Le député de Saint-Maurice - Champlain et ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, a été chaleureusement accueilli dans le nouveau local des membres de la section 10005 du Syndicat des employés de l’impôt, vendredi après-midi.

Déclaration de revenus unique: Champagne dénonce le discours conservateur

SHAWINIGAN — La simple ouverture de local d’un syndicat a pris une tournure particulière, vendredi après-midi, alors que le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne, a pris la peine de s’y déplacer malgré un horaire chargé pour signifier clairement son appui aux employés du Centre national de vérification et de recouvrement de Shawinigan. Quelques jours après que les conservateurs eurent réitéré que le rapport d’impôt unique administré par le gouvernement du Québec n’aurait aucun impact sur ces emplois, le député de Saint-Maurice - Champlain s’est fait un plaisir de présenter un autre scénario.

«C’est un appui indéfectible aux travailleurs, aux travailleuses et aux familles», déclare M. Champagne, pour expliquer sa présence à cette inauguration. «Ce centre est essentiel au développement socioéconomique. Depuis le début, je suis un ambassadeur de l’excellence de ces travailleurs, de leur expertise. Notre centre fait l’envie au Canada, avec le plus fort taux de rétention, bilingue.»

«Notre défi, c’est le recrutement», fait-il remarquer. «Je trouve irresponsables les élus qui pourraient remettre en question l’existence de ces emplois.»

Pourtant, lundi, le lieutenant québécois des conservateurs, Alain Rayes, répétait que personne ne perdrait son emploi à Shawinigan si son parti, élu à la tête du pays, répondait positivement à la demande de l’Assemblée nationale en adoptant une déclaration de revenus unique administrée par Revenu Québec.

«Demandez aux syndiqués si ces propos sont exacts», suggère M. Champagne. «Moi, je dis qu’on peut harmoniser, on peut simplifier. Mais jamais on ne va sacrifier l’expertise, l’expérience que nous avons bâties en Mauricie. Nous avons un joyau et je serai toujours là pour le défendre. Pour les autres, les gens les jugeront. Ils savent qui s’est tenu debout pour eux.»

D’ailleurs, la section locale 10 005 du Syndicat des employés de l’impôt n’impute pas au hasard l’inauguration de ce nouveau local à quelques jours du déclenchement officiel de la campagne électorale fédérale.

«Nous serons présents aux activités des conservateurs pour leur rappeler que le rapport d’impôt unique, ça touche vraiment nos emplois», explique Patrick Bertrand, président de ce syndicat. «Ce n’est pas vrai que tout le monde pourrait être transféré à Revenu Québec, qui exige des niveaux de scolarité que la plupart de nos membres n’ont pas. De plus, Revenu Québec n’est même pas capable de récupérer l’argent de ses payeurs de taxes fautifs dans les autres provinces ou ailleurs dans le monde. Ils n’ont pas d’entente de recouvrement avec les autres provinces ou de conventions fiscales avec les autres pays. Ce n’est pas un projet viable.»

M. Bertrand rappelle que le CNVR regroupe 1500 syndiqués et que cet employeur fournit une masse salariale de 53 millions $. «Ce serait vraiment dommageable si on perdait ça», laisse-t-il tomber.

Même si la position des conservateurs et des bloquistes sur le rapport d’impôt unique devient du carburant pour sa campagne régionale, M. Champagne regrette que l’avenir du Centre national de vérification et de recouvrement alimente encore les discussions, alors qu’au début de l’année, le gouvernement libéral annonçait la construction d’un nouveau bâtiment d’ici 2024.

«Pour moi, ça ne devrait pas être un enjeu», fait-il remarquer. «Je trouve ça malheureux que certains en parlent. C’est pourquoi je dis que c’est irresponsable. Pour moi, ce centre est là pour rester. Le gouvernement du Canada a déjà parlé. Je ne veux pas qu’on inquiète les gens encore.»

Malgré les apparences, le syndicat refuse d’appuyer officiellement la candidature de M. Champagne dans le comté.

«Nous ne recommandons pas à nos membres d’appuyer les libéraux, mais nous leur disons de faire attention aux promesses des conservateurs et du Bloc québécois», nuance M. Bertrand. «Nos membres sont assez intelligents pour savoir où est leur point.»

En croissance

Situé sur la 105e Avenue, ce nouveau local illustre concrètement la croissance enregistrée au Centre national de vérification et de recouvrement au cours des derniers mois.

«Nous avons eu beaucoup d’emplois au cours des deux dernières années et nous n’avions plus de place (au CNVR)», explique M. Bertrand. «Nous avons donc décidé d’offrir à nos membres une place d’affaires où ils pourront nous rencontrer en toute confidentialité.»

Le Syndicat des employés de l’impôt demeure sans contrat de travail depuis le 1er novembre 2016. Lors de l’activité de vendredi, les participants portaient tous leur gilet noir en guise de solidarité. M. Champagne a été invité à l’enfiler, mais il s’est contenté de le plier sur son avant-bras.

L’un des enjeux principaux de cette négociation porte sur la régularisation de la situation des employés à statut précaire.

Quant aux problèmes de moisissures dans l’immeuble découvertes l’automne dernier, les manoeuvres de décontamination se poursuivent. Une troisième phase est prévue au printemps, sur la fenestration.