratégie pour proposer un nouveau concept de résidences pour personnes âgées aux villages de moins de 5000 personnes.

M. Maurice ne cache pas que Trois-Rivières se retrouve aussi sur l’écran radar.

«Nous sommes en discussion», reconnaît-il. «Mais il y a beaucoup de joueurs à Trois-Rivières. Si on fait quelque chose là, il faudra que ce soit unique, que ça réponde exactement aux besoins de la clientèle qu’on recherche. Sinon, on n’ira pas.»